Du Pinault vert pour M. Macron

A dix jours des élections européennes, c'est le « green-washing » à tous les étages du siège de campagne de La République En Marche.

Le président de la République a chargé François-Henri Pinault de mobiliser le secteur de l’industrie de la mode pour adopter de bonnes pratiques et améliorer son impact sur l’environnement.

Mme Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, vient de l’annoncer au journal Le Monde (voir ici) : le patron du groupe de luxe Kering « devra rallier ses pairs de l’industrie de la mode pour réduire l’impact de leurs entreprises sur l’environnement.(...) L’objectif est de présenter un « fashion pact » lors du prochain sommet du G7 qui se tiendra à Biarritz. »

Comme tous les patrons du CAC40, M. Pinault profite pleinement de la politique mise en œuvre par M. Macron depuis deux ans  : suppression de l’ISF, instauration du prélèvement forfaitaire unique, pérennisation du CICE, précarisation des salariés par les ordonnances Pénicaud. Le PDG de Kering va maintenant pouvoir mettre à profit cette mission de « green-washing » pour peaufiner l’image de son groupe, déjà passé maître dans l'évasion fiscale durable.

2,5 milliards d’euros d’impôts : c’est en effet le montant soustrait au fisc par le groupe Kering depuis 2002, pour l’essentiel au préjudice de l’Italie, mais aussi de la France et du Royaume-Uni (voir ici). Le groupe vient de signer un accord avec le fisc italien auquel il versera 1,25 milliard d’euros pour mettre fin au contentieux visant sa filiale Gucci (voir ici).

Du côté du gouvernement français … rien. M. Pinault a pourtant menti devant deux commissions d’enquête du Sénat sur ses pratiques d’évasion fiscale (voir ici) en 2012 et 2013. Mais, entre gens de bonne compagnie, il serait malvenu de se formaliser pour de telles broutilles.

Car M. Pinault et M. Macron ont bien entendu quelques relations communes, comme M. Serge Weinberg par exemple. Ce dernier a été président d’une filiale de PPR (ancien nom de Kering) de 1991 à 1995 puis président de son directoire de 1995 à 2005. Il a donc longuement côtoyé M. Pinault qui était à la même époque membre de la direction du groupe puis l'a remplacé à sa tête. En 2007, M Weinberg fut aussi membre de la commission Attali dont le co-rapporteur était un certain ... Emmanuel Macron. Lequel a ensuite rejoint en 2008 la Banque Rothschild, introduit par ... Serge Weinberg.

Tout cela crée des liens et il est donc bien naturel que M. Macron permette aujourd'hui à M. Pinault de laver plus vert que vert.

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