Renaissance de la démocratie ? Machiavel.

 

 

Machiavel est essentiellement connu pour ce classique de la littérature politique : "Le Prince".

 

Il y décrit les hommes tels qu'ils sont et non tels qu'ils devraient être. Il constate le cynisme, la ruse, la force, la virtù indispensables pour qu'un homme s'impose et règne en prince.

 

A partir de ce seul ouvrage, on a construit l'adjectif "machiavélique" à haute valeur contradictoire où le personnage ainsi désigné inspire à la fois admiration, pour son intelligence et, crainte pour sa rouerie. Le "Sphinx", "Dieu", "Tonton", F. Mitterrand, ce Janus de gauche n'ayant jamais rompu d'avec la droite d'où il était issu, en fut un moment l'incarnation.

 

Depuis, la médiocrité des hommes politiques en place est telle qu'il est urgent de relire attentivement Machiavel. Non pas "Le Prince", mais ses "Discours sur la première décade de Tite-Live".

 

Oui ! C'est un peu moins connu que l'autre opus. Et pour cause, puisque Machiavel analyse les débuts de la République romaine, les commente et prend position, s'engage, disait-on au siècle dernier, pour la République, la démocratie au sens athénien et contre la tyrannie sous toutes ses formes.

 

Permettez-moi de seulement vous citer quelques titres des innombrables chapitres qui composent cette oeuvre si moderne.

 

Livre premier ( il y en a trois):

 

VII - Comment le accusations sont nécessaires dans une république pour y maintenir la liberté ( définition de Médiapart, affaires Snowden...)

 

X - Autant les fondateurs d'une république ou d'un royaume sont dignes d'éloges, autant sont méprisables les fondateurs d'une tyrannie. (Les partis nationalistes, néo-nazis sont servis)

 

XVI - Un peuple accoutumé à vivre sous l'autorité d'un prince conserve difficilement sa liberté si par hasard il devient libre. (cf : les printemps arabes)

 

XIX - Un prince faible peut se maintenir après un excellent prince ; après un faible, aucun royaume ne peut se maintenir s'il a de nouveau un prince faible. ( Français, vous êtes avertis)

 

XXVII - Il est très rare que les hommes soient totalement mauvais ou totalement bons.

 

XXXVI - Les citoyens qui ont eu les plus hautes charges ne doivent pas en dédaigner de plus basses. (renouvèlement des élites, non cumul des mandats etc)

 

XXXVIII - Les républiques faibles sont irrésolues et ne savent pas se décider ; si par hasard elles prennent une décision, c'est plus par nécessité  que par choix.

 

XLII - Combien les hommes peuvent être aisément corrompus. (S'abonner à Médiapart pour suivre les "affaires")

 

LIII - Trompé par une fausse apparence de bien, un peuple désire souvent sa ruine ; de grandes et glorieuses promesses le convainquent aisément. (électeurs tentés par la démagogie des Saint Jean Bouche d'Or, écoutez !)

 

et enfin :

 

LVIII - La foule est plus sage et plus constante qu'un prince. (Cela, ça se discute)

 

Machiavel n'est qu'un observateur, un fin connaisseur de l'histoire romaine, un florentin contemporain de Savonarole, qui a vécu le départ et le retour des Médicis, qui a connu les guerres, y compris la tuerie et le pillage de Firenze, sa ville. Ce qu'il écrit n'est point parole d'Evangile pour reprendre une expression malencontreuse qui ferait croire que les Evangiles sont exempts d'erreurs et de contradictions alors que, comme tout ouvrage humain, elles sont perfectibles.

 

 

 

Mais une fois de plus, la lecture des textes anciens, peuvent nous aider à éclairer notre époque obscurcie par le trop plein d'informations qui passent devant nos yeux éblouis sans, parfois, que nous ne prenions le temps de la réflexion.

Vite, vite, toujours plus vite. Un scoop chasse l'autre, comme jadis le clou. L'expression permettant aux adolescents éconduits de passer d'un amour à un autre.

 

Là, il s'agit de consolider la République et de se donner les moyens d'une Renaissance de la démocratie alors que la pente totalitaire s'accentue sous les effets conjugués de la médiocrité des responsables en place et la croyance folle aux dogmes de la croissance infinie et de l'argent-dieu.

 

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