La bourde de Balkany, l'«ami» de Sarkozy

Patrick Balkany, l'«ami de 30 ans» de Nicolas Sarkozy, a gaffé dans les couloirs de l'Assemblée, mardi 7 juillet. Alors que les députés UMP (253 précisément) revenaient d'un déjeuner à l'Elysée, le député des Hauts-de-Seine s'est invité salle des 4 colonnes (où fraye la presse parlementaire), pour relater la rencontre et rapporter la substantifique moelle des propos présidentiels -à sa façon.

Patrick Balkany, l'«ami de 30 ans» de Nicolas Sarkozy, a gaffé dans les couloirs de l'Assemblée, mardi 7 juillet. Alors que les députés UMP (253 précisément) revenaient d'un déjeuner à l'Elysée, le député des Hauts-de-Seine s'est invité salle des 4 colonnes (où fraye la presse parlementaire), pour relater la rencontre et rapporter la substantifique moelle des propos présidentiels -à sa façon.

Compte tenu de ses liens privilégiés avec le chef de l'Etat, Patrick Balkany a illico aimanté micros et caméras, en porte-parole quasi-officiel. Et qu'a-t-il fait? Il a raconté que Nicolas Sarkozy, refusant que l'UMP devienne «le parti du Président», s'était engagé mardi à organiser des «primaires» à droite pour la présidentielle de 2012.

 

D'après l'élu des Hauts-de-Seine, le chef de l'Etat aurait confié à ses hôtes: «Le fait d'être sortant ne donne pas le droit de se représenter [automatiquement à l'élection]». Et même: «Si je me représente, j'irai d'abord en primaires devant les militants». Une sacrée annonce, à trois ans du scrutin...

 

Sauf que Patrick Balkany n'a visiblement rien compris. Dans les heures qui ont suivi cette sortie, l'entourage de Nicolas Sarkozy, averti par les journalistes, a multiplié les coups de fil pour démentir. «C'est tout le contraire!», expliquait-on mardi soir à l'Elysée, en balayant le terme et l'idée de «primaires» (très en cours au parti socialiste ces dernières semaines).

 

«Des primaires, ça suppose l'organisation d'une compétition entre libéraux, gaullistes, centristes, et caetera, décryptait le «Château». C'est promouvoir des courants comme au PS, qui rédigent des motions et se choisissent des leaders concurrents... Le Président de la République a dit précisément l'inverse: qu'il ne voulait pas de chapelles à l'UMP, mais une cathédrale unique; qu'il souhaitait une seule et même famille, capable de débattre de tout»... Bref, Patrick Balkany a semble-t-il commis un «léger» contre-sens, travestissant le message du jour.

 

Alors que le chef de l'Etat prétend désormais «rassembler», le plus large possible et le plus tôt possible en vue de 2012, jusqu'aux multiples sensibilités centristes, Patrick Balkany a recollé une image de compétiteur à son «ami» et l'a fait redescendre dans l'arène.

 

Encore un peu, et le «maladroit» mettait en danger la nouvelle stratégie de communication élyséenne, inaugurée à Versailles: en finir avec les positions clivantes, afficher une volonté de consensus, faire émerger un Sarkozy nouvelle tendance, oecuménique et capable de transcender les courants (le coup de la «rupture» ne pouvant être joué deux fois)...

 

Forcément, dans cette opération-là, le mot «primaires», synonyme d'affrontements internes, aurait fait tache... En vérité, mardi, Nicolas Sarkozy a dit notamment ceci: «On ne va pas se définir comme au PS, avec des clans d'éléphants et d'hippopotames...

 

La punition de Patrick Balkany? Pourquoi pas recopier 100 fois: «La droite est une famille unie, rassemblée derrière Nicolas Sarkozy»

 

 

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