Journal d'un amoureux de la vie au temps du Corona Virus

46e jour de confinement Jeudi 30 avril Et Max Angel cessa momentanément de radoter...

 

Pouce !

Dans deux jours, j’aurais 77 ans.

Quand j’étais gamin et lecteur du journal Tintin, c’était l’âge limite au-delà duquel, on pouvait ne pas le lire. Aujourd’hui, un tel slogan serait poursuivi devant les tribunaux, pour injure au troisième âge.

Je vais suspendre ce journal quotidien et recouvrer une certaine liberté.
D’autant que si je me lasse, que dire de ceux qui ont eu la délicatesse et l’amitié de me lire régulièrement et que je remercie chaleureusement.

Et puis, il faut que j’entretienne mes fenêtres et volets, même si le temps de ce mois de mai s’annonce maussade, comme un confinement au temps du Corona et plutôt pourri comme une politique macronienne.

Médiapart a tenu le coup. D’une part, il ne m’a pas censuré, merci ! Et d’autre part, il ne m’a jamais mis à la une.

Il est vrai que je demeure dans les banalités, que j’anticipe parfois celle des autres, et que mes petites saillies, et autres « giocchi di parole » manquent de continuité.

Je ne pars pas, je ne claque pas la porte, je reviendrai.

Un peu triste de ne pas aller plus loin. Mais, un 1er mai sans manif, sans muguet à la sauvette, nous prouve que le macronisme, encore plus que le Corona-Virus, porte malheur.

Il faudra bien qu’après ces semaines d’attente, vienne l’espoir.

Il est déjà là avec ce billet sonorisé de Georges-André de Clermont-Ferrand. Les GJ, les syndicalistes, les non-syndiqués se comportent en arvènes anti-césariens avec constance, joie, fraternité, et détermination.

 

Vous avez lu, que des jeunes responsables des partis éclatés de gauche se parlent, échangent des idées, des bouts de programme, conscients que ce n’est qu’en unissant leurs forces, qu’en redonnant de l’avenir aux masses que celles-ci pourront changer le monde.

C’est à un long travail pédagogique qu’ils s’attellent, d’autant que les ego qui sont à la tête des formations auxquelles ils appartiennent vont leur mettre des bâtons dans les roues, vouloir poursuivre l’œuvre de toute leur vie, quitte à perdre, une fois de plus.

Itou pour les GJ qui doivent s’unir et renforcer ce mouvement politique en cours si jamais il voit le jour.

Qu’ils comprennent qu’ils sont devant un choix : ou ils imposent une victoire électorale dans le cadre des règles du jeu de la Ve République surtout si ce parti d’union a l’intention de mettre en place une Assemblée Constituante, ou ils continuent à défiler sachant que seule une guerre civile, une révolution armée avec quelques morts de plus, pourrait éventuellement leur permettre de faire une révolution.

Vu la docilité avec laquelle les français suivent à juste titre les consignes sanitaires, la deuxième solution me semble très aléatoire.
Le romantisme de l’ère des révolutions du XIXe siècle est révolu. Elles ont toutes échoué, même si elles ont servi à améliorer le sort des ouvriers. Mais la bourgeoisie n’y a pas été de main morte. Et l’on peut compter sur elle pour remettre le couvert et remplacer les LBD et les canons à eau par des armes autrement létales.

Il est vrai aussi que la misère y était bien plus grande qu'aujourd'hui, et que l'expression "Vivre libre ou mourir" héritée de la Révolution française défiait la Monarchie et avait une force puisée dans l'enfer de leur quotidien.

Voir la série de films docu sur Arte qui décrit l'éclosion et l'Histoire du monde ouvrier, ne manque pas d'intérêt. Actuellement en streaming sur Arte +

Nous avons besoin de sang neuf, de têtes nouvelles, d’idées nouvelles, il y va de l’avenir de l’humanité. Car, ce qui est valable en France l’est aussi un peu partout dans le monde.

Cette saloperie d’épidémie paralyse la contestation en Algérie, au Maroc, à Hong-Kong, pas au Liban.

Partout les systèmes sécuritaires se renforcent. Les démocraties déjà ébranlées par les lois anti-terroristes, sont mises de côté pour des périodes d’exception.

Il n’est pas sûr que soit mis en place le système de détection des « covidés » en sursis, en guérison, ou porteurs « sains ».

Honte à tous ces pétochards, à tous ces foireux, ces brenneux qui demandent encore et encore de la surveillance, du flicage, des sanctions, des suppressions de libertés.

Et je me répète, un fois de plus, (ce qui explique aussi pourquoi je suspends ce journal), leur peur est à la fois celle d’attraper le virus, mais surtout d’être des citoyens libres, donc responsables de leurs actes.

La peur de la liberté est sans doute ce qu’il y a de pire chez les citoyens puisqu’elle justifie la tyrannie politique et économique.

Obéir ! Ne pas prendre d’initiative, se défausser. « Ce n’est pas moi, c’est le chef qui m’a dit de… »

Désespérant, mais tellement… humain !

Très bon 1er mai à tous ! Résistons !

 

Et pour se consoler, rien ne vaut l’ami Jacques Prévert :

CHANSON DU MOIS DE MAI

L’âne le roi et moi
Nous serons morts demain
L’âne de faim
Le roi d’ennui
Et moi d’amour

Un doigt de craie
Sur l’ardoise des jours
Trace nos noms
Et le vent dans les peupliers
Nous nomme
Âne Roi Homme

Soleil de Chiffon noir
Déjà nos noms sont effacés
Eau fraîche des Herbages
Sable des Sabliers
Rose du Rosier rouge
Chemin des Ecoliers

L’âne le roi et moi
Nous serons morts demain
L’âne de faim
Le roi d’ennui
Et moi d’amour
Au mois de mai

La vie est une cerise
La mort est un noyau
L’amour un cerisier.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.