Cette crise ? Un système de ou en crises…

Jusqu’à quel stade de déchéance faudra-t-il aller pour que nous, citoyens de la planète, nous organisions politiquement autrement ? Pour que la SANTE*, celle des personnes et de l'ensemble du vivant, devienne le fil conducteur de toutes les décisions politiques, de toutes les activités humaines ?

Cette crise ? Un système de ou en crises… (18 mai 2020)

Voilà plus d’un demi-siècle que notre pays est en crise… Cela n’a donc plus beaucoup de sens de parler de ‘’crises’’, puisque ce mot désigne un événement bref et soudain !

Cependant, la pandémie Covid-19 a bousculé les déséquilibres branlants en cours… Et, nous sommes face à des constats que seuls les aveugles ne voient pas, comme l’aurait dit Brassens.  Rejoints par ceux qui tirent tant d’avantages de la situation qu’ils font tout pour qu’ils durent, encore plus ! Pour le pire…pour tous et le meilleur pour eux.

 

Crise sanitaire
Elle est indéniable, avec son nouveau virus, SARS-CoV2, nouveau d’une liste qui s’amplifie et s’accélère…

A regarder, un peu cyniquement, il n’est pas si mortel… comparé aux ravages non médiatisés de la sous-alimentation, des eaux non potables, des pollutions, de toutes les maladies environnementales… et même des autres épidémies récentes et actuelles…

La pandémie Covid-19, en revanche, est la première à bouleverser les organisations nationales et internationales. A mettre à mal, aujourd’hui, les systèmes de soins. De protection sociale demain ?

Les confinements, eux, ont asséné un coup brutal (fatal ?) aux économies et aux libertés.
Etaient-ils nécessaires ? indispensables ? Quels sont leurs effets dans tous les domaines de la vie en société ? Nous ne le saurons probablement jamais, malgré des analyses qui viendront éclairer une partie de leurs conséquences…

Il est important de distinguer ces trois niveaux car ils ne sont pas totalement liés par des causalités directes.

 

Crise sociale
Elle s’approfondit de mois en mois, partout…
Plus de pauvres, plus de mis à l’écart… Toujours autant, si ce n’est plus, de malnutrition, de mal-éducation, de mal-information…
Les objectifs (dits) de développement ‘’durable’’ (ODD) n’ont plus d’horizon prochain… Sont-ils encore inscrits aux agendas politiques des pays qui les ont formulés et signés, en 2015 ?

Sous la pression de quelques ‘’patrons’’ arriérés, au nom d’un modèle économique prédateur et destructeur, l’accès aux emplois, les services publics et les protections sociales sont étranglés. Avec la participation active de gouvernements pourtant issus d’élections, de moins en moins ‘’démocratiques’’ il est vrai…

 

Crise économique
Elle était prévisible, elle était annoncée… Et voilà qu’elle se déploie avec l’augmentation du chômage, la baisse des rémunérations, le recours aux solidarités alimentaires…  Nombre d’entreprises doivent fermer, déposer le bilan…

Les banques centrales font fonctionner la planche à billets… Les citoyens paieront dès demain ! Pour combien de générations ?

Pendant ce temps, quelques-uns, très peu, continuent à amasser des milliards… A spolier… A s'auto-autoriser à déroger aux règlements, pourtant déjà trop laxistes pour préserver quelques biens et valeurs indispensables à la vie ! Pierre Baudet parle de voyoucratie…

 

Crise politique
Elle est manifeste, alors que les décisions ont été prises avec tant de semaines de retard, ignorant de nombreuses alertes pourtant insistantes…

Alors que les mesures de prudence ont été bafouées, les stocks de secours dilapidés…
Alors que des privations de libertés sont décidées dans la précipitation…

Alors, qu’au moment où il était si important de mobiliser la Nation, les citoyens, leurs représentants… le ‘’pouvoir’’ gouvernemental a décrété un ‘’état d’urgence’’, un ‘’Etat d’urgence’’ affranchi des procédures démocratiques !

Alors que les parlements sont bâillonnés, le CESE est ignoré !
Ne serait-il pas en mesure d’éclairer l’exécutif aux plan économique, social et environnemental ? L’éclairer scientifiquement et démocratiquement ?

Non… Il fallait ‘’déclarer la guerre’’ !
Contre Qui ? Pour quoi ? Pouvoir bafouer la démocratie ? Pouvoir établir la ‘’distanciation sociale’’ ? La si bien nommée…Le comble du cynisme ! Pouvoir utiliser le confinement comme instrument politique !

Légitimement, nous pouvons nous interroger sur le devenir de la démocratie.

 

Crise écologique
Elle est, maintenant (de plus en plus ?), connue et reconnue, de l’érosion des biodiversités jusqu’à l’extinction de si nombreuses espèces…

Moins reconnu, le lien de cause à effet entre les activités d’extractivisme non contrôlé et la manifestation de nouveaux virus pathogènes.

Pas du tout reconnues les sciences écologiques qui informent sur les liens vitaux entre les divers composantes et compartiments de la biosphère.

Pour les politiciens, l’écologie ne serait qu’un supplément d’âme !!! Voire un pseudo argument électoral...

Quant aux prédateurs, ils pèsent de tout le poids de leurs fortunes pour éviter la loi… Ils appellent au retour à ‘’la normale’’ ! Ils voudraient t revenir à l’anormal d’avant les lois environnementales !!!

Déjà Karl Marx soulignait que les richesses sont le fruit du travail ET de la ‘’nature’’.

Si les ‘’services écosystémiques’’ et les biens communs que sont l’air, l’eau, les sols, les minéraux… ne sont pas pris en compte, au sens de mis en comptabilité dans les bilans économiques… nous irons encore une fois dans le mur ! Et les chocs seront de plus en plus brutaux…

Ce n’est pas demain ! Regardons l’histoire récente et les bouleversements des équilibres, les déséquilibres géopolitiques à l’œuvre en ce moment… Les gouvernements des dénis ne sont pas nés de nulle part !

Crise médiatique
Que n’avons-nous entendu, que n’avons-nous lu… ? Que de confusions entretenues par des ‘’tchats’’ sans fin… Les médias, en général, n’assurent pas la fonction de raison, mais de résonance ! Trop peu de réel travail journalistique…

Ceux qui parlent ‘’au public’’ mesurent-ils les ravages de la mésinformation. Les effets délétères des peurs montées en cauchemars, en paniques…
Ont-ils seulement enquêté ? Se sont-ils documentés sur le sujet dont ils causent ? Peuvent-ils faire la part des faits et de leurs interprétations ? Dire tout simplement une opinion et ses référents rationnellement établis ?

Ou bien, leur fonction de médiatiseurs a-t-elle trouvé l’opportunité, à escient, de perturber une société ? De la canaliser ou de l’atomiser…

Ou bien encore, comme ils le feraient au salon, ont-ils parlé sans retenue ? Sans précaution ? Sans éthique ?
Les uns montrant leur ignorance du dossier. Les autres préconisant de pires mesures radicales, forts de leur expertise dans un autre domaine ?

 

Crise culturelle
Car la maladie, puis la pandémie n’ont pas été observées et analysées avec suffisamment de connaissances. Pourtant, le registre est établi par de nombreuses sciences depuis suffisamment longtemps.

Regardons les comportements dans l’espace public… Observons des citoyens désemparés…

Certes, les consignes ont été floues, voire contradictoires, parfois détournées… mais, enfin !
Un peu de connaissance en écologie et en biologie suffirait, par exemple, à éviter des ports de masques inefficaces, quand ils ne sont pas dangereux.

A écouter certains ‘’responsables politiques’’ ou certain-es élu-es nous pouvons nous interroger sur leurs repères intellectuels !

Mais, quelle est la place des sciences dans les programmes de nos écoles ?
1972, conférence de Rio ; 2002 les objectifs du millénaire ; 2015 ODD et Conférence de Paris pour le climat…  Autant de changements de paradigmes ignorés des fondements de la culture quotidienne… Une culture anesthésiée par le marketing du Roi dollar ! Que dis-je, de l’Empereur Dollar…

Quelle est la formation de ceux qui parlent dans les médias et font l'opinion publique ? Comment instaurer un droit de réponse citoyenne ?

Un système de crises
Parler d’une crise est trop globalisant, ou trop ignorant des multiples composantes d’un système qui s’auto-entretient… A elles toutes, elles font système et s’amplifient.

Un système en crise…
Jusqu’à quel stade de déchéance faudra-t-il aller pour que nous, citoyens de la planète, nous organisions politiquement autrement ?
Que cesse l’exploitation du travail par une minorité de détenteurs de la finance ?
Pour que cessent les pillages organisés de la biosphère ?
Que cessent les attentats à la vie ?

Pour que l’usage des biens communs soit contrôlé et comptabilisé dans les coûts économiques des entreprises ?

Pour que la SANTE*, celle des personnes et de l'ensemble du vivant, devienne le fil conducteur de toutes les décisions politiques, de toutes les activités humaines ?

Pour que la santé allie bien-être, convivialité, équité, solidarités, éducation, information, démocratie…

*http://esperanza21.org/sites/default/files/Edito%2073%20SANTE%2C%20droits%20et%20devoirs%20%2822%20avril%202020%29.pdf

Bonne santé !

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