Censure, matraques et drones, ces vaccins français contre le coronavirus

ll n’y avait pas de masques lors de la première vague de Covid-19 ; la stratégie de test a échoué à prévenir la deuxième. La colère monte dans le pays et le régime de M. Macron se prépare donc à y faire face.

Le fiasco de la gestion de l’épidémie de Covid-19 est de plus en plus patent.

Rien n’a été fait depuis le déconfinement pour renforcer les capacités hospitalières. Au contraire, les fermetures de lits dans les hôpitaux publics n'ont pas cessé (voir ici) et les infirmiers / infirmières / aides-soignant(e)s continuent de démissionner pour fuir des conditions de travail qui ne font que se dégrader.

Rien n’a été fait pour réquisitionner des locaux afin de réduire le nombre d’élèves dans les écoles, collèges ou lycées. Au contraire, le protocole sanitaire mis en place à la rentrée avait pratiquement éliminé toutes les mesures définies en juin.

Rien n’a été fait pour obliger les entreprises à étaler les horaires et à maintenir le télétravail quand c’était possible. Le MEDEF n'en voulait pas, or les volontés du MEDEF sont des ordres pour ce gouvernement.

Rien n’a été fait pour corriger une « stratégie » de test alors que, dès le mois de juillet, il était manifeste qu’elle était vouée à l’échec. « Tester, tracer, isoler », tel était l’objectif affiché. Mais quand les résultats arrivent une semaine après les premiers symptômes, tracer ne sert plus à rien. Quant à isoler, aucun moyen n’y a jamais été affecté. Le gouvernement a donc fait ce qu’il sait faire : faire du chiffre et communiquer sur les chiffres.

Résultat de cette incurie : la contamination a repris pendant l’été et dès le début septembre, la croissance exponentielle du nombre de malades hospitalisés était évidente, bien qu'encore à un niveau faible. Pourtant, ce n’est qu'au pied du mur que M. Macron a décrété le reconfinement fin octobre, cette mesure moyenâgeuse devenant quasiment inéluctable alors que la vague de malades allait submerger à nouveau des hôpitaux et des personnels soignants affaiblis par des années d’austérité.

Mais la colère monte dans le pays face à l’incohérence des mesures décidées par M. Macron dans le secret des conseils de défense. Les petits commerces doivent fermer mais on peut aller s’entasser dans les supermarchés. Le ministre de l’Éducation explique que les enfants ne se contaminent pas dans les écoles tandis que celui de la Santé recommande de les tenir éloignés de leurs grands-parents quand ils ne sont pas à l’école. La ministre du Travail assure que les salariés ne sont pas contaminés sur leur lieu de travail mais recommande tout de même aux entreprises de mettre en place le télétravail ... tout en les laissant en fin de compte faire ce que bon leur semble puisqu’il n’y a pas d’obligation.

L’état d’urgence sanitaire a été reconduit jusqu’à mi-février pas les godillots En Marche de cette chambre d’enregistrement qu’est devenue l’Assemblée Nationale. Le pays est donc de nouveau mis sous cloche, avec notamment la suspension de la liberté de manifester. Ceux qui s’y aventurent se font copieusement tabasser comme ces élèves du lycée Colbert de Paris qui ne faisaient aujourd'hui que demander un renforcement du protocole sanitaire (voir ici).

Mais il faudra bien ouvrir la cocotte-minute à un moment donné. Le régime de M. Macron s’y prépare et le cap est à la répression tous azimuts. Une proposition de loi dite de « Sécurité globale » (Orwell n’aurait pas trouvé mieux !) est en cours d’examen par le Parlement avec la procédure d’urgence. Elle permettra désormais aux forces de police de matraquer à l’abri des caméras et « en même temps » de filmer et d’analyser en temps réel les images des manifestants prises par les caméras piéton et les drones de la police. Marine Le Pen et les syndicats de police qui lui sont acquis en rêvaient depuis des lustres : Emmanuel Macron va le faire.

Le vaccin contre le Covid-19 ne sera sans doute pas prêt avant longtemps. Qu’à cela ne tienne, la censure, la matraque et les drones seront là pour faire régner l’ordre à la fin de la deuxième vague.

En attendant l’état de siège pour la suivante ?

 © Allan Barte (@AllanBARTE) © Allan Barte (@AllanBARTE)

 

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