La fable du pouvoir et les fils du roi

Il était une fois un Roi. L’heure de quitter son trône et de passer le pouvoir à l’un de ses fils s’approchait. Il les appela auprès de lui et les envoya en mission. Chacun aurait dû retourner avec un symbole montrant la manière dont ils auraient voulu créer leur royaume une fois installés au pouvoir.

Il était une fois un Roi. L’heure de quitter son trône et de passer le pouvoir à l’un de ses fils s’approchait. Il les appela auprès de lui et les envoya en mission. Chacun aurait dû retourner avec un symbole montrant la manière dont ils auraient voulu créer leur royaume une fois installés au pouvoir. Le Roi aurait choisi son successeur en fonction de l’importance et la signification du symbole qui lui sera présenté ! Les années s’écoulèrent paisiblement depuis le départ de ses fils pour le long périple. Le Roi, dont l’âge commençait à monter, désespérait de les voir une dernière fois. Néanmoins un jour, au coucher du soleil, son fils majeur retourna au palais royal et lui remis ce qu’il avait choisi comme symbole de son futur règne. Il s’agissait d’une splendide épée, travaillée à la main par un des meilleurs artisans connus dans le monde d’antan. Une arme bien pointue, légère et facile à utiliser qui resplendissait et engendrait l’envie de l’utiliser aussitôt pour combattre les ennemis. Le royaume aurait été bien protégé à jamais car l’arme en question donnait un sens de puissance et de sécurité. Elle était le symbole du pouvoir par la force, émanait crainte, admiration et surtout elle aurait assuré perpétuité au royaume. Au Roi le symbole plu beaucoup et avec un sentiment de fierté pour ce fils il aurait voulu déjà trancher le choix en lui donnant les clés du d son règne. Mais une promesse est une promesse et même un Roi était supposé de respecter la parole donnée. Il décida donc d’attendre les autres symboles préconisés par les autres fils.

Quelque jour après le deuxième fils retourna au palais. Avec une évidente fierté il montra ce qu’il avait gardé dans un beau sac brodé en files d’or. Il s’agissait des plus beaux diamants jamais vu jusqu’alors dans tous les pays connus à l’époque. La forme, les couleurs et la pureté de la coupe ne laissaient aucun doute : c’était une des dernières merveilles du monde ! Le Roi, pourtant habitué aux diamants, ors et pierres précieuses de son royaume en fut séduit et, pour un moment, il oublia encore la promesse effectuée. La lumière qui émanait des diamants, en effet, était telle que le futur royaume de son deuxième fils aurait laissé une trace perpétuelle dans l’histoire du monde. Le Roi, qui avait accumulé une remarquable expérience de gouvernement de son règne, était vraiment satisfait pour ce que les deux premier fils lui avaient amené. Il avait la certitude d’avoir transmis à ses héritiers l’essentiel de la gestion du pouvoir afin qu’ils gèrent les sujets du royaume une fois laissé le trône. Avec un brin d’appréhension il se mit à attendre le retour du dernier et plus jeune de ses fils. Les années, les mois, les semaines, les jours passaient et le Roi se résignait à quitter ce monde sans avoir vu pour une dernière fois son fils aimé. Il temps de quitter le pouvoir et d’abdiquer était arrivé quand, tôt le matin, arriva le plus jeune de ses fils. Son père nota sa transformation dans le regard et dans son visage, plus mur et sincère de quand il était parti pour le voyage.

Le jeune raconta à son père, épuisé par la longue attente, la raison de son retard. En effet il était resté tout le temps, après avoir en vain cherché un symbole pour son futur règne, avec un vieux sage, consommé par l’âge et les expériences de la vie. Rester avec lui et s’abreuver de son ancestrale sagesse avait été la leçon plus importante qu’il avait reçu, bien meilleure des cours universitaire de son royaume qu’il avait dû suivre. Il ne s’était pas aperçu du temps qui passait en écoutant la sagesse de son unique et inoubliable maitre de vie. A la question de son père de lui montrer ce qu’il avait porté comme symbole du règne telle qu’il avait rêvé, le jeune héritier, de son vieux et usé sac il prit ses dons. Il s’agissait de deux modestes sachets de cuire fermés au sommet par des petites cordes tressées. Le fils, en silence, montra au père assez fatigué par l’attente, les deux symboles reçus en don par le vieux sage. Ce fut son testament car le vieux sage se retira dans la mort le jour avant de son retour au palais royal. Il ouvrit donc, sous les yeux attentifs du père et des frères le premier des sachets qui contenait de la cendre. Puis, lentement et sous les yeux étonnés des présents, il ouvra son deuxième sachet qui ne contenait que du sable. Cendre et sable fut tout ce que le jeune fils avait amené à son vieux Roi qui, étonné et déçu par son jeune fils, se préparait à choisir l’héritier entre les deux premiers fils.

Le vieux Roi était tenté par le premier et le deuxième des symboles tandis qu’il se sentait offensé par ce que le troisième fils lui avait amené. Il ne voulut prendre aucune décision avant d’avoir dormi une nuit et demandé conseil aux ancêtres qui parfois le visitaient en songe. Et il en fut ainsi. Le matin suivant il convoqua ses fils et les informa de la décision de confier son règne au troisième fils, le mineur. Il leur expliqua qu’on songe on lui avait révélé qu’un règne basé sur la richesse aurait eu besoin des armes pour les défendre et que les guerres n’auraient jamais pris fin. Le nouveau Roi aurait finalement compris que le pouvoir n’est que de la cendre que le vent disperse. Il aurait ensuite compris que toutes les richesses du monde, sans la justice, ne sont que du sable.

 

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