Le quatrième des Rois Mages était originaire du Sahel

Cela est attesté par des inexistants évangiles apocryphes jamais retrouvés et pour cela la nouvelle est fiable. Le quatrième Roi semble être originaire du Sahel et il s’est joint aux trois plus fameux Roi Mages par des pistes caravanières assez connues depuis l’antiquité. De l’or, de l’encens, de la myrrhe…et du sable.

Cela est attesté par des inexistants évangiles apocryphes jamais retrouvés et pour cela la nouvelle est fiable. Le quatrième Roi semble être originaire du Sahel et il s’est joint aux trois plus fameux Roi Mages par des pistes caravanières assez connues depuis l’antiquité. De l’or, de l’encens, de la myrrhe…et du sable. Les plus sobres évangiles canoniques ont évité de mentionner le dernier des Rois pour des raisons évidentes. L’or pour le roi, l’encens pour la divinité et la myrrhe pour indiquer le type de mort que le messie aurait dû endurer. Ces derniers sont les dons symboliques que l’évangile selon Matthieu propose à ses lecteurs. Comment insérer donc un quatrième Roi qui, comme don, présente tout simplement un peu de sable récemment cueillie. Il faut l’admettre, cela aurait été un problème difficile à résoudre. La solution la plus facile a été celle de censurer le quatrième Roi, venu du Sahel, qui s’était permit de donner, sans prévenir personne, quelque poignée de sable. Il en fut ainsi. Même les crèches les plus modernes et contextualisées ne tiennent en aucun compte le dernier des Rois, censuré par les narrations officielles, marginalisé par les historiens et finalement éliminé de l’histoire. La chose en soi est loin d’être surprenante car il bien connu que le sable n’a jamais jouit de particulière attention de la part des théologiens, des politiciens et des philosophes.

Il faut l’avouer. Un Roi qui porte du sable pendant des milliers de kilomètres à un autre Roi, nu et fragile comme tous les nouveaux nés, ne se fait pas bonne figure. Jusque sa mère, de nature sensible et attentive à tout geste d’affection vis-à-vis de son fils, n’aurait pas su comment interpréter le cadeau de ce Roi ressortissant du Sahel. D’ailleurs elle n’avait jamais entendu parler de cette zone de l’Afrique. Au maximum elle connaissait la séduisante Reine de Saba qui cherchait le Roi Salomon avec ses chameaux remplis de choses précieuses. Or l’Ethiopie, d’où venait peut être la Reine de Saba, n’est point le Sahel et entre elle, bien plus connue que le dernier des Mages, il y a un abime que seulement le sable permet d’apprécier à sa juste valeur. Du sable, en effet, on ne saurait être trop fiers vu que dans la société d’antan on regardait beaucoup les apparences du pouvoir. Couronnes, trônes, armées, recensements, luttes fratricides, vengeances, conquêtes de territoires et campagnes militaires qui garantissent un prestige éternel. Toutes ces choses ont très peu à partager avec le sable. Il en fut ainsi que le quatrième Roi, le dernier à présenter son cadeau, quand il se présenta dans le décor de la nativité, créa d’abord étonnement, puis un sourire de circonstance et finalement l’exclusion de la part des autres Rois. L’enfant était encore trop petit pour comprendre et Joseph, son père, dormait !

L’histoire officielle, les crèches, les contes traditionnelles, les chants et moins encore les tableaux d’époque, n’ont jamais mentionné le quatrième Roi qui avait offert du sable au messie attendu des gens afin de les libérer de la captivité et l’oppression des puissants. L’or, l’encens et la myrrhe, huile parfumé étaient bien acceptés car ils répondaient aux attentes royales de l’enfant nouveau- né. Rien de tout cela pour le sable. Il est trop humble, peu représentatif du pouvoir comme domination. Le sable est quotidien, un jour de la semaine et il peut aussi gêner lorsqu’il travaille avec le vent en produisant la poussière. Cela est inacceptable, presque offensif ou du moins inapproprié pour la circonstance, vu le cadre mentionné de la nativité classique, sans parles des anges convoqués pour l’occasion. On n’aurait pas su comment et où l’utiliser, le sable, il aurait été un scandale très peu digne de la solennité du moment. Cela ne sonne pas bien il faut l’avouer : l’or, l’encens, la myrrhe et …le sable, vraiment difficile à laisser comme héritage. Quelque chose de déplacé ou alors une monumentale erreur d’évaluation. Imaginons un Roi qui se permis de voyager, de s’unir à la caravane officielle des Roi plus nobles que lui, qui n’était ni astronome, ni prêtre et moins encore riche.

Il s’est permit d’amener et puis d’offrir à l’autre Roi, encore nu et fragile, un peu de sable frais. On devrait conclure que notre Roi du Sahel, aussitôt censuré par les récits et les chroniques de la nativité, ait été arrogant ou du moins peu avisé par rapport aux autres Rois dont les générations futures auraient parlé. Son noble geste aurait pu disparaitre à jamais de l’histoire sans aucune mention. Un pale souvenir de l’évènement est gardé par son récit que personne ne croit et surtout par lui, le sable. Seul témoin fidèle d’un Roi qui aurait été abandonné de tous.

 

 

 

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