Les ténors de l’UMP à la rescousse

53,7%d’abstention, 26% des suffrages exprimés en faveur de l’UMP: ces chiffres font pâlir la majorité présidentielle. Le parti tente donc de remonter la pente en mobilisant ses électeurs pour le second tour. Et pour cela, l’UMP envoie au front ses ténors. Parmi lesquels, bon nombre de ministres, actuels ou anciens.
53,7%d’abstention, 26% des suffrages exprimés en faveur de l’UMP: ces chiffres font pâlir la majorité présidentielle. Le parti tente donc de remonter la pente en mobilisant ses électeurs pour le second tour. Et pour cela, l’UMP envoie au front ses ténors. Parmi lesquels, bon nombre de ministres, actuels ou anciens.

Christine Boutin, par exemple, traverse la France: hier à Orléans, demain à Bordeaux. Mais elle est loin d’être la seule. L’ancien ministre du travail et actuel secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, multiplie lui aussi les rendez-vous. Lundi à Lyon, il soutiendra ce soir son ancienne collègue Valérie Pécresse (tête de liste en Ile de France et ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche) lors d’une réunion publique à Paris. Il était hier en visite à Amiens avec le ministre de l’Industrie Christian Estrosi.

MAM au nord, Raffarin à l'ouest

Jean-Pierre Raffarin, quant à lui, se promène dans l’ouest de la France, sa terre de prédilection: aujourd’hui à Bressuire (Deux-Sèvres), demain à Pons (Charente-Maritime) pour soutenir le secrétaire d'Etat aux transports Dominique Bussereau face à Ségolène Royal et vendredi à Périgueux en Dordogne.
Michèle Alliot-Marie, la Garde des Sceaux qui était à Colmar lundi après-midi, se concentre à présent sur le Nord-Pas deCalais. Elle enchaînera aujourd’hui et demain deux rendez-vous publics à Lille et Marcq-en-Baroeul. Sa mission s’avère difficile: sauver le soldat Létard Valérie. La secrétaire d’Etat aux Technologies vertes a obtenu 19% au premier tour de dimanche. Au second tour, elle devra affronter Marine Le Pen (FN) et Daniel Percheron (PS).

L'Alsace plutôt que la Picardie

François Fillon, lui aussi, donne de sa personne: lundi matin à Sèvres (Ile de France), lundi soir en Franche-Comté, il accompagnait hier Christine Boutin à Orléans. Jeudi, il devrait rendre visite à Strasbourg à Philippe Richert, tête de liste “majorité alsacienne”. Une annonce que les leaders UMP alsaciens se sont empressés de faire dès dimanche soir. Pourtant dans la rubrique agenda du site Internet de l’UMP, une réunion publique en présence du Premier ministre est prévue le même jour... en Picardie. Le parti présidentiel a-t-il jugé que le soutien de François Fillon serait plus utile à Philippe Richert, mieux placé pour emporter l’élection que la tête de liste UMP en Picardie, Caroline Cayeux? Celle-ci se présente au deuxième tour plutôt mal en point: avec 25,94% des suffrages dimanche dernier, elle ne peut pas compter sur de grosses réserves de voix. Alors qu’en face, le PS, Claude Gewerc, peut espérer grossir son score de 26,64% des voix d’Europe Ecologie, de la liste divers gauche, du Front de gauche et du NPA. Si François Fillon répète à l’envi que “Rien n’est encore joué” et que “nous sommes des militants qui allons jusqu'à la dernière minute arpenter le territoire national”, il n’est pas question pour lui d’arpenter n’importe quel territoire.

"Les ténors nient leur défaite"

Ce branle-bas de combat chez les personnalités de la majorité présidentielle part d’un constat que le sénateur UMP de l’Eure, Ladislas Poniatowski résume très bien: “On sait qu’il y a beaucoup plus d’abstentionnistes à droite qu’à gauche, ça veut dire qu’il y a eu plus d’électeurs de droite qui ne sont pas venus voter.” Il s’agit donc de les rappeler à leur devoir de citoyen.

Mais il y a un risque à en croire Gaël Sliman, le directeur général adjoint de BVA. D’après lui, les ténors “nient leur défaite,alors qu’ils devraient dire aux électeurs: “Nous avons entendu votre message et nous allons en tirer les conséquences.” C’est comme ça qu’ils peuvent remobiliser leur électorat.” Il est important que les politiques accusent réception de l’insatisfaction traduite par le taux d’abstention.

Maryline Dumas

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