Vite, la VIe République

Le changement des institutions est en train de s'imposer en France comme une nécessité. La prochaine élection présidentielle est l'occasion de passer à une VIe République.

Pourquoi une marche pour la VIe République ?

Samedi 18 mars a eu lieu l’un des plus grands rassemblements populaires de ces derniers mois. Il s’agissait d’une marche pour la VIe République ; elle s’est tenue à Paris de la place de la Bastille à République. Pour faire de cette marche un événement de grande ampleur, des cars avaient été affrétés de tout le territoire, et même au-delà, puisque plusieurs enthousiastes ont fait le déplacement de pays limitrophes. Ce ne fut pas en vain : on estime à 130 000 le nombre de personnes présentes ce jour-là.

Cette marche a été initiée par la France insoumise, le mouvement politique représenté par Jean-Luc Mélenchon dans le cadre de la campagne présidentielle de 2017 de la … Ve République ! Malgré les apparences, ce n’est pas un paradoxe que je souligne ici, même avec une touche d’humour : c’est la réalité de la situation, qui nous met aujourd’hui au pied du mur. Nous sommes soumis à des institutions qui ont été mises en place il y a près de 60 ans. Or, elle ne sont plus adaptées à la société actuelle. Il est plus que temps de passer à la VIe. Pour s’en convaincre, il suffit de voir l’impressionnant taux d’abstention des élections de ces dernières années. Il a sans doute plusieurs causes. Mais parmi l’une d’elles, il y a le sentiment de plus en plus partagé d’un gouffre entre ce que les Français attendent de leurs élus et ce que la plupart font une fois au pouvoir. S’abstenir, c’est dans ce cas clamer très fort que le vote ne sert à rien. Par ailleurs, si l’on regarde l’actualité récente et le tour qu’a pris cette campagne présidentielle, la cascade de scandales et de révélations qui l’accompagnent est tout aussi alarmante. Nul doute qu’elle achève de nous désespérer de la classe politique, toutes tendances confondues, tant ses membres apparaissent souvent incapables de s’imposer la moindre règle de conduite. Notons toutefois qu’une grande part de ce qu’on considère comme des abus aujourd’hui est pourtant légal. Employer un conjoint dans le cadre de son mandat, ne pas faire ce pour quoi on a été élu, voir sa campagne financée par des grands patrons influents, c’est légal. Mais la question se pose parfois davantage en termes de morale. C’est donc que les mœurs et les mentalités ont évolué, et après des années de crises et de récession économique, les citoyens attendent aujourd’hui un comportement exemplaire de celles et ceux qui les représentent. C’est pour cela que l’on doit changer nos institutions en profondeur. La Ve République ne doit pas être simplement modernisée, non : passer à la VIe République est devenu une nécessité.

 

 Une Ve République à bout de souffle

D’accord. Les affaires pourrissent la campagne et sont le symptôme d’un essoufflement plus profond encore : celui de la Ve République. Mais tout ne devrait pas être à jeter pour autant. C’est elle qui a installé la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Par ailleurs, le choix du suffrage universel direct qu’elle a instauré en 1962 peut être considéré comme une réelle avancée démocratique. L’élection présidentielle est en effet le moment où le peuple a la possibilité de choisir celui ou celle qui dirigera le pays. En parallèle, le Président sortant doit s’expliquer sur ce qui y a été fait, sur ses promesses non tenues, bref : c’est pour lui l’heure du bilan. Et s’il tente de s’y soustraire comme le fait François Hollande (et avec lui son équipe gouvernementale), les autres prétendants au trône présidentiel devraient avoir toute latitude pour faire son bilan à sa place.

C’est ce qui devrait se passer. Malheureusement, ce n’est aujourd’hui plus le cas. On nage en plein chaos démocratique. Voyez donc : le Fillon-Penelope-et-leurs-enfantsGate, puis l’affaire des costumes, ont occupé l’espace médiatique pendant les dernières semaines. Mais ne soyons pas dupes, certains candidats n’ont pas attendu l’invasion des affaires sur le terrain médiatique pour présenter aux électeurs, et parfois très tardivement, des projets confus, voire contradictoires. Cela le plus souvent par pure démagogie. Il faut y voir là aussi un affaissement des principes républicains. Revirements de François Fillon sur le rôle de la Sécurité sociale, proposition de revenu universel par Benoît Hamon qui n’a aujourd’hui plus rien d’universel, retour à une monnaie commune fantasmée et changement de l’âge de la retraite à chaque apparition de Marine Le Pen, déclarations contradictoires sur le colonialisme, le mariage pour tous et les 35 heures d’Emmanuel Macron… Ce qu’on observe dans cette campagne n’est pas à la hauteur des enjeux. Ce n’est, en tout cas, pas acceptable.

Un autre phénomène doit être souligné. Il s’agit de l’incroyable désinvolture de membres du PS qui ont préféré Emmanuel Macron à Benoît Hamon. Certes, par ce tour de passe-passe, ces professionnels de la politique, - anciens hollandistes pour la plupart -, pensent s’assurer une place aux côtés de Macron. Mais c’est là leur seule boussole. Envolés donc les principes, oubliée la camaraderie, méprisé le choix des sympathisants de la gauche : tout semble bon pour sauver sa carrière, même soutenir un homme qui se dit à l’occasion de droite. Ici, la trahison et l’opportunisme donnent une fois de plus une image déplorable de la classe politique. C’est, par ailleurs, faire des paris sur la base d’estimations. Oui, de sondages ! Ces personnes méprisent-elles le peuple au point de ne plus le croire capable de décider de son destin ? Croient-elles vraiment que les élections sont jouées d’avance ? Qu’elles s’en expliquent ! Si aujourd’hui même le suffrage universel direct est considéré par la classe dirigeante comme un détail formel, c’est bien que notre Ve République a atteint un point limite.

Je pourrais évoquer enfin le refus de Marine Le Pen de se rendre chez le juge d’instruction à une convocation dans le cadre d’une enquête sur des soupçons d’emplois fictifs, aux déclarations de François Fillon, tout juste mis en examen, qui remettent en cause l’indépendance de la Justice…. Tous ces faits sont scandaleux et ils montrent que les élus sont devenus tellement sourds et sûrs, - sourds aux attentes du peuple et sûrs de leur bon droit - , qu’ils peuvent se permettre de se dédire d’un plateau de télévision à un autre, de dissimuler, de se substituer aux institutions françaises, de changer d’alliés selon le sens du vent sans se sentir le moins du monde gênés aux entournures. C’est le règne de l’impunité et de l’indifférence. Ni plus ni moins qu’une forme de laxisme de la République. Alors, quand un système est à ce point gangréné, pourquoi donc s’obstiner à le garder ? Et d’ailleurs, ne semble-t-il pas condamné à s’écrouler de lui-même ?

 

Un projet à portée de main

Et pourtant. Pourtant, dans ce paysage démocratique inintelligible, un seul candidat propose de changer de constitution dès le 8 mai prochain selon un mode précis et réaliste. Ce candidat, c’est Jean-Luc Mélenchon. C’est pour cela que la marche pour la VIe République de samedi dernier était un moment important pour tout le pays. L’objectif de cette grande marche était de marquer la volonté nette, ferme et sans compromission de mettre un coup de balai sur le régime actuel et avec lui, sur tous les profiteurs du système. Cet objectif est atteint. Par ailleurs, son succès montre une mobilisation particulièrement nombreuse et diverse. Cette diversité des citoyens venus participer à la marche pour la VIe République, elle reflète bien l’ouverture d’esprit qui anime le mouvement de la France insoumise. On y trouvait en effet les membres de FI mais aussi des membres d’associations, adhérents ou non de partis, des représentants de collectifs, des personnes enfin sans aucune appartenance revendiquée. Le fait est indéniable : une très large frange de la population ne se reconnaît plus dans les institutions actuelles. Il est temps de passer à autre chose.

Pour beaucoup, le passage de la VIe République est en train de s’imposer dans les esprits. Jean-Luc Mélenchon, s’il est élu président, saura le mettre enœuvre. Avec la France insoumise il propose ainsi de réunir une assemblée constituante dès le lendemain des élections pour qu’une constitution soit écrite puis soumise à un referendum national le plus rapidement possible. Mais certaines propositions de mesures à inscrire dans la constitution ont d’ores et déjà été présentées comme autant de pistes de réflexion. Il s’agit par exemple du « referendum révocatoire », qui permettra de révoquer tout élu à mi-mandat dès lors qu’une frange suffisante de la population l’exigera ; l’interdiction aux élus de cumuler les mandats, y compris dans le temps ; la règle verte qui permettrait de protéger la nature. Ces éléments de programme n’ont pas changé d’un mois sur l’autre, mais sont inscrits noir sur blanc dans l’Avenir en commun, le programme de la France insoumise publié depuis décembre 2016. En plus de ce texte simple mais fondateur, qui est lui-même une synthèse de plus de 3000 contributions citoyennes, la documentation sur la VIe République que la FI appelle de ses vœux commence à être particulièrement bien fournie

 

Pour aller plus loin

Programme de la France insoumise :

L’Avenir en commun, Ed. Du Seuil (entre 2,50 et 3 euros)

Et pour avoir le détail du projet de VIe République, il est possible de consulter le livret thématique « Changer de république »:

https://avenirencommun.fr/livret-assemblee-constituante/

 

Vidéos sur le passage à la VIe République

Voici le discours que Jean-luc Mélenchon a prononcé samedi dernier à l’issue de la marche pour la VIe République. Il y expose les mesures qu’il souhaitera (en cohésion avec le mouvement citoyen qu’il porte) y voir inscrites. Ce sont des mesures qui, vous le verrez, œuvrent toutes au progrès humain, à la protection du bien commun et à la défense de la liberté individuelle sur son corps :

https://www.youtube.com/watch?v=b5atq_VZd2M

 

Enfin, cette vidéo que j’ai faite synthétise les modalités et les enjeux principaux du passage à la VIe République :

https://www.youtube.com/watch?v=S0XOutSpWG0

 

Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise nous proposent rien de moins que de transformer la société dans laquelle nous vivons et ce, de manière méthodique et pragmatique. Changer la société, c’est d’abord changer ses institutions. Pour nous citoyen l’urgence est de retrouver le pouvoir. Votons pour Jean-Luc Mélenchon aux deux tours de la prochaine échéance présidentielle, -la dixième -, de la Ve République. On peut en être sûr, grâce à lui ce sera la dernière.

 

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