Diviser pour régner

Depuis son accession à la présidence de la République, Emmanuel Macron n’a de cesse d’essayer de dresser les habitants de ce pays les uns contre les autres. Dernière en date : l'opposition des vaccinés aux non-vaccinés.

« Ceux qui réussissent » contre « les gens qui ne sont rien ». A cause du « pognon de dingue » que coutent les pauvres, les « premiers de cordée » sont freinés dans leur volonté « d’innover » et de « créer des emplois ».

Les actifs contre les retraités. A cause des seconds, les salariés et les entreprises où ils travaillent ploient sous les « charges sociales ».

Les actifs contre les chômeurs, ces « fainéants » qui se complaisent dans l’oisiveté alors qu’il leur suffirait de « traverser la rue » pour trouver du boulot.

Les pauvres contre les plus pauvres. C’est à cause des aides sociales que perçoivent ces derniers que les salaires sont trop bas.

Les fonctionnaires contre les salariés du privé. Les « privilèges » des premiers, et notamment leurs régimes de retraite, sont la cause du déficit public et de la dette-que-nous-laisserons-à-nos-enfants.

Les usagers des services publics contre les grévistes, ces terroristes qui les « prennent en otage ».

Les Français contre les immigrés et les réfugiés. Les aides sociales que financent les impôts de nos concitoyens créent un « appel d’air » qui attire « toute la misère du monde », au risque de d'être bientôt « submergés » (par celles et ceux que la Méditerranée n’a pas engloutis).

Les non-musulmans contre les musulmans. Le voile porté lors des sorties scolaires et les youyous chantés lors des mariages sont une menace contre notre civilisation et constituent le terreau de l’islamisme et du terrorisme.

Les bouchers-charcutiers (de Tourcoing et d’ailleurs) contre les universitaires. Le « bon sens » des premiers n’est plus entendu depuis que nos universités sont « gangrénées » par les études décoloniales et intersectionnelles.

Dernière trouvaille : les vaccinés contre les non-vaccinés. Si la quatrième vague de Covid-19 déferle dans les semaines qui viennent, ce sera évidemment la faute de ceux qui ne sont pas vaccinés puisque les trois premières vagues ont été parfaitement gérées par le Grand Épidémiologiste.

Le président de la République n’est jamais à court d’idées pour masquer le seul combat qui lui importe : celui du capital contre le travail. 

 © BIDU-Dessinateur @BIDUDessinateur © BIDU-Dessinateur @BIDUDessinateur

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