Macron et l'environnement : les masques tombent

"Make our planet great again" ou "Make our profits great again" ?

Après n'avoir guère accordé d'importance à l'environnement et à l’écologie durant la campagne présidentielle, les déclarations du président Macron depuis son élection ont eu pour objectif de démontrer qu'il entendait au contraire en faire une priorité de son mandat.

Nomination de Nicolas Hulot, "Make our planet great again", "plan climat" et discours prononcé à la tribune de l'ONU dans lequel M. Macron réaffirmait la nécessité de mettre en œuvre l'accord de Paris et de continuer à lutter contre le réchauffement climatique.

Mais, comme toujours avec Emmanuel Macron, il y la "comm" et il y a les actes. Et, semaine après semaine, les décisions prises vont dans un sens diamétralement opposé aux discours :

- capitulation devant les lobbies sur les perturbateurs endocriniens

- abandon de la taxe sur les transactions financières qui devait financer la transition énergétique

- répression du mouvement d'opposition au site d'enfouissement des déchets nucléaires de Bure (Cigéo)

- prolongation des permis d’exploitation d'hydrocarbure

- mise en application du CETA le 21 septembre alors que la commission d'experts nommée par le gouvernement a montré que ce traité était en contradiction avec les accords de Paris et représentait une menace pour l'agriculture et l’élevage français (OGM, hormones)

- suppression des aides au maintien de l'agriculture biologique (avec l'accord de la FNSEA ...)

La liste n'est pas exhaustive et va encore s'allonger :

- la FNSEA ne manquera pas de "convaincre" le gouvernement qu'il ne faut pas interdire le glyphosate (pesticide cancérigène)

- l'EPR de Flamanville obtiendra sans nul doute toutes les autorisations nécessaires pour que la filière nucléaire puisse continuer sa course vers l'abîme, écologique et financier.

Quiconque a pu penser qu'un ultra-libéral comme Emmanuel Macron pourrait mener une politique différente faisait preuve d'une grande naïveté. Toutes les mesures qu'il prend depuis son élection sont en faveur des grandes entreprises et du secteur financier, lesquels se soucient comme d'une guigne de l'environnement.

Nicolas Hulot garde le silence sur tous ces sujets et semble continuer de vouloir jouer les idiots utiles dans ce gouvernement. Triste fin de carrière...

 

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