Homards, grands crus, travaux, allocations logement et allocations chômage

Les dîners entre potes de M. et Mme de Rugy étaient organisés pour rester «connecté à la vraie vie ».

Oui, la vraie vie, celle des « fainéants », des « gens qui ne sont rien », des pauvres qui « déconnent » et qui « coûtent un pognon de dingue ».

Président de l’Assemblée Nationale, M. de Rugy a voulu savoir comment vivaient ces gens et il a découvert qu’ils se goinfraient de homards géants et arrosaient leurs agapes de grands crus grâce aux APL et aux allocations chômage. Son épouse a donc invité quelques dizaines d’amis à des dîners sur le thème « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? ».

Grâce à ces « dîners informels liés à l'exercice de ses fonctions avec des personnalités issues de la société civile » (c’est de la pensée complexe mais cela veut dire « dîners entre potes), M. de Rugy peut maintenant apprécier le bien-fondé des mesures visant à durcir les conditions d’indemnisation et à réduire les indemnités de chômage. Cette réforme « pour la précarité », selon l’expression de Mme Pénicaud, va conduire les futurs chômeurs à réduire leur consommation de homards géants et de grands crus. Ce n'est donc pas seulement une contribution à l'amélioration de nos finances publiques, c'est aussi une mesure de santé publique : ce gouvernement est décidément sur tous les fronts.

Une fois nommé ministre, M. de Rugy a pris possession d’un logement dont la vétusté l’a contraint à engager de gros travaux de rénovation. Lesquels ont été financés grâce à une forme d’allocation logement d’un montant de 63 000 euros.

Il peut donc en connaissance de cause approuver le nouveau mode de calcul des allocations logement. Selon son collègue Gérard Darmanin, cette mesure de « justice sociale » n’est en aucune façon une réforme budgétaire. C’est donc le hasard qui fait bien les choses puisqu’elle permettra d’économiser 1,2 Mds d’euros en 2020 (voir ici). Initialement prévue en 2019, la mise en œuvre vient toutefois d’être reportée au 1er janvier 2020 afin de permettre aux allocataires de refaire d'ici là les peintures et éventuellement d’ajouter un grand dressing dans leur logement.

Il était temps que le scandale du train de vie des assistés qui vivent des prestations sociales soit dénoncé avec force et il faut remercier M. et Mme de Rugy d’avoir sacrifié quelques dîners pour cette juste cause.

 

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