Macron : le phare de la pensée complexe

Le Président de la République a décidé de rompre avec la tradition de l'interview présidentielle du 14 juillet. Selon Le Monde, l'explication fournie par les communicants du Prince est la suivante: "A l’Elysée, on fait valoir que la « pensée complexe » du président se prête mal au jeu des questions-réponses avec des journalistes."

Excusez du peu! Il est vrai qu'il rencontrera le même jour un autre adepte de la "pensée complexe", Donald Trump, et qu'il y avait manifestement risque de surchauffe pour les neurones de nos journalistes.

On imagine la déception des faire-valoir de TF1 et France 2 qui seront privés de l'occasion de faire preuve de leur pugnacité habituelle dans cette interview. Et il est à craindre que cela ne dure cinq ans, car on imagine mal le phare de la pensée complexe s'abaisser à leur niveau dans l'avenir.

Leurs qualités intellectuelles étant tenues en piètre estime par le Prince, ils et elles peuvent toutefois se consoler en réécoutant certains députés LREM sortis de la cuisse de Jupiter qui semblent effectivement éprouver de réelles difficultés à reformuler la pensée complexe du Grand Homme (voir ici).

Et force est de reconnaître que cela n'est pas donné au commun des mortels comme en témoigne ce petit florilège:

"Penser printemps, mes amis, c'est réconcilier l'ambition et le réel."

"L’identité c’est A égale A ; il y a au moins des A et des B. Et je n’ai pas envie que A=B.":

"On est tous des enracinés et donc, parce que nous sommes des enracinés, il y a des arbres à côté de nous, il y a des rivières, il y a des poissons, il y a des frères et des sœurs."

"J'ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s'ancrer dans de l'immanence complète, de la matérialité."

"Et donc notre vie elle est toujours en même temps, Elle est plus complexe que ce qu’on veut réduire."

"Ce qui constitue l’esprit français, c’est une aspiration constante universelle, c’est à dire cette tension entre ce qui a été et la part d’identité, cette ipséité stricte, et l’aspiration à un universel, c’est-à-dire à ce qui nous échappe."

"L'argent ne se mange pas, il ne se respire pas, il ne s'aime pas ou alors il devient très dangereux."

"L’Université va devoir faire des clusters d’intelligence dans un monde diffracté par le numérique."

“Tu es le confluent d’un fleuve dans lequel tu t’inscris qui est, justement, ce roman et ce récit”

 

 

 

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