Consternant !
L'intervention du Chef de l'Etat sur France Inter relève de l'incantation, de l'hypnotisme, du boniment. Se rend-il compte qu'il ne convainc plus personne si ce n'est, et encore, sa Cour.
http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/01/05/chomage-loi-macron-nddl-grece-ce-qu-il-faut-retenir-de-l-entretien-de-hollande_4549146_823448.html
Même en blaguant, comment peut-on croire quelqu'un qui insinue "je ne dors jamais !" Certes à prendre au deuxième degré, les galipettes étant propres à inciter au repos. Mais quand même.
Voilà un homme qui se dit grand défenseur de l'environnement, qui compte bien se relancer avec une réussite de sa conférence ineternationale sur la défense de l'environnement et qui, dans le même temps, se montre un ayatollah de "la croissance infinie dans un monde fini".
Il nous parle du bilan carbone, des positions qu'il faudrait prendre pour équilibrer les émissions de particules entre pays riches et pays en voie de développement et tout le Saint Frusquin, tout en approuvant la "macronite", dont un des symptomes est de relancer les transports en autocar pour les "sans dent" incapables de voyager en train ou en avion.
Les cars... les voyageurs pédaleront pour les faire avancer ou ils fonctionneront toujours au diesel dont les particules sont reconnues particulièrement polluantes ?
Piketty, autre adorateur de la croissance, mais qui avait fortement inspiré les discours du candidat en suggérant une grande remise à plat des impôts, vient de bouder la Légion d'Honneur, manière de signifier que celui qui a trahi ses recommandations "éclairées" peut se garder sa breloque qui n'honore, comme toujours, que celui qui la remet.
"La jeunesse, c'est ma priorité". Ah ! Un des symptomes de la macronite, c'est la prolongation de la vie active le plus tard possible. Comment peut-on inciter des patrons qui préfèrent payer des jeunes moins cher à des "collaborateurs" épuisés dès cinquante ans, soit à conserver ces "seniors" tout en embauchant des juniors ? "Y a d'lieau dans le gattaz" !
C'est à des "détails" comme cela que l'on en arrive à perdre toute crédibilité auprès de la Nation.
Or, il n'y a pas de République, de Démocratie, sans un minimum de vertus.
A commencer par le respect de la parole donnée, des promesses électorales qui ne devraient plus "engager que ceux qui y croient" pour reprendre la formule de C. Pasqua, mais devraient être un "contrat social", un "contrat moral" passé entre le candidat et ses électeurs.
Qui rompt ce contrat perd sa légitimité et devrait pouvoir être démis de ses fonctions. Cela nécessite une Constitution nouvelle où le "peuple souverain" recouvrerait sa force y compris entre deux consultations électorales.
Entendre M. Prudhomme tenir des propos à la Danton : "De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace !" et demeurer coi devant les agences de notation, l'hyper-libéralisme en cours à Bruxelles driblé depuis Washington et Berlin, on hésite comme Jean Ferrat : "Faut-il pleurer, faut-il en rire / Je n'ai pas le cœur à le dire..."
"Une classe dirigeante ne le reste, que pour autant qu'elle convainc, ceux qu'elle dirige, de son récit du réel."
Concept d'hégémonie - Antonio Gramsci