Sabre au clair

 C'était un vendredi 21 mars comme aujourd'hui. Au Palais Bourbon, la journée démarrait bizarrement : le député gaulliste René Ribière se rendait au sous-sol pour croiser le fer avec un maître d'armes chargé de l'initier à l'épée, puis ralliait un jardin à proximité de Paris, où l'attendait son collègue Gaston Defferre, socialiste fort en gueule, pour le dernier duel de l'histoire officielle française. C'était en 1967. La veille, dans l'hémicycle (ou était-ce les couloirs ?), Defferre l'avait traité d'«abruti».

 

C'était un vendredi 21 mars comme aujourd'hui.

 

Au Palais Bourbon, la journée démarrait bizarrement : le député gaulliste René Ribière se rendait au sous-sol pour croiser le fer avec un maître d'armes chargé de l'initier à l'épée, puis ralliait un jardin à proximité de Paris, où l'attendait son collègue Gaston Defferre, socialiste fort en gueule, pour le dernier duel de l'histoire officielle française. C'était en 1967.

 

La veille, dans l'hémicycle (ou était-ce les couloirs ?), Defferre l'avait traité d'«abruti».

 

Sur le pré, le parlementaire offensé s'escrimait donc à laver l'affront, en bras de chemise et chaussures à semelles anti-dérapantes.

 

Bling-bling.

 

 

 

 

 

Mais c'est le marseillais Defferre qui touchait le premier, au bras droit. Et Ribière, attendu le lendemain à son propre mariage, choisissait sagement de s'incliner. « Vous n'allez pas vous arrêter pour si peu de chose ?! », aurait lancé Gaston.

 

L'affaire fut ensuite racontée dans le détail par un confrère du Dauphiné (cliquez ici, pour voir une copie du journal retrouvée dans les archives de l'Assemblée).

 

Avant cela, d'autres duellistes étaient rentrés dans les annales : Victor Hugo, Jules Ferry, Georges Clemenceau, Maurice Barrès ou Jules Vallès...

 

Aujourd'hui, alors que j'entame sabre au clair ce blog sur les coulisses de l'Assemblée nationale, le travail et l'agitation parlementaires, j'espère une seule chose : que les députés, quand ils ferraillent, savent encore s'amuser.

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