L’amateur de pipe qui dit non au joint

L’amende forfaitaire pour usage de stupéfiants peut, depuis le 1er septembre, être dressée sur l’ensemble du territoire par les forces de l’ordre.

Au moyen de cette amende visant principalement les petits consommateurs de cannabis, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin entend faire de la lutte contre les stupéfiants « une priorité » de l’action du gouvernement (voir ici). Alors que les pays qui ont légalisé le cannabis il y a quelques années comme l'Uruguay, le Canada ou le Portugal enregistrent des résultats positifs, la France cumule l'une des plus fortes répressions des usagers de cannabis et l'un des plus forts taux de consommation en Europe (voir ici). Mais les faits importent peu dès lors que l’objectif est d’afficher « fermeté » et « tolérance zéro » car c’est ce qui plait aux syndicats de police et à l’électorat réactionnaire qui est désormais la cible de M. Macron pour 2022.

Fidèle à la politique du chiffre chère à son mentor Nicolas Sarkozy, M. Darmanin va dorénavant nous abreuver tous les mois de statistiques sur le nombre d’amendes dressées par les forces de l’ordre.  Et l’on peut faire confiance à la police pour verbaliser avec zèle dans les quartiers populaires et avec parcimonie dans les beaux quartiers, comme elle l’a démontré durant le confinement avec les autorisations de sortie.

Si les consommateurs de joints sont dans le viseur du gouvernement, la « tolérance zéro » n’est toujours pas à l’ordre du jour pour les suspects de trafic d’influence en échange d’une pipe.

 © Christian Creseveur © Christian Creseveur

Mes remerciements à Christian Creseveur à qui j'ai emprunté ce dessin.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.