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Billet de blog 4 mai 2021

Mercenaires, marchands et militants au Sahel

On les trouve partout et ils constituent peut être la majorité des gens. Les mercenaires infiltrent presque tous les domaines de la société. Il s’agit de ceux qui travaillent, agissent et luttent seulement en échange d’une rémunération.

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On les trouve partout et ils constituent peut être la majorité des gens. Les mercenaires infiltrent presque tous les domaines de la société. Il s’agit de ceux qui travaillent, agissent et luttent seulement en échange d’une rémunération. On le trouvera bien représentés dans les petites, moyennes ou grandes agences humanitaires et, vu comme se mettent les affaires dans le Sahel, ils ont des beaux jours devant eux. Nous les découvrons aussi dans le monde de la politique, perçue comme intéressée administration de l’ordinaire. Ils se révèlent en particulier, de manière comique et indécente à la fois, pendant les cycliques compétitions électorales. Ils s’échangent les ‘maillot’ ou la casquette exactement comme dans le domaine du foot. En effet le sport, qui est un des miroirs fidèles de la société, le mercenariat est presque imposé par contrat. Dans l’éducation les mercenaires constituent la meilleure garantie de continuité d’un système qui ne cherche qu’à se reproduire. Dans l’orbite religieuse, considérée comme une des expressions de l’absolu divin, certaines personnes trouvent leur propre espace de manœuvre et d’action. Ils exploitent la fragilité humaine, le déracinement social, la perte de repères éthiques et la globalisation de la misère. Nous voyons se multiplier les mercenaires de la consolation, succès et prestige à bon marché. Grace à la religion Ils se font un nom, une carrière et un future. Ils essaient de combler avec des promesses de félicité future et de guérisons immédiates le vide crée par l’adoration du dieu argent à qui l’on pourra tout sacrifier. Les mercenaires se trouvent aussi dans les relations humaines, dans la famille, les amitiés et les relations intimes dont la prostitution en constitue un exemple éclatant. Sans mentionner le domaine militaire qui, depuis longtemps et par choix, a promu les mercenaires en les appelants avec le mot anglais de ‘Contractors’ ! Ces derniers ont l’avantage de ne pas impliquer le Pays d’origine dans les conflits et de se passer des limites liées aux militaires encadrés. Le chemin est ouvert à tout type d’abus.

Les marchants ressemblent aux mercenaires et assurent la continuité de l’entreprise. Ils achètent de tout et surtout ils SE vendent. Les acheteurs ne manquent jamais. Les banques, les partis, les syndicats, les ONG, les religieux en quête de clients, les multinationales qui vont s’installer ou l’on paie moins la main d’œuvre. De nos jours rien ne se crée et rien ne se détruit mais tout se vend à partir des corps humains et du temps, marchandise chaque fois plus convoitée par le marché comme la santé. Avec elle on vend la peur, les vaccins en guise de certificat passe-partout, les paroles, la vérité et les morceaux de future pendus au fil comme on fait avec le linge pour le sécher. Tout se négocie en commençant par la justice qui s’adapte aux moyens des enquêtés. Qui n’a pas n’est pas. Cela arrive quand le monde se transforme en un seul Grand Marché. Il ne reste qu’attendre leur retour. Le revanche des militants.

Heureusement qu’ils sont toujours là. Les militants qui, fidèles à la définition qui les rende si précieux, travaillent activement à la défense ou à la propagation d’une idée, d’une doctrine, d’une valeur qui les dépasse et pour laquelle ils ont disposés de donner la vie. Pour les droits humains, la dignité de la femme, contre tout asservissement ou esclavage des autres, pour que justice soit rendue aux faibles, pour la liberté d’expression, pour le respect de la parole donnée, un travail décent et une paix désarmée. Dans le Sahel et ailleurs en Afrique les militants sont centaines. Ils font l’amère expérience de la répression, la persécution et parfois la disparition. Ils sont tués, pris en otage, censurés et gardés dans les différentes prisons du Royaume. Ils n’acceptent plus la vie comme peur de mourir mais ils craignent de ne pas vivre en plénitude. On trouve entre eux des saints, des prophètes, des poètes, des partisans, des amoureux, des migrants en quête d’utopie qui existent encore. C’est grâce à eux que l’histoire avance avec un sens et une direction. Ils sont incontournables.

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