Régionales: les raisons de l’échec NPA

«Un mauvais résultat»: Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau parti capitaliste (NPA), l’a reconnu lui-même dimanche. Son parti, créée après la dissolution de La ligue communiste révolutionnaire (LCR) en février 2009, a obtenu 2,4% au premier tour des élections régionales. L’objectif était de consolider le score de 4,90% obtenu aux élections européennes de juin dernier. C’est raté.
«Un mauvais résultat»: Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau parti capitaliste (NPA), l’a reconnu lui-même dimanche. Son parti, créée après la dissolution de La ligue communiste révolutionnaire (LCR) en février 2009, a obtenu 2,4% au premier tour des élections régionales. L’objectif était de consolider le score de 4,90% obtenu aux élections européennes de juin dernier. C’est raté.
Les membres du parti anticapitaliste avancent différentes raisons. Olivier Besancenot évoque l’abstention: «Nous n’avons pas été capables de la contrebalancer par une mobilisation dans les milieux dans lesquels on évolue au quotidien, c’est à dire les jeunes, les travailleurs et les habitants des quartiers populaires, tous ceux qui potentiellement étaient les plus susceptibles d’être touchés par cette abstention.» Philippe Breton, sociologue et professeur à l’Université de Strasbourg, confirme: «Leur électorat est un électorat populaire de protestation et c’est justement celui-la qui n’est pas allé voter.»
Marcel Wolff, la tête de liste NPA dans le Bas-Rhin qui a récolté 1,38% des suffrages (1,64% au niveau régional), souligne un autre problème: «Beaucoup de gens ont souhaité la réunion des partis de gauche. Ils ont été déçus.» Lui-même avait voté, en tant que militant, en faveur de cette union en décembre dernier. «Mais au regard de ce qu’il s’est passé ce n’était pas possible. Le NPA a d’abord voulu discuter d’un programme, le PCF ne voulait parler que des positions sur les listes.»
Ces querelles mises à part, «personne ne s’attendait à ce que le NPA fasse un bon score», rappelle Philippe Breton. Selon lui, le message des anticapitalistes n’a pas été compris: «Ce sont des révolutionnaires qui réclamaient des sièges. Se présenter aux élections régionales pour des altermondialistes, ce n’est pas une position facile. Personne ne s’attendait à ce qu’ils fassent un bon score.» Même constat chez Richard Kleinschmäger, professeur à l'institut d'études politiques de Strasbourg: «Ce type d’élection est totalement défavorable à ce genre de parti.» Le politologue évoque aussi un défaut d’implantation «de ces petits leaders qui sont peu connus au niveau régional et qui ont peu de relais, en totale opposition à la popularité de Besancenot au niveau national.» Le résultat de ces élections ne préfigurent donc pas des prochains rendez-vous politiques ou du poids du parti en France. «Il faut considérer chaque élection de façon séparée», affirme Richard Kleinschmäger.
Marcel Wolff reste positif: «Ce genre d’échec fait partie de la vie d’un parti politique. Le NPA a suscité beaucoup d’intérêt à sa naissance. A nous de continuer le travail politique pour expliquer quelle est notre démarche. A titre personnel, je pense qu’il faut faire un effort de communication.»
Maryline Dumas

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.