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Billet de blog 21 juin 2018

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Macron - Orbán : même combat ?

Le gouvernement hongrois vient de faire adopter une loi très répressive visant les ONG apportant une aide aux réfugiés. Rien à voir avec ce qui se passe dans la France En Marche évidemment...

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le Monde explique : « Ailleurs en Europe, l’extrême droite n’y penserait même pas en rêve. En Hongrie, le souverainiste Viktor Orbán l’a fait. Mercredi 20 juin, le Parlement de Budapest – qui n’est plus qu’une chambre d’enregistrement soumise à l’exécutif – a adopté à une très large majorité (160 pour, 18 contre) une nouvelle loi rendant passibles d’un an de prison les militants apportant une assistance à des migrants. »

Le lecteur aura compris que, grâce à son président et à sa majorité, soutenus par Le Monde, la France est à l'abri de ces politiques  "souverainistes" d'extrême-droite.

Vraiment ? Que se passe-t-il donc en France, non pas "en rêve" mais en réalité ?

L'article L622-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que "toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d'un étranger en France sera punie d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30 000 Euros". Cette loi existe depuis des lustres et prévoit cinq ans de prison, et non pas un an comme en Hongrie.

La loi du 12 décembre 2012 a toutefois exempté de poursuites pénales "toute personne physique ou morale, lorsque l'acte reproché n'a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte et consistait à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d'hébergement ou de soins médicaux destinées à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l'étranger, ou bien toute autre aide visant à préserver la dignité ou l'intégrité physique de celui-ci."  (article L622-4).

En août 2017, cette loi a néanmoins été utilisée pour condamner en appel Cédric Herrou à quatre mois de prison avec sursis. La justice a considéré que « lorsque l’aide s’inscrit dans une contestation globale de la loi, elle n’entre pas dans les exemptions prévues mais sert une cause militante qui ne répond pas à une situation de détresse. Cette contestation constitue une contrepartie ». Autant dire que tout militant est susceptible d'être condamné car il sert une cause militante en apportant son aide...

Dans un article intitulé "A Budapest, le rétrécissement des libertés s’accentue", l'envoyée spéciale de Mediapart en Hongrie cite Adam Schönberger, militant associatif hongrois, qui refuse que l’on stigmatise la Hongrie comme le pays rétrograde et xénophobe du continent. « Orbán prend ses idées en France, en Allemagne, en ItalieIl met en œuvre une politique que fait déjà l’ensemble du monde occidental. »

Comment ne pas lui donner raison ? Qui n'observe la dégradation rapide des libertés publiques en France depuis un an ?

La liste est longue : état d'urgence transposé dans le droit commun, loi sur le secret des affaires, loi sur les "fake news", droit d'asile bafoué, atteintes aux droits fondamentaux des réfugiés d'une "exceptionnelle et inédite gravité", harcèlement et condamnation des militants qui les aident, répression des mouvements sociaux, violences policières en augmentation (voir ici), lycéens placés en garde à vue, avocat des opposants à l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure placé lui aussi en garde à vue, etc ...

L'envoyé spécial à Paris d'un journal étranger pourrait à juste titre écrire et intituler un article : "A Paris, le rétrécissement des libertés s'accentue".

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