Clin d'œil à "La vieille qui marchait dans la mer"
Elle est arrivée en voiture. Elle a sorti sa chaise du coffre. Elle s'est avancée à la limite des planches et des galets. Elle s'est assise. Elle a sorti son matériel de photographie et elle est restée un moment à considérer l'océan.
Oui ! La Manche, c'est aussi l'océan. Une toute petite partie de l'Atlantique.
Les goélands criaient en accomplissant leurs courbes au-dessus des immeubles, des cabanes jaunes, des déferlements des vagues roulant les galets de la plage avec leur bruit de lave-linge plein de billes.
A un moment, peut-être que le jeu du soleil et des nuages l'a inspirée, elle a réglé son appareil. Sur quoi ?
Des enfants qui jouaient avec leurs parents ? Sur une mouette qui rasait les vagues ? Sur le remuement éternel des flots ? A-t-elle seulement réglé son appareil sur l'infini ?
En tout cas, elle a fixé pour l'éternité un millième ou un centième de seconde de sa vie. Que dis-je ? De notre vie...
C'est beau la photographie. La capture du temps. La mise en image de la réalité.
Si ça se trouve, elle a regardé ce qu'elle venait de saisir, de voler, de violer. Elle n'a pas été satisfaite du résultat et elle a appuyé sur la touche "poubelle".
Aujourd'hui, l'on peut mettre l'Histoire à la poubelle.
Vie moderne...Vie moderne....