Madame Buzyn, très soucieuse pour « nos impôts »

« Les Français doivent réaliser que [les syndicats qui appellent à la grève] défendent des régimes spéciaux extrêmement déficitaires, qui sont payés par nos impôts. » Agnès Buzyn, le 21 novembre 2019.

La ministre de la Santé a raison de dénoncer ces profiteurs qui vivent aux frais du contribuable et s’accrochent à leurs privilèges indécents.

Et Madame Buzyn ne lance pas des paroles en l’air, elle parle en connaissance de cause.

En 2018, elle a fait des pieds et des mains pour que son mari, M. Yves Lévy, dont le mandat arrivait à son terme, soit reconduit à la tête de l’INSERM. Cet institut étant sous la tutelle de  la … ministre de la Santé, de bien mauvais esprits y ont vu un conflit d’intérêts.

Même la prestigieuse revue médicale britannique The Lancet a consacré à cette affaire un article peu flatteur, dénonçant l’opacité de la procédure de nomination et le dommage qu’elle causait à la réputation de la recherche en France. A la suite de cet article, et sous la pression de l’Élysée, M. Lévy a finalement renoncé à un second mandat le 30 juillet 2018.

A peine deux mois plus tard, Mme Belloubet, ministre de la Justice et collègue de Mme Buzyn, a nommé M. Lévy conseiller d’État en service extraordinaire pour une durée de cinq ans. Le rôle d'un tel conseiller d’État étant de livrer au gouvernement « une appréciation sur la conformité de chaque projet de loi au droit de l'Union européenne et à la Constitution française » (voir ici), Mme Belloubet a vu juste : un docteur en médecine, spécialiste du système immunitaire, était assurément l'homme de la situation. Il pourrait même avoir à se prononcer sur des textes de lois présentés par … son épouse. Ah ! que le monde est petit !

A ce poste, M. Lévy touchera pendant cinq ans une somme fixe de 1558 € brut mensuels, à laquelle s'ajoutera une part variable pouvant atteindre 4583 € brut mensuels en fonction du nombre de réunions auxquelles il participera. Il pourra naturellement continuer d’exercer en parallèle ses activités de médecin et d'enseignant (voir ici), afin de ne pas sombrer dans la précarité.

M. Lévy sera donc rémunéré jusqu'à 6100 € brut par mois, pendant cinq ans, « payé par nos impôts » comme le dit si bien son épouse, Mme Buzyn.

Pas de doute, la pension de ces privilégiés de cheminots, c’est LE scandale auquel il est urgent de mettre fin.

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