Le PDG de France Jeux Olympiques annonce une restructuration de l’entreprise

Dans un séminaire réunissant les « top performers » de la récente foire de Tokyo, le PDG n’a pas caché que les résultats de l'entreprise n’étaient pas à la hauteur de ses attentes.

Le marché sur lequel opère France Jeux Olympiques (France JO) est d’une nature très particulière : des cycles longs et une immense foire internationale qui se tient tous les quatre ans, un peu à la manière des grandes foires du Moyen-Age. Contrairement aux autres marchés, il n’y a pas eu ici de concentration donnant lieu à la création de grandes multinationales. Toutes les entreprises sont nationales et il n’y en a qu’une seule par pays.

Pour faire le bilan de la dernière foire qui s’est tenue à Tokyo cet été, le PDG a réuni les collaborateurs y ayant participé dans un séminaire qui s’est tenu au siège de France JO, rue du faubourg Saint-Honoré à Paris. A ces collaborateurs, les plus brillants de l’entreprise, et après les compliments convenus, le PDG a tenu un discours très ferme et très direct : les résultats ne sont pas ceux qu’il attendait. Et d’ajouter : « On ne peut pas construire une réussite si on ne se dit pas les choses en vérité. » Il a notamment cité les meilleurs résultats obtenu par l’entreprise britannique qui a distancé France JO depuis la foire de Londres en 2012.

Le PDG a donc annoncé un plan de restructuration en vue de la foire de Paris en 2024, dont il entend bien faire un succès personnel. Tout d’abord, il annonce vouloir « concentrer les efforts sur les profils et disciplines à fort potentiel pour éviter de disperser les crédits sur une cible trop large ». France JO a bien trop de lignes de produit, dont certaines ne rapportent rien, et un ancien banquier d’affaire ne saurait laisser les choses en l’état. Dorénavant, France JO va « concentrer les moyens là où on a de la potentialité et là où on veut avoir du résultat ». Le « core business », il n’y a que cela de vrai dans les affaires.

Une autre faiblesse de France JO aux yeux de l’ancien banquier est évidemment sa dépendance aux financements publics. Il convient donc de « mieux associer des acteurs privés » au travers d’un « pacte de performance ». Un partenariat public-privé en quelque sorte. Le PDG n’a pas donné de détails sur le « pacte de performance » mais on imagine que des objectifs trimestriels seront fixés aux collaborateurs et que ceux qui ne les atteindront pas seront écartés de la foire de Paris en 2024. Car pour préparer celle-ci, « nous n'avons pas trois ans (…) mais quelques mois utiles où il faut faire les choix les plus durs ».

Le PDG a enfin évoqué la création d’un « capital sportif entrepreneur ». Les collaborateurs de France JO sont des jeunes, entre 20 ans et 30 ans pour la grande majorité, car c’est la nature de leur activité. Ensuite, ils quittent l’entreprise. « Une aide financière de plusieurs milliers d'euros pour lancer une entreprise, une activité » serait donc créée pour faciliter cette reconversion professionnelle des collaborateurs. Ceux qui auront atteint les objectifs du « pacte de performance » évidemment car le PDG de France JO n’a d’yeux que pour « ceux qui réussissent ».

France JO est une vénérable entreprise fondée en 1896 et dont l’organisation était devenue quelque peu désuète. Sous la houlette d’un PDG venu de la finance, elle va entrer dans l’ère des « start-up » : financée par des investisseurs privés, concentrée sur les lignes de produit les plus rentables et fixant des objectifs chiffrés à ses collaborateurs. Pour la foire de Paris, le patron a prévenu : « Je ne suis pas de ceux qui se fixent pour ambition de faire au moins aussi bien. Je vous le dis très clairement, on doit faire beaucoup plus. »

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