Bien ! Mais au fait, qu'est-ce que cela signifie ?
Réformer : Jadis, quand un conscrit se faisait réformer, cela signifiait que pour des raisons psychiques et/ou physiques, il était inapte à faire de la chair à canon. Certains en pleuraient. D'autres exultaient.
Réformer un animal, c'est comme réformer un homme, c'est le mettre à la retraite, l'écarter du troupeau, le plus souvent cela se termine à l'abattoir.
Idem pour réformer les véhicules des administrations publiques et privées : la revente par les domaines dans le meilleur des cas. La casse pour le pire.
On comprend mieux que posséder un esprit de réformisme, conduit souvent à la suppression de quelqu'un ou de quelque chose. Donc tout naturellement, les partis et les syndicats réformistes s'unissent pour mettre à la réforme les droits acquis par les générations précédentes au prix du sang, des larmes et de la lutte.
Ah ! J'entends soudain protester.
"M'enfin ! La Réforme, Monsieur !, ce fut la rupture d'avec la "dictature" catholique romaine, ce fut la fin du Moyen-Âge, l'entrée dans le modernisme, l'explosion de l'esprit scientifique, l'imprimerie, l'écriture, la réflexion à la portée de chacun, la remise en question de dogmes absurdes, le retour de la Raison..."
Soit ! Je l'admets volontiers. Réformer peut, parfois, signifier "améliorer l'existant".
Nul doute que le patronat français, débarrassé du Code du Travail, libre de payer ses salariés selon son bon vouloir et de pouvoir concurrencer ainsi les salaires chinois, bangladais ou vietnamiens, sera convaincu d'une amélioration notable de la vie patronale en France.
Cela passe par la mise à la poubelle des valeurs du Conseil National de la Résistance, qui plaçaient le bien être de la majorité de la population avant celui d'un petit nombre.
On rappellera une antienne de feu le CNPF devenu aujourd'hui le MEDEF et qui nous a seriné pendant les années Mitterrand-Tapie " Les profits d'aujourd'hui sont les emplois de demain".
On a vu ce qu'il en était. On peut donc lui faire confiance, hein ? Hum !
En conséquence, un gouvernement de gauche digne de ce nom ne doit avoir qu'une seule politique : réformer le patronat en lui faisant comprendre que la valeur produite par les salariés doit être équitablement partagée et que la spéculation sera poursuivie avec la plus extrême rigueur.
Mais peut-être suis-je passé de la réforme à la révolution, ce qui est une autre paire de manches et fait tourner de l'œil les âmes si sensibles qui sont aux commandes. Sorry !