Jusqu'à hier, la rédaction de Mediapart avait traité la mort de Johnny Halliday comme un fait divers ne méritant guère de commentaires, à savoir la mort d'un chanteur dont on se souviendra plus pour ses frasques et ses démêlés avec le fisc que pour ses qualités artistiques.
Pendant ce temps, nous subissions un matraquage médiatique comme on en a rarement vu en France, tandis que l'Assemblée Nationale observait une minute de silence à la mémoire du disparu et que la présidence de la République organisait un "hommage populaire" pour le Grand Homme.
Hier, nous avons eu droit à ce photoreportage, Aux Champs d’Hallyday. A l'occasion de son dixième anniversaire, Mediapart aurait-il conclu un partenariat avec Paris Match ou Gala ? Prochain épisode avec le mariage du prince Harry ?
Aujourd'hui, M. Huertas nous livre une chronique sur ce "fait de société" que sont devenues les obsèques de Johnny Halliday (voir ici).
"Une foule impressionnante. Un million de personnes peut-être". "Peut-être" faudrait-il s'interroger sur ces chiffres, ceux des "organisateurs" et ceux de la police (ah... ce sont les mêmes...) ?
Les pouvoirs publics ont déployé des moyens considérables pour encadrer un hommage à un champion de la fraude fiscale. Est-ce acceptable et pourrait-on en connaître le coût ?
La police a distribué des couvertures aux braves gens qui ont passé une partie de la nuit sur le trajet du cortège. C’est fort sympathique mais est-ce bien son rôle alors que cette même police harcèle les SDF et pourchasse sans relâche les migrants, hommes, femmes et enfants (voir ici) ?
Tout cela ne soulève-t-il pas quelques questions, hautement politiques ? Non, pour M. Huertas, cela participe simplement d'un "déni tellement français" où "tout était bon pour ramener la présence de cette foule à une illusion d’optique, une faiblesse mentale, voire un scandale social".
Merci Mediapart... Mais, pour de tels mots et de telles photos, on avait déjà Paris Match...