En Afrique du sud, les Libyens rêvent de démocratie

Un rassemblement a été organisé ce vendredi au Cap pour demander le départ de Kadhafi. Les Libyens exilés en Afrique du sud vivent dans l'espoir et la peur. Rencontre avec l'un d'eux.
Cap Town, 25 fevrier 2011 © Maryline Dumas Cap Town, 25 fevrier 2011 © Maryline Dumas
Un rassemblement a été organisé ce vendredi au Cap pour demander le départ de Kadhafi. Les Libyens exilés en Afrique du sud vivent dans l'espoir et la peur. Rencontre avec l'un d'eux.<--break->

 

"Game over! Go out! Kadhafi tyran!": Ce vendredi, une quarantaine de manifestants se sont rassemblés devant le parlement sud-africain au Cap pour demander le départ du dictateur libyen.

Parmi eux, Mahmoud, un étudiant en médecine. Plein de sueur, le jeune Libyen harangue les passants, motive les troupes et implore Allah de faire partir ce "dictateur".

Pourtant "il y a un mois encore, il disait que Kadhafi était un bon président qui avait fait beaucoup de choses pour son pays", souffle une de ses amies italienne, qui brandit une pancarte écrite en arabe. "J'ai changé d'avis quand on m'a dit que Kadhafi payait des étrangers pour tuer les Libyens qui manifestent", réplique le futur médecin.

Mahmoud est arrivé au Cap le 2 janvier dernier. Il n'a appris la situation en Lybie que le 19 février en appelant sa fiancée. Jusque là, ses parents avaient tout fait pour minimiser les protestations. Seulement le jeune homme de 27 ans n'avait plus de nouvelle de son amie depuis plus d'une semaine. Il pensait à un problème sentimental, il s'est retrouvé face à la réalité de la guerre. "Je lui ai téléphoné. En parlant avec elle, j'entendais les balles au loin."

 

"J'ai tout à perdre si Kadhafi quitte le pouvoir"

 

Sa première réaction a été la peur pour sa famille qui vit dans un riche appartement au milieu des combats à Benghazi... et pour lui: "J'ai tout à perdre si Kadhafi quitte le pouvoir". Sorti deuxième de sa promotion, Mahmoud a eu la chance de partir en Afrique du Sud pour se spécialiser en radiologie aux frais de l'Etat.

Pendant 5 ans, la Lybie devrait lui payer son logement, son école et lui verser un salaire mensuel de 1200 dollars. "Si le gouvernement tombe, que va-t-il m'arriver?"

Ca ne l'empêche pas d'espérer. "Nous venons d'avoir des nouvelles de Lybie. Peut-être que ce soir tout sera fini, Incha'Allah!" crie-t-il à ses camarades en s'essuyant le front. Ceux-ci répondent en entamant une prière, dans leurs mains, des pancartes montrant des atrocités commises en Lybie. « Tout va changer Incha'Allah ! »

Quant à l'"après Kadhafi", Mahmoud rêve d'une Démocratie. "Mais pas comme en Europe, où les Démocraties ne sont que des grosses plaisanteries. Nous, on va vous montrer ce qu'est une vraie Démocratie!"

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