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Vieux lucide, donc sans illusions, mais toujours pas encore sans espoir quoi qu'il écrive.

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Billet de blog 8 mars 2015

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Faut-il sauver le soldat "Méluche" ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

 S'il y a un homme politique qui s'efforce au plaisir de bien dire, de conter, d'expliquer, d'être clair, et de discourir sans trop lasser, c'est bien J-L Mélenchon. En bon méditerranéen, il se place dans la lignées des aèdes antiques, des conteurs itinérants, avec, parfois, cette gouaille que l'on entend encore chez les plus âgés, attablés à l'ombre des platanes et qui devisent pour le plaisir de dire. Giono n'est jamais loin, Pagnol traînasse un peu, Coluche est parfois ressuscité.

Or, dans une société de la com', avec des bardées de linguistes décortiqueurs, il faut sacrément faire attention à ce que l'on dit ou écrit.

Si déjà la forme, brillante, provocatrice, goualante, gouléyante, imagée, fabulante, éclatante, ironique, subtile, brutale, agace les politiquement corrects habitués aux textes courts de l'AFP parce qu'il faut faire vite, concis, bref, une annonce chassant l'autre afin de buzzer, de scooper, d'être en avance sur les autres jusqu'à annoncer des décès ante mortem, alors le fond, pour peu qu'il soit sujet à polémique, peut devenir catastrophique.

"L'affaire Nemtsov" après les déclarations pro-russes de J-L M, semble devenir la goutte de trop que les média attendaient pour en faire un tsunami et couler ce représentant de la gauche, la seule, en état de survie.

Méluche s'est gentiment tiré une balle dans le genou, en se faisant plaisir. A la Méluche, quoi. Comme d'habitude.

Il est un peu comme Hollande, qui a bien du mal à se contrôler, prêt à risquer le clash pour un bon mot. Une saillie. Une trouvaille rhétorique de derrière les fagots. C'est plus fort que lui.

Le peuple comme les grenouilles de la fable veulent un roi, mais pas trop une grande gueule. A croire, que d'aucuns seraient nostalgiques du Président Coty. Pourtant, avec François Hollande, ils ont "Pépère". Un pépère un peu va-t-en guerre. Un européen pur jus, et un atlantiste obéissant.

Même que ses électeurs, dans leur majorité ont la fâcheuse impression de s'être faits couillonnés.

Il faudrait peut-être, n'en déplaise aux républicains et aux démocrates US, rappeler que la Russie, quel que soit son représentant, ce n'est pas Haïti qu'on laisse crever sans souci puisqu'il n'y a ni pétrole, ni terres rares, ni enjeu stratégique, seulement des êtres humains dans la plus profonde misère.

Poutine, dont les opposants ont une fâcheuse manie de disparaître tragiquement, avouons-le sans ambage puisque c'est la vérité, incarne un pays dont l'Histoire a fait un Empire continental depuis des siècles. Les USA, plus que les européens semblent le traiter comme un ennemi à abattre, tout en ayant trahi leurs promesses faites à Gorbatchev lors de l'implosion de l'URSS, "les pays voisins de la CEI n'entreront pas dans l'OTAN".

Poutine infréquentable ? Pas plus que les princes du Golfe, pas pire que les dictateurs sud-américains de jadis, et moins dangereux que la plupart des "présidents africains".

Quant à sa brutalité dans la manière dont il traite ceux qui menacent la sécurité de la CEI, elle n'a d'égale que le climat de sérénité, de paix, de justice sociale, de respect de ces fameux droits de l'homme qui règnent des rives du Pacifique et de l'Océan Indien jusqu'à celles de la Méditerranée.

Pakistan, nord de l'Inde, Afghanistan, Irak, Syrie, et l'abcès de fixation du conflit perpétuel Israélo-palestinien qui dure depuis plus de 70 ans et n'est pas près de s'arrêter, ne sont-ils pas l'illustration de cette "pax americana" chantée sur tous les tons par nos folliculaires, bien conditionnés ?

Tous les citoyens de couleur étatsuniens sont d'ailleurs traités avec un tact et une bénignité que leur envient nos propres représentants de l'ordre.

Alors, quand le peuple grec ose se donner un gouvernement qui défend ses intérêts contre ceux de la minorité la plus nantie, quand, en Espagne, un nouveau parti, s'apprête lui aussi, à renverser la table et à exiger d'autres règles du jeu, il faut abattre, celui, qui en France, a jadis incarné cette volonté de vrai changement.

Le Front de Gauche, c'était une réunion de vieux partis en déshérence, minés, rongés, continuellement ridiculisés qui osaient vouloir apporter de l'humain dans l'économisme ambiant. Une horreur ! Une menace pour le CAC 40 qui se porte plutôt bien, pour les banques qui vivent de la crise. Et fort bien.

Classes travailleuses, classes dangereuses.

Alors, si en plus, l'un de ses représentants pousse son art de dire, plus loin que sa pensée, ça cogne fort. De l'extérieur du FdG, normal, mais aussi, à l'intérieur, normal aussi. Hélas !

Pas de Syriza, pas de Podemos encore en France. Juste le FN.

Mais pour l'UMP ou le PS, comme jadis, "mieux vaut le FN que que FdG".

Merci qui ?

http://www.jean-luc-melenchon.fr/

http://www.mediapart.fr/journal/france/050315/jean-luc-melenchon-joue-saute-cadavre

http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/03/07/jean-luc-melenchon-fissure-le-front-de-gauche-sur-le-cas-de-nemtsov_4589436_823448.html

http://www.liberation.fr/politiques/2015/03/06/clementine-autain-la-premiere-victime-de-cette-affaire-n-est-pas-poutine-mais-nemtsov_1215450

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