Emmanuel Macron, le père des peuples biélorusse et libanais

Ayant démontré son incapacité à gérer l’épidémie de Covid-19 en France depuis plus de 8 mois, le président de la République allume des contre-feux en politique étrangère pour tenter de masquer son incurie.

« Ce qui se passe en Biélorussie, c’est une crise de pouvoir, un pouvoir autoritaire qui n’arrive pas à accepter la logique de la démocratie et qui s’accroche par la force. Il est clair que Loukachenko doit partir », a déclaré le président de la République le dimanche 27 septembre dans un entretien publié par le JDD.

Après la Biélorussie, c’est au Liban que le chef de l’état a consacré une conférence de presse convoquée dimanche soir à l’Elysée. C’est un évènement rarissime depuis qu’il a pris ses fonctions puisque M. Macron n’accorde que des entretiens à des faire-valoir connus et sélectionnés pour leur déférence et leur obséquiosité à son égard. Mais il existe encore dans ce pays quelques journalistes qui n’ont pas été mis au pas par le pouvoir et les oligarques – patrons de presse dont il sert les intérêts. Que l’un d’eux s’avise de poser une question embarrassante lors d’une conférence de presse, voilà un outrage que le monarque ne saurait tolérer.

Après s’être rendu à Beyrouth en août pour y appeler le peuple libanais à se débarrasser de ses dirigeants, le président de la République a de nouveau tenu lors de cette conférence de presse des propos dignes de l’époque du mandat français au Levant. « Les forces politiques libanaises ont décidé de trahir leur engagement, ont fait le choix de privilégier leurs intérêts partisans au détriment de l'intérêt général du pays » a déclaré M. Macron. Ce n’est évidemment pas en France, et surtout pas sous sa présidence, que de telles choses pourraient se produire. Et d’ajouter à l’intention des Libanais : « J’ai honte pour les dirigeants de votre pays » (voir ici).

Imagine-t-on ce fier-à-bras déclarer : « Il est clair que Xi Jinping doit partir » ou « les forces politiques saoudiennes ont fait le choix de privilégier leurs intérêts partisans au détriment de l'intérêt général du pays » ? Inconcevable ! En décembre 2018, alors que M. Macron était reclus en son palais, protégé par des centaines de CRS et prêt à fuir en hélicoptère, qu'aurait-on dit si un dirigeant étranger, commentant la violente répression des manifestations, avait déclaré à l’intention du peuple français : « J’ai honte pour vos dirigeants » ? Inadmissible ingérence dans les affaires intérieures françaises !

Que ce soit en politique intérieure ou étrangère, M. Macron reste fidèle à lui-même : fort avec les faibles et faible avec les forts. Alors qu’il donne des leçons de démocratie au Liban et à la Biélorussie, son gouvernement vient de livrer un opposant kurde au régime d'Erdoğan (voir ici) et il s'attaque à nouveau à la liberté de la presse en France afin que la police puisse désormais matraquer et mutiler les manifestants à l’abri des regards (voir ici).

 

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