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Billet de blog 2 avril 2018

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Solidarité avec les grévistes de la SNCF !

Monsieur Pepy, tel Rolland à Roncevaux, depuis deux jours sonne du cor, et avertit les usagers que les trains ne vont pas rouler du lundi soir, au mardi, voire à mercredi. Sans doute, pense-t-il qu’il n’y est pour rien, et que les «usagers» usés ne lui en voudront pas.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Pourtant, qui a défini la politique de la SNCF depuis des années ? Qui a choisi de privilégier les TGV et de tout mettre en œuvre pour que les petites lignes deviennent de moins en moins fréquentées, en n’assurant plus les correspondances, en entretenant vaguement les voies, en supprimant le personnel, en supprimant des gares, en régionalisant ce réseau secondaire ?

Ajoutons à cela, le fondamentalisme libéral qui phagocyte les cerveaux de nos technocrates jusqu’au plus haut niveau, et vive la concurrence, et la schizophrénie institutionnelle. On signe en grande pompe la COP pour lutter contre le réchauffement climatique, et l’on promeut les voyages en cars, et met en place la première entreprise de transport routier de France, à savoir, la SNCF. (sic)

On peut compter sur les habituels folliculaires certifiés néo-libéraux pour dénoncer les «privilèges éhontés» de ces cheminots, qui n’ont aucune commune mesure avec les élus et ceux des hauts cadres, renvoyés pour incompétence, parfois munis de parachutes dorés. Je ne me fais pas de souci pour M. Pepy, au demeurant, homme charmant.

Mais, ce qu’il y a derrière cette attaque en règle de la SNCF, c’est la volonté de casser les services publics à la française, et c’est pour cela que nous devons être tous solidaires de ces grévistes, qui agissent, non seulement pour eux, mais aussi pour nous.

L’Histoire enseignera dans quelques années, que faute de vie démocratique, les citoyens français, sous la pression du MEDEF, des injonctions de l’UE de l’époque, et des hommes politiques qu’ils avaient élus, ont laissé briser ce qui faisait la cohérence de la Nation.

Car c’est valable pour tous les secteurs concernés.

Universités : entre 2009 et 2015, on a compté 280 000 étudiants de plus, quand 7 147 postes de titulaires ont été supprimés. («Réforme de l’université. Faits et chiffres.»SNESUP-FSU février 2018) Et zou ! C’est parti pour une baisse générale de l’intelligence des français dans un monde où il faudrait de plus en plus de cerveaux.

Hôpitaux : fermetures des petites structures, rentabilité maxi des lits, impossibilité donnée aux agents hospitaliers de faire correctement leur travail. Il existe des zones où il devient dangereux de vivre, des déserts médicaux qui vont accélérer la désertification de la France pour une concentration en zones urbaines de plus en plus polluées et où le mal vivre peut s’y épanouir. Les cliniques privées se portent bien. Merci.

Idem pour les EPHAD, où la maltraitance des personnels par leur direction, toujours plus de travail avec moins de personnel, ne peut que se reporter sur les personnes âgées de plus en plus nombreuses. Le papy-boom est prévu depuis...70 ans. «Gouverner, c’est prévoir». Donc, quand les moyens, les infrastructures, les personnels sont débordés, c’est qu’on n’a pas prévu, que nous avons affaire à des incompétents ou à des «salopards».

Avoir l’assurance d’un emploi stable, rémunéré correctement, serait donc, pour ces technocrates, une horreur. «Précarité pour tout le monde !» Tel est le cri de guerre de ces jean-foutres, sortis des hautes écoles, ayant leur siège au Conseil d’État qui les attend quelle que soit leur évolution de carrière. Pas privilégiées pour deux sous, ces élites qui passent du public au privé, pour revenir au public avant d’aller à nouveau pantoufler.

Si nous étions en démocratie, au lieu de nous élever contre les grèves des cheminots, nous en profiterions pour occuper les lieux de travail, pour discuter de ce management à l’américaine qui fait de chaque salarié une «variable d’ajustement», taillable et corvéable à merci. Nous traduirions en justice tous ces politiciens qui, depuis des décennies, sabotent, torpillent, tuent ce qui fait l’unité de la Nation, à savoir les services publics. Condamnés à voir diminuer de moitié leurs diverses pensions, plus pour les plus coupables, un séjour en prison. Ces formidables prisons françaises de réputation internationale que ces énergumènes remplissent sans état d’âme tout en sachant qu’elles sont saturées, au bord de l’explosion.

Décidément, il y a des printemps qui se perdent !
Sauf, si les grévistes de la SNCF, ceux des universités, ceux des grandes surfaces, ceux des services hospitaliers, des EPHAD, de l’éducation nationale, des prisons, voire de la police et de bien des secteurs jadis nationalisés et devenus privés s’unissent pour le bien-être et le bonheur de TOUS.

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