Karl Olive : portrait d’un arriviste qui n’y arrive pas

« La suprême bassesse de la flatterie, c'est d'encourager l'ingratitude. » Victor Hugo.

Bien qu’ayant constitué l’un des gouvernements les plus pléthoriques de ces dernières décennies, le président de la République a laissé sur le bord du chemin un élu qui n’a pas ménagé sa peine pour y être nommé : Karl Olive, maire de Poissy (Yvelines) depuis 2014. Emmanuel Macron aimant s’entourer de personnalités qui le flattent sans risquer de lui faire de l’ombre, le maire de Poissy avait toutes les qualités pour entrer au gouvernement. Il se voyait déjà en haut de l'affiche, rentrant dans sa ville avec un gyrophare sur sa voiture de fonction. La consécration ! Hélas ! d’autres avaient senti le vent venir bien avant lui et ont obtenu les bonnes places.

Sa carrière politique avait pourtant débuté sous les meilleurs auspices grâce à ses deux parrains condamnés en 2009 pour corruption passive et recel d'abus de biens sociaux : Jacques Masdeu-Arus (maire RPR / UMP de Poissy de 1983 à 2008) et Pierre Bédier (ancien secrétaire d’État dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, ancien maire RPR / UMP de Mantes-la-Jolie, ancien député et actuel président LR du Conseil départemental des Yvelines).

Le maire de Poissy se définit comme un « gaulliste » appartenant à « la droite sociale, humaniste, moderne et populaire », un joli chapelet d’oxymores (voir ici). Ses affiliations politiques sont surtout dictées par l’air du temps, pour autant qu’il souffle vers la droite. Il a soutenu Nicolas Sarkozy durant son mandat puis Alain Juppé lors de la primaire LR pour l’élection présidentielle de 2017. Il s’est rangé un temps derrière François Fillon avant de lui retirer son appui en mars 2017 quand le vent tournait. Il a quitté LR en septembre 2017 avant d’y adhérer de nouveau en septembre 2018. Souvent Karl varie, bien fol est qui s'y fie, ont dû se dire Emmanuel Macron et Jean Castex.

« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent » disait Edgar Faure. Ces deux dernières années, Karl Olive s’est donc rapproché à grande vitesse d’Emmanuel Macron. En juin 2019, après le cuisant échec de LR aux élections européennes, il signait avec plusieurs dizaines d’élus de droite une tribune de soutien au président de la République. Puis, fin août 2019, il annonça qu’il quittait à nouveau LR afin de briguer l’investiture LREM pour les municipales de 2020. Finalement, il obtint à la fois l’investiture de LR, le soutien de Pierre Bédier et celui de LREM, tout en se présentant sous l’étiquette de Génération Terrain, une association d’élus de droite des Yvelines qu’il a fondée en 2017 ! Sans oublier une ancienne figure locale du Front National car il ne faut pas insulter l’avenir si d’aventure il se teintait de brun.

Depuis deux ans, Karl Olive courait sans cesse les plateaux de télévision pour se faire connaitre. Pour paraphraser une formule célèbre, il y sautait régulièrement sur sa chaise comme un cabri en disant le terrain ! le terrain ! le terrain ! Car « le terrain », c’est ce qui tient lieu d’idée à notre édile. Il ne manquait jamais une occasion d'y chanter les louanges d’Emmanuel Macron et de soutenir sa politique. « En temps de guerre il faut aller au front, se retrousser les manches. On est là pour servir l’État, nous sommes des sentinelles » déclarait-il ainsi avec le zèle du converti avant de visiter une école Potemkine de Poissy avec le président de la République en mai dernier (voir ici).

Karl Olive manifeste une vraie passion pour le bétonnage. Depuis 2014, les opérations immobilières se succèdent à Poissy et quand celles-ci permettent de chasser les classes populaires, comme dans le quartier de la Coudraie, c’est tant mieux. Mais c’est aussi un passionné de foot : en faisant aboutir le projet de construction du nouveau centre d’entraînement du PSG à Poissy, il a donc fait d’une pierre deux coups : le béton et le foot. Au passage, Nasser Al-Khelaifi, le PDG du PSG et de BeIn Sports, est un homme d’une probité irréprochable (voir ici) qui a démontré qu’il savait prendre soin de ses amis.

Karl Olive ne doit pas se décourager mais il faut qu’il choisisse le bon cheval dès maintenant pour 2022. Reprendre sa carte LR, pour la troisième fois ? Les fidèles risquent de lui reprocher son caractère volage et son flirt appuyé avec Emmanuel Macron. Cirer un peu plus les bottes de ce dernier ? Très aléatoire car le succès est tout sauf garanti et le cavalier semble faire peu de cas du palefrenier. Il reste le RN : eux aussi se disent gaullistes maintenant, de droite, populaires, bla-bla-bla. Monsieur le Maire : prenez les devants cette fois-ci et voyez la vie en brun !

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