Ubu et le homard géant

Un homard géant en papier mâché a été saisi à Nantes et trois personnes ont été placées en garde à vue.

Samedi 14 septembre à Nantes, les « forces de l’ordre » ont mené une action aussi grotesque qu’inquiétante. Comme le rapporte Nantes révoltée, pas moins de 15 agents de la BAC (avec une unité anti-émeutes en renfort) sont intervenus pour arrêter un camion qui transportait vers la manifestation un homard géant en papier mâché. Celui-ci avait été confectionné en secret depuis quelque temps en vue d’être installé en tête du défilé.

A la suite de cette intervention musclée, trois personnes ont été placées en garde à vue pendant 48 heures. La police a donc affecté des moyens à la surveillance de celles et ceux qui fabriquaient cette figure de carnaval puis déployé des moyens considérables pour arrêter ces dangereux individus.

Mais l’arrestation du homard géant de Nantes n’est pas un acte isolé, traduisant l’excès de zèle d’un responsable local de la police, soucieux de son avancement. Il a été précédé d’actions des forces de police ou de gendarmerie tout aussi ridicules ou disproportionnées.

A Rouen, en juin dernier, les services de sécurité avaient reçu des instructions pour ne laisser pénétrer aucune personne revêtue de jaune sur le site de l’Armada, pas même un ciré.

A Paris, le 14 juillet dernier, la police a pourchassé sur les Champs-Elysées toutes les personnes portant un tee-shirt jaune et s’affairaient à … crever les ballons jaunes arborés par d’autres (voir ici).

Quant aux militants qui décrochent les portraits de M. Macron dans les mairies, ils sont poursuivis en justice. De plus, lorsque ces actions sont revendiquées par l’association ANV-COP21, la direction de la gendarmerie nationale a donné des instructions pour que le Bureau de la lutte antiterroriste (!!!) soit partie prenante à l’enquête (voir ici).

S’ils prennent des formes multiples, tous les régimes autoritaires ont néanmoins en commun une caractéristique : l’intolérance et la répression de toute forme de dérision à l’égard du satrape au pouvoir et de ses affidés.

© Fred Sochard © Fred Sochard

 

 

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Mes remerciements à Fred Sochard à qui j'ai emprunté ces dessins.

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