Les masques inutiles vont devenir obligatoires

« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent » disait Edgar Faure, un expert en la matière.

A la question « Faut-il acheter des masques ? », Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, répondait le 26 janvier 2020 : « Surtout pas, c’est totalement inutile » (voir ici)

« Une personne asymptomatique qui se rend dans des lieux publics, qui se déplace en transports en commun, n’a pas à porter de masques » confirmait son successeur Olivier Véran le 26 février 2020 (voir ici).

« Les masques n'ont aucun intérêt pour le grand public », insistait Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, le 4 mars 2020 (voir ici).

« Le port du masque, en population dans la rue, ça ne sert à rien » déclarait Edouard Philippe, alors Premier ministre, le 13 mars 2020 (voir ici).

« Je suis surpris de voir par la fenêtre de mon ministère le nombre de personnes qui sont dans la rue avec des masques (…) alors que cela ne correspond pas à des recommandations » s’étonnait Olivier Véran, ministre de la Santé, le 16 mars 2020 (voir ici).

« Les Français ne pourront pas acheter de masque dans les pharmacies, car ce n'est pas nécessaire si l'on n'est pas malade » affirmait Sibeth Ndiaye, porte- parole du gouvernement le 17 mars 2020 (voir ici).

« Il n'y a pas de preuve que le port du masque dans la population apporterait un bénéfice. (…) Ce serait même plutôt le contraire, à cause d'une mauvaise utilisation » expliquait encore le Premier ministre Édouard Philippe le 1er avril 2020 lors d’une audition à l’Assemblée Nationale (voir ici).

« Je refuse aujourd'hui de recommander le port du masque pour tous et jamais le gouvernement ne l'a fait. Si nous le recommandons, ce serait incompréhensible » réaffirmait enfin avec force le président de la République Emmanuel Macron le 15 avril 2020 (voir ici).

Aujourd’hui, lors de son entretien télévisé du 14 juillet, le président de la République a annoncé que le port du masque serait rendu « obligatoire dans les lieux publics clos » à partir du 1er août, ajoutant : « Je recommande à nos concitoyens de porter le masque au maximum quand ils sont dehors et a fortiori quand ils sont dans un lieu clos ». Recommandation qu’il a formulée dans un lieu clos … sans masque (voir ici).

On ne pouvait pas attendre de Léa Salamé et de Gilles Bouleau qu’ils demandent au président de la République pourquoi ce qui était inutile devenait obligatoire, et ce qui justifiait à présent de recommander ce qui avait été si longtemps déconseillé. Pour cela, il aurait fallu qu’il fût interrogé par des journalistes.

Ainsi va la France sous la présidence d’Emmanuel Macron : les masques étaient inutiles, voire dangereux, lorsqu’il y avait pénurie du fait de l’incurie de son gouvernement ; ils seront dorénavant obligatoires puisqu’ils sont disponibles.

La police ne manquera pas de verbaliser les récalcitrants et la justice de les condamner en cas de récidive (comme ce fut le cas pour les sorties sans attestation durant le confinement), en accordant comme de coutume une attention toute particulière aux quartiers habités par celles et ceux dont le teint n’est pas aussi blanc que celui du chef de l’État.

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