Mathilde Francois
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Billet de blog 16 mai 2022

Bifurquer, c'est tout le temps à refaire (et ça s'apprend)

Je suis diplômée ingénieure agronome depuis décembre 2019. On m'a envoyé mille fois la vidéo du discours des diplômés d’AgroParisTech qui appellent à bifurquer et refusent de travailler pour l’agro-industrie. Fantastique, et maintenant ? Deux ans après le diplôme, je me permets d'emprunter à Benoîte Groulte pour répondre : ça dure toute la vie, une bifurcation. C'est tout le temps à refaire.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Des ingés agros bifurqueuses et bifurqueurs, j’en suis, du moins je tente d’en être. J’en ai côtoyé, et j’en côtoie encore. Je voudrais vous en présenter de nombreux, tant ils ont la niaque et je les admire. Et vous dire combien je m’inquiète pour leur santé, mentale et physique, pour leur équilibre de vie. 

Récit de quelques bifurcations… 

Première année d’école, premier choc écologique. La fin du phosphate, la perte de 90% du vivant dans les sols, la part considérable de l'agriculture dans le changement climatique, les maltraitances animales extrêmes des filières industrielles, la population agricole en diminution, le blé coté en bourse... Avez vous déjà pleuré au supermarché, écrasé par votre responsabilité de consom’acteur ? Remontées comme tout, avec deux amies, nous bidouillons un court film que nous espérons explosif. Une caméra numérique, des crayons de couleurs et un de nos papas comme acteur novice. Nous voulons crier que notre alimentation a un impact terrifiant. 

Ce film raconte l’histoire d’un type qui fait bêtement ses courses en grande surface lorsqu’une une malédiction s’abat sur lui : dès qu’il touche un produit il en voit les conditions de production. Il finit sans slip et sous le choc, dans les fougères du parc de la confluence à Toulouse. Crise Consommaphobique pour le titre. Pas de buzz, ni de grande bifurcation collective, mais un effet cathartique somme toute satisfaisant. 

Seconde année d'école d'agronomie, 2016-2017 : campagne présidentielle. La bifurcation consiste alors à faire entrer un souffle de politisation dans cette bulle imperméable qu’est l’école d’ingénieur. Avec deux autres comparses nous proposons aux camarades de bûcher les programmes des candidats et de leur faire un résumé dans l’amphi, un soir. Les réactions qui précèdent l’évènement sont clivées mais illustrantes de l'état de politisation des écoles d'ingénieur : “merci beaucoup, je ne m'intéresse jamais à la politique d'habitude” et dans l'autre équipe, “la politique est votre hobbie,mais arrêtez de nous l’imposer. En tant que scientifique, je suis et resterai neutre!”. L’amphi est plein à craquer le jour J.

En école d’ingénieur, bifurquer pouvait également consister à rappeler quelques bases féministes. Par exemple affirmer que “Nos Pompom, elles sont bonnes !” est un slogan sexiste. Ou bien défendre que comparer les étudiantes à de la viande que l’on achète, est terriblement objectifiant et humiliant. (Une “blague” diffusée par l’école d’ingénieur voisine, à majorité masculine…). Si j’avais gagné 1 euro chaque fois que j’ai entendu “Le sexisme que tu décris n’est pas un fait, ce sont tes opinions”... j'aurais abonné toute l'école à Médiapart *soupir*. Quelques plus vieux ont même averti des nouveaux venus lors de l’intégration “Evitez de rejoindre le Pôle Ovaire surtout, ce sont de sales sorcières extrémistes”. Vous m’en voyez flattée. Mais le Pôle Ovaire est un bête groupe facebook, même pas en mixité choisie, initialement prévu pour commander des cups en groupe, et débattre entre nous… du calme. 

Troisième et dernière année. Le choix de nos spécialités est une bifurcation en soi : agrobioscience végétale, Agroécologie du système de production au territoire, Système et Produits de l’Elevage, Agromanagement,... Je choisis la spécialité ingénieur des développements durables à Toulouse. Un mastère spécialisé qui accueille des étudiant·e·s de différentes écoles du réseau et de l'université (chimie, méca flu, informatique, agronomie…). Sur ses bancs, se trouvent également des ingénieur·e·s en reprise de formation après plusieurs années de travail. Des bifurqueurs eux aussi, particulièrement courageuses et courageux. Ils et elles ont parfois des enfants, et ont quitté des postes confortables après 12 ans chez EDF, 10 ans chez Airbus... (nous sommes bien à Toulouse).

Cours de sociologie du pouvoir et d’éthique de l’ingénieur·e·s, remise en cause de ce statut d'ingénieur et de son héritage classiste, débats sur l’interconnexion entre la technique et nos structures sociales, cours d’approche complexe pour faire dialoguer les approches : technique, social, organisationnels, environnementaux... Nous prenons l’habitude d’animer des espaces de réflexivité. Nous sommes traités de “hippies” et moqués gentiment à l’école en nous demandant si on compte trouver un emploi à la sortie. Pour la première fois je me sens au bon endroit, outillée pour participer à la grande bifurcation écologique, à la mise en place de la sobriété énergétique et à l'avènement de la justice sociale et climatique. L'effectif de ce Mastère Spécialisé a doublé à la rentrée 2020. Le confinement aurait il fait bifurquer le secteur aviation local ?

J'ai bien pensé à prendre le micro à la remise des diplômes, avec en tête ce discours pavé-dans-la-marre du diplômé de Central Nantes sur nos devoirs de rébellion d’ingénieur·e·s privilégiés. “À grand pouvoir, grandes responsabilités". Je n’ai pas osé demander la parole à l'enseignant en fin de logorrhée. J’étais seule, faute d’anticipation. Et je faisais par ailleurs partie du groupe d’étudiant·e·s qui avait déjà demandé au directeur de l'école l’annulation du parrainage de la cérémonie par un dirigeant de Syngenta. Syngenta, Société spécialisée en chimie, semences et agroalimentaire, dont le patron actuel défend l’abandon du bio, et que des ONG accusent l’entreprise d’avoir produit un herbicide mortel en connaissance de causes. Le directeur avait accédé à notre demande, c’était bien. Il y a des bifurcations plus discrètes que d’autres.

Fraîchement diplômée, je signe l’Appel au réveil écologique qui m’engage à ne jamais travailler pour des entreprises à l’impact écologique et social négatif. Quitte à avoir des salaires bien moindres que mes compatriotes. Je frissonne un peu en partageant sur linkedin, le “réseaux des pros”. Est ce que quelqu’un a estimé la possibilité de tenir cet engagement toute la vie sans être trop en difficulté avant de nous faire signer ?

L’association « Pour pour un réveil écologique » fait l’hypothèse suivante : si les ingénieur·e·s, les diplômé·e·s des grandes écoles en général, refusent d’être embauchés, les entreprises et le gouvernement tendront l’oreille aux revendications écologiques. Parce que nous serions une voix plus signifiante que les autres jeunes actifs, et parce qu’ils auraient “besoin de nous”...

Le refus de parvenir. C'est le nom de ce phénomène : entrer en rébellion contre un système dont on bénéficie socialement et économiquement explique Clément Quintar dans Socialter, Les cadres se rebiffent. Ce serait un bon levier d’action ? Symboliquement le discours de “bifurcation”  des diplômés d’AgroParisTech a fait réagir. La vidéo buzz fort. Entendre ces privilégiés du système qui refusent de coopérer donne de l'espoir, de l'énergie peut être ? J'espère. Parce que si par contre, ce discours véhicule l’espoir d’un changement par la désertion, il faudra repasser... Les interviews d’anciens managers devenus boulangers ou apiculteurs sont nombreuses sur les réseaux sociaux. Les déserteurs, eux, ne sont pas encore légion.

Nous voilà jeunes diplômé·e·s, parfois déjà embauché·e·s. Nous découvrons assez vite que personne ne nous attend pour faire la révolution écologique et sociale, et certainement pas pour la rémunérer. Les bifurqueuses et les bifurqueurs ont aussi besoin de manger, de se reposer, de trouver un équilibre entre leur dépenses et leurs revenus. Ils et elles essayent d’investir les interstices du monde du travail pour conjuguer ces nécessités.

Je pense à celles et ceux qui sont salarié·e·s d’une structure trop petite, avec une mission d’intérêt public trop grande. Énorme pression. Imaginez par exemple une association dont la finalité est de replanter les haies pour réduire l'érosion des sols, afin de permettre à l’eau de s’infiltrer et d'augmenter les lieux d’habitat pour la biodiversité essentielle à nos cultures. Enjeu prioritaire. Dans ce “camp du bien” elles sont trois jeune diplômées, pour accompagner tous les agriculteurs et toutes les collectivités du département. Les rôles et fonctions de RH, Gestion, Développement commercial, Technique, sont réparties avec flou. Le surmenage est la norme. On devient vite son propre bourreau quand... ”C’est pour la bonne cause!” comme titre l’ouvrage de Simon Cottin-Marx sur les conditions de travail en association.

Je pense à celles et ceux à qui on donne la mission de transformer la grande structure, sans leur en donner les moyens. Injonction contradictoire corrosive. Visualisez : elle ou il a moins de 30 ans, est “chargé·e de transition écologique” dans une collectivité, ou “chargé·e de Responsabilité Sociétale des Entreprises” dans une grande société. Il ou elle est rattachée au service environnement ou qualité. Elle ou il pourra remplacer les bouteilles en plastiques par des gourdes floquées mais sera sommée de “Valoriser ce qu’on fait déjà de bien, avant d’agresser tout le monde avec vos injonctions. Parce que nous sommes les Monsieur Jourdain de la transition écologique : nous le faisons déjà bien sans savoir que nous le faisons ! Regardez ma petite comme Michel imprime ses mails sur du papier recyclé”. Elle prendra de plein fouet la condescendance et le sexisme des personnes aux postes de directions, majoritairement des éléphants blancs de 50 ans, bien installés dans leur poste. On ne charge pas une personne seule de changer une organisation entière.

Je pense à celles et ceux en thèse qui se demandent s’ils arriveront à produire les articles qu’on attend d’eux, et si cela impactera d’une manière ou d’une autre le monde qu'ils étudient si finement.

Je pense à celles et ceux qui se sont convertis dans l’informatique, à défaut de trouver où être embauché·e·s dans un métier qui ait du sens pour eux. Parce que les entreprises d’informatique embauchent, elles. Elles vous payent avant que vous ne soyez opérationnels, elles vous rémunèrent, vous forment et vous emploient ensuite.

Je pense à celles et ceux qui font du conseil pour l’action publique ou les acteurs territoriaux, et qui se demandent si leur action est réellement utile. Ils accompagnent la création de Projet Alimentaire Territoriaux, développent des plateformes logistiques pour le marché local, organisent la concertation entre les acteurs économiques et public des Parc Naturels Régionaux. Ils se demandent si donner des conseils bien peu radicaux face à l’urgence climatique mais acceptables par l’action publique, c'est "déjà mieux que rien” ou "complètement contre-productif ".  "Le denier public est-il bien dépensé en nous faisant intervenir ?" Je joue dans cette équipe, pour le moment. Consultante auprès des collectivités territoriales pour des coopérations locales pertinentes dans la création de politiques publiques d’aménagement ou de transition écologique. Je me demande souvent si nos déplacements éclairs en tgv à travers toute la France nous empêchent de penser réellement à la sobriété…

Je pense à celles et ceux qui entrent en politique, assistante parlementaire, élue à l’agriculture au pays des algues vertes, militantes chez EELV, chez Génération Ecologie... entre autres. Elles et ils s’exposent à une pression et une violence quotidienne. 

Je pense à celles et ceux qui ont un job "alimentaire" qui les ronge, et qui s'engagent en parallèle. Dans les association climat, dans des partis politiques. Dissonance cognitive. Le décalage entre les deux mondes peut être vertigineux. Nombreux militants climat en souffrent "depuis que j'ai bifurqué, je m'éloigne de ceux que je connaissais, qui ne veulent pas comprendre le mur dans lequel nous fonçons".

Je pense à ces diplômé·e·s ingénieur·e·s, artistes, celui qui fait du cirque à Barcelone, celle qui monte des projets participatifs et artistiques dans la rue, dans des potagers, celle qui est prof de Yoga, celle qui retape un vieux camion pour faire un tour des tiers lieux… 

Tous et toutes autant que vous êtes, bifurqueuses et bifurqueurs, je vous envoie mon soutien. On n'a jamais fini de bifurquer. C'est régulièrement à refaire. Réinterrogeons notre action radicalement, et souvent les ami·e·s. Puis laissons nous tranquilles un temps. Parce que bifurquer, c’est aussi avancer sans savoir réellement notre impact. “Suis je une bonne bifurqueuse ?” est une question sans réponse.

Bifurquer durablement, ça s’apprend. 

Pour changer le système en étant à l'intérieur (rare sont les autonomistes absolu·e·s), la meilleure volonté du monde ne suffit pas. C'est une entreprise couteuse et subtile. Le système n’est pas prévu pour prendre soin de nous, comme le racontait bien un camarade d’école en 2021 dans le blog Médiapart : A mes potes en burn-out. 

Repérer les injonctions contradictoires et l'impossibilité d'y répondre pour ne pas souffrir : Elles ont commencé dès l’école et sont inhérentes au discours qui veut réformer un système. Le discours pédagogique était plutôt écologique, clair sur les impacts environnementaux. L’objectif de l’école était clair également : nous insérer sur le marché du travail. Globalement, faites mieux que vos prédécesseurs, “relevez les défis”... mais ne dérangez pas trop l’ordre établi. Rendez notre entreprise neutre en carbone, mais n'en changez pas la finalité, nous continuerons à produire des pneus. Même musique.

Ne pas rester seul·e·s et aménager des espaces réflexifs. Demander une supervision, construire des espaces de réflexivité, des discussions entre pairs. Un soir de confinement, avec quelques autres nous organisons une visio pour parler de la situation, et spécifiquement du travail peu après notre diplôme, le COVID 19 tombait sur nos têtes. Tout le monde était essoré. Je retiendrai qu'un ancien diplômé nous a rassurés : “c’est épuisant de nager à contre courant. Déjà, le monde du travail c’est dur, mais quand en plus vous cherchez à bifurquer en interne, vous fournissez deux fois plus de travail. C’est normal d’être crevé.” 

Diagnostiquer honnêtement ses marges de manœuvre et les endroits figés, pour ne pas s'épuiser. Lister tranquillement ce que l’on ne peut pas changer et accepter peut nous économiser un yoyo émotionnel et beaucoup d'énergie. Quelque chose dans l'esprit de cette citation attribuée à Marc Aurèle dans google citation : « Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre. »

Prendre soin des émotions suscitées par la lutte, éco-anxiété entre autres. Chacun sa manière. C'est normal de souffrir et de se sentir impuissant·e·s.

C'étaient les quelques pistes - liste à compléter - pour préserver autant que possible notre santé psychique et physique, et notre engagement. Parce que ça dure toute la vie, une bifurcation. C'est tout le temps à refaire.

Sont cités
Remise des diplômes AgroParisTech : appel à déserter, Le Club médiapart, le blog des Agros qui Bifurquent

« Anticiper les chocs à venir » : à Toulouse, le mastère qui change la vie des ingénieurs, Le Monde, Janvier 2022

N° 46 de Socialter, Les cadres se rebiffent, Juin Juillet 2021

Discours de remise des diplômes de Central Nantes, 2018

Le patron de Syngenta défend l’abandon de l’agriculture biologique, article en ligne, www.letemps.ch, mai 2022

Graves accusations contre Syngenta face au risque mortel du paraquat, RTS , mars 2021

Appel pour un réveil écologique, pour-un-reveil-ecologique.org/fr 

A mes potes en burn out, 2021 Le Club médiapart, Léo Arsen

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