PS : La Grande Trahison.

Ce qui caractérisait le Parti Socialiste de l'UMP, c'étaient ses hardiesses sociétales :, jadis, il y a une éternité, l'abolition de la peine de mort, la liberté offerte aux radios, libérées de la tutelle de l'Etat, récemment son féminisme

Ce qui caractérisait le Parti Socialiste de l'UMP, c'étaient ses hardiesses sociétales :, jadis, il y a une éternité, l'abolition de la peine de mort, la liberté offerte aux radios, libérées de la tutelle de l'Etat, récemment son féminisme qui l'a conduit à imposer la parité dans les assemblées, son vote unanime pour la reconnaissance de l'avortement proposée par Mme Veil, sa reconnaissance de l'Egalité de tous devant la Loi qui a permis, après le PACS, de permettre le mariage aux couples homosexuels.

Pour des raisons électorales, l'actuel gouvernement recule face aux hordes réactionnaires qui empoisonnent les dimanches de haine de ce mois de janvier 2014, et reporte ultérieurement sa loi sur la famille. Sine die ?

 

Les mânes de Condorcet, l'Esprit des Lumières, la Raison portée par les Républicains et les Francs-Maçons, reculent devant l'Infâme, comme l'aurait écrit Voltaire.

 

Un ramassis d'extrémistes des trois religions, avec en sous-main, Civitas, l'Opus Dei, le Vatican et tout ce que notre pays compte de réactionnaires, nostalgiques de la royauté, antirépublicians de tous bords, nazillons de la dernière averse, anti-tout ont réussi à effrayer ceux qui se sont donnés au MEDEF, qui sont les toutous de Mme Merkel, et qui s'efforcent de satisfaire les délires austéritaires des ultra-libéraux qui phagocytent l'UE, ce Marché d'un commun, d'une vulgarité entièrement néo-libérale, ajoutant ainsi de la crise à la crise en multipliant les suppressions d'emplois, la fermeture des usines et en réduisant les services publics à la portion congrue.

 

Pour le "peuple de gauche", (oh ! la belle expression jadis usitée par les ténors du PS), il y a soudain comme un immense désert qui s'ouvre.

 

Ce n'est pas Verdun, c'est Sedan.

 

Capitulation. Abandon. Trahison.

 

On sait que depuis toujours, notre actuel monarque a préféré le compromis, la synthèse, la bouillie à la clarté, à l'affrontement, à la demi-victoire qui est une demi-défaite. Sauf quand il s'agit de congédier une compagne.

 

Là, les électeurs de gauche n'ont plus que Le Front du même nom, ou l'abstention, le vote blanc, puisque ceux en lesquels ils ont cru les ont trahis.

 

 

 

M. Badinter regrettait qu'il n'y eût point de grande manifestation de gauche en réponse à "la journée de colère" de la droite et de l'extrême droite, comme il y en eut en 1934 suite à la manif du 6 février. Il sait maintenant pourquoi. Trahi, lui aussi. Pourtant, époux de la fille de M. Bleustein-Blanchet de Publicis, il avait les moyens de populariser son désir de révolte légitime. Que ne le fit-il !

 

Et le Front de Gauche ? Et les syndicats ?

 

Il faut croire qu'il y a "quelque chose de pourri dans le royaume de France", les esprits sont pollués par les idées rances de cette droite décomplexée qui relève son mufle de bête brute.Vite ! On se lance dans une grande politique contre le cancer, en oubliant que les idées de l'extrême droite sont en train de métastaser les esprits des citoyens.

 

Les sociétés, dit-on, comme le poisson, commencent toujours à se décomposer  par la tête. Et ce n'est pas d'hier.

 

Les citoyens de gauche sauront-ils s'affirmer, se rassembler, s'unir sans leader ?

 

Etrange cas de figure à suivre de très près. Il y a des lendemains qui risquent de ne pas nous enchanter. Nos libertés n'ont jamais été aussi en danger depuis longtemps.

 

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