Jean-Luc Mélenchon, ou comment transformer l'or en plomb

A l'occasion de cette perquisition, le leader de la France Insoumise a joué une fois de plus le rôle qu'affectionnent ses adversaires politiques.

Commençons par le commencement. Bien évidemment, la perquisition du siège de LFI, du PG, du domicile de JLM et de ses collaborateurs est de nature politique.

Qui peut croire qu’un procureur décide de perquisitionner le siège d’un des principaux partis d’opposition et le domicile de son dirigeant sans en référer à son autorité de tutelle, la ministre de la Justice ? Qui peut croire que les moyens considérables déployés et la forme utilisée l’ont été sans que son opportunité soit appréciée par le pouvoir politique. Personne.

Tout comme était de nature politique la décision du parquet, placé sous l’autorité de la ministre de la Justice, d’ouvrir une enquête préliminaire sur les comptes de campagne de M. Mélenchon et de ne pas le faire sur ceux de M. Macron, tous deux ayant fait l’objet d’un signalement par la Commission nationale des comptes de campagne.

Tout comme était politique la décision de M. Macron d’écarter Marc Cimamonti, procureur de Lyon, pour la succession de François Molins au poste de procureur de Paris. Il y a quelques mois, le premier avait ouvert une enquête préliminaire sur l’utilisation de moyens de la métropole et de la ville de Lyon pour la campagne d’Emmanuel Macron. Mal lui en a pris…

M. Mélenchon tenait là une rare opportunité de dénoncer la pratique du « deux poids deux mesures » de la part d’un parquet assujetti au pouvoir exécutif. Pour cela, il lui suffisait de réagir avec mesure et en se limitant à la stricte relation de faits qui parlent d’eux-mêmes.

Au lieu de cela, il a choisi la grandiloquence : « La République, c'est moi ! », « Ma personne est sacrée ! », « Je suis plus que Jean-Luc Mélenchon, je suis 7 millions de personnes ». Quoi de plus ridicule !

Il a aussi voulu se donner le rôle de l’opposant pourchassé par un pouvoir quasi dictatorial : « Demain vous verrez, ils trouveront une excuse, une raison quelconque, pour me foutre en cabane, comme ils l'ont fait avec Lula». Pour un peu, c’était Jean Moulin à Caluire…

« Tout ce qui est excessif est insignifiant. » disait Talleyrand. M. Mélenchon a une fois de plus démontré qu’il était son pire ennemi. Malheureusement pour celles et ceux qu’il prétend défendre, il est aussi le meilleur ennemi de M. Macron. Il est temps qu’il passe la main, ou que celles et ceux qui le soutiennent lui signifient que l’heure est venue de le faire.

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