Affaire des sondages: Patrick Buisson auditionné à l'Assemblée

Dans l'affaire des sondages de l'Elysée, les socialistes ont maintenant le mors aux dents. Selon nos informations, le député PS Jean Launay, rapporteur spécial de la commission des Finances sur le budget de l'Elysée, devait auditionner, mardi 20 octobre, à l'Assemblée, le patron de Publifact, Patrick Buisson.

Dans l'affaire des sondages de l'Elysée, les socialistes ont maintenant le mors aux dents. Selon nos informations, le député PS Jean Launay, rapporteur spécial de la commission des Finances sur le budget de l'Elysée, devait auditionner, mardi 20 octobre, à l'Assemblée, le patron de Publifact, Patrick Buisson. Dans un rapport publié en juillet dernier, la Cour des comptes avait stigmatisé -sans le citer- ce proche conseiller de Nicolas Sarkozy, issu de l'extrême-droite, qui avait signé un contrat «exorbitant» en juin 2007 avec la Présidence, pour la fournir en études d'opinion.

A l'occasion de ce tête à tête, Patrick Buisson (dont le contrat avec l'Elysée a depuis été révisé et qui ne touche plus "que" 10.000 euros mensuels hors taxes pour du simple conseil, selon le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy), devra répondre à une série d'interrogations, que son interview à L'Express du 2 septembre n'a pas apaisées. Par exemple:

 

Pourquoi sa société, en juin 2007, a-t-elle décroché un contrat avec l'Elysée (estimé à 1,5 millions d'euros par la Cour des comptes) sans qu'aucun appel d'offres n'ait été lancé?

 

A-t-il rédigé lui-même les questions de sondages réalisés par OpinionWay, co-financés par la Présidence et divers médias, dont les résultats ont notamment été publiés par Le Figaro? Si oui, n'estime-t-il pas qu'il a empiété sur le travail des journalistes?

 

La Présidence finançait-elle 10%, 30% ou 90% de ces enquêtes d'opinion? Etc...

 

Sûr de tenir une "belle" affaire, le groupe PS a par ailleurs décidé, mardi 20 octobre, d'utiliser son droit à la création d'une commission d'enquête parlementaire (une seule cartouche par an pour les socialistes à l'Assemblée). «On a eu des informations intéressantes sur ce que [ce système de sondages] coûtait aux contribuables, a déclaré Jean-Marc Ayrault, le patron des députés PS, lors d'une conférence de presse. On veut aller plus loin.»

 

Mardi 13 octobre, lors de son audition par la commission des Finances de l'Assemblée, Christian Frémont, le directeur de cabinet du chef de l'Etat, avait déjà fait un pas, en admettant une «anomalie» dans le contrat accordé initialement à Patrick Buisson....

 

A relire sur Mediapart:

 

Sondages: l'Elysée lance un appel d'offres pour régulariser sa situation (18 octobre 2009)

La Cour des comptes stigmatise le sondeur "fantôme" de l'Elysée (17 juillet 2009)

Comment le PS peut relancer l'affaire des sondages de l'Elysée (25 juillet 2009)

 

Ailleurs sur le web:

 

• Le dossier d'Arrêt sur images consacré à l'affaire des sondages.

• Un article de Marianne2.fr de juillet dernier: Buisson réalise 50% de marge brute sur les sondages.

• L'entretien accordé à L'Express par Patrick Buisson, début septembre 2009.

Le blog de Delphine Batho (députée PS), qui dénonce un système de connivence entre la Présidence, certains journaux et sondeurs

• A télécharger: l'appel d'offres publié par l'Elysée le 15 octobre 2009 pour distribuer son nouveau budget "sondages"

 

 

 

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