Ah ! Qu'il est Doubs de croire au Père Noël !

 

Petite victoire du candidat PS, grâce à de braves gens venus du PS, de la droite républicaine et de la gauche-gauche.

Triomphe du PS qui ne perd pas sa majorité à l'Assemblée Nationale. "Sonnez hautbois, résonnez musettes", mais en faux bourdon car...

 

Le FN a encore progressé, grâce à de braves gens venus de la droite républicaine et de la gauche-gauche écœurée, et surtout de ces français de la France Périphérique, anti-mondialisation, anti-parisiens, anti-européens et victimes constantes de la politique austéritaire poursuivie avec un acharnement de bœufs au labour de la part du PS comme de l'UMP.

 

La canditate "Ni-ni Peau d'chien" n'aura rassemblé que 8, 20% des exprimés. C'est à un tel score que l'on peut apprécier la justesse de vue de l'Etat-Major du "petit caporal" de l'UMP.

 

Et le vainqueur est : l'abstention 50,93%.

Cela devrait interroger les politiciens et définit bien la déliquescence à laquelle est arrivée notre démocratie, notre République.

 

A croire qu'une telle situation les arrange.

Après tout, comme l'a si bien démontré Christophe Guilly, (les géographes sont d'excellents observateurs de la réalité), cette France périphérique, décrochée de la France des métropoles, a perdu toute raison de faire confiance à des partis qui la trahissent, qui l'ont condamnée au chômage, à la précarité, à l'immobilisme, qui l'ont marginalisée, avec pour conséquence : le dégoût, marqué par l'abstention, et le faux espoir ou la rage, avec le vote FN en toute connaissance de cause.

 

Restent donc en lice trois partis : UMP, PS et FN. Ce dernier est un des éléments constitutifs du SYSTEME qu'il dénonce, faisant prendre des vessies pour des lanternes à ses électeurs qui ne sont pas toujours dupes mais qui veulent jouir de la tête à l'envers de ceux qui se paient leur fiole depuis des décennies.

 

Pour sortir de cette situation qui nous conduit vers une dictature douce et qui risque de l'être de moins en moins, ne reste plus qu'à mettre en place un nouveau mouvement inspiré de Syriza ou de Podemos, avec des hommes et des femmes nouveaux, et avec un programme réussissant à rompre, non pas avec la mondialisation ou l'UE, mais en modifiant les règles du jeux.

L'avenir est à une Europe des Nations, indépendante de l'Empire US, et unifiant les pays qui la composent en supprimant les inégalités de revenus, en instituant un droit du travail calqué sur le plus généreux, et en réduisant les banques à ce qu'elles sont : des moyens de mettre en place une politique.

 

Et cela commence par une remise à plat des dettes en cours.

 

A côté de cela, le capitalisme éternel fomenteur de crises, est tenté par la guerre perpétuelle, que ce soit contre le terrorisme ou contre la volonté de la Russie de recouvrer l'Empire des Tsars.

 

Mais tout cela relève d'une vision à long terme, d'une reconquête de la politique sur l'économique, de la fierté d'être à la fois français et européen, et même d'envisager une politique respectueuse de l'environnement et tournant le dos à cette "croissance infinie dans un monde fini" qui conduit inéluctablement à la fin accélérée de l'humanité.

 

Ah ! Qu'il est doux de croire en soi-même et aux autres !

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.