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Billet de blog 13 nov. 2019

Le radicalisé du néolibéralisme

Après la manifestation de solidarité avec l’étudiant qui s’est immolé par le feu à Lyon, la ministre de l’Enseignement Supérieure et de la Recherche condamne la dégradation du portail du ministère.

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Il n’y a pas eu un mot pour la famille de cet étudiant de la part de M. Macron ou d’un membre du gouvernement. Bien au contraire, tandis que Mme Vidal s’inquiétait pour son portail, Mme de Montchalin condamnait les manifestants, « un mouvement politique violent contre lequel il faut qu'on soit très ferme. » Comme souvent, la palme de l’indécence revient à la députée LREM Aurore Bergé pour ce tweet : « Déchirer des livres. Et cette citation qui me revient "là où l'on brûle des livres, on finit par brûler des hommes". » Le secrétaire d’État Gabriel Attal n'est pas en reste puisqu'il invite à « ne pas attiser ces braises-là  » !!!

Les dirigeants de ce pays n’avaient pas eu un mot non plus pour la famille de Christine Renon, la directrice d’école de Pantin qui s'est suicidée début octobre.

M. Macron et ses ministres n’avaient pas eu un mot non plus pour la famille de Zineb Redouane, décédée en décembre 2018 à la suite des blessures causées par une grenade lacrymogène reçue en pleine tête à Marseille, alors qu’elle fermait les volets de son appartement au 4ème étage.

Le président de la République et ses ministres n’ont pas eu un mot non plus pour le jeune Lilian, qui a eu la mâchoire détruite par un tir de LBD alors qu’il sortait d’un magasin de vêtements de Strasbourg un jour de manifestation des gilets jaunes en janvier 2019. La plainte déposée par sa mère vient d’être classée sans suite par un parquet aux ordres.

Pas un mot pour les SDF qui meurent dans la rue. Ce ne sont que des « fainéants » qu’il faut « responsabiliser » parce qu’ils « déconnent ».

Pas un mot pour les migrants qui se noient en Méditerranée ou sont réduits en esclavage en Libye. Ce ne sont que des profiteurs qui font du « shopping de l’asile » ou du « tourisme médical ».

Car dans le monde de M. Macron, la précarité n’existe pas, ou plutôt elle est le choix de vie de celles et ceux qui ne veulent pas se donner la peine de « traverser la rue ».

Dans le monde de M. Macron, la souffrance sociale n'existe pas, pas plus que la pénibilité au travail car il « n’adore pas » le mot.

Dans le monde de M. Macron, les violences policières n’existent pas. Il n’y a que des réponses légitimes et proportionnées aux exactions qui seraient commises par une « foule haineuse ».

Dans la guerre de classe sans merci que le président de la République mène contre les pauvres, les chômeurs, les bénéficiaires d’aides sociales, les retraités et les salariés, il n’y a pas de place pour une once d’humanité. Il faut tous les mettre à genoux, par l’humiliation ou par la force. Au prix de la vie de certains d’entre eux ? Oui, car on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs.

© Fred Sochard

Mes remerciements à Fred Sochard à qui j'ai emprunté ce dessin.

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