LA GREVE CONTINUE à FILASSISTANCE

Rencontre avec quelques grévistes

images
Presqu'un mois qu'ils sont en grève et reconduisent depuis le 9 mai cette action qui a quelque chose de tragique. Après avoir rencontré le syndicat FO, et son interprétation du mouvement, j'ai voulu rencontrer des salariés de FILASSISTANCE. Ce qui ne fut nullement inutile ou répétitif. Au contraire. A l'heure où le travail change de nature, il n'est pas négligeable de constater, que les formes de négociation sont en train de se modifier. Dans le cas de cette entreprise le passé de la lutte ouvrière est repris en charge par le syndicat et la DRH, à qui unanimement la plupart des salariés reproche de jeter de l'huile sur le feu. Depuis 3 mois que le DRH a "atterri" sur ce secteur, les plateformes d'assistance par téléphone, l'humeur est au rendement. Au lieu de 60s de pause entre deux appels, on est passé à 30s. Les dossiers sont laissés en suspens, repris par quelqu'un d'autre qui ne connaît pas forcément l'histoire. L'absence de suivi c'est nous faire travailler mécaniquement, comme jadis l'ouvrier à la pièce, me dit un des grévistes. Surchargés de diplômes pour certains, forts de leur expérience, le dialogue ne passe pas entre les employés et le DRH. 

On ne pointe pas, mais c'est tout comme. On nous pointe du regard. Le nouveau DRH nous enlève du salaire, au troisième retard, le montant équivalent. C'est ridicule. Mais c'est aussi symptomatique d'une façon de faire qui nous réduit à des moins que rien. 

Que réclament-ils d'abord qui explique ce blocage de la situation ? D'abord une reconnaissance. L'entreprise ils veulent la défendre aussi, ce qui peut sembler surprenant dans une conception syndicale classique. Il n'y a pas si longtemps que cela on faisait des pots. C'était un temps où l'ambiance était au beau fixe, même si c'était nuageux parfois. 

Reconnaître leur compétence ne serait pas du luxe. Ils travaillent sur des logiciels et applications qui fonctionnent assez mal. On ne prend pas assez en compte notre réflexion. Nous ne réduisons pas le combat à une augmentation de salaire.

Le DRH ne comprend rien. Il ramène tout à la mesure du fric. Il séduit en appelant à la reprise et à des "récompenses" en échange? me dit-on. 

A trop les prendre pour des "machines", les employés se sont révoltés. Certains parlent de leurs troubles de santé, d'un désir mortifère qui se développe en eux. Du désir créateur de soi, celui qui est vivant, ils en débordent cependant. Désir de contribuer à l'épanouissement de l'entreprise, de bien faire.

De travailler tout simplement.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.