Vaincre ses peurs est un devoir !

Ainsi , en France, des fonctionnaires de police, de l’éducation nationale, de la justice, considèrent des enfants de 10 ans comme des terroristes.


Que lit-on dans le journal de confinement de l’écrivaine chinoise Fang Fang ?

« Une administration qui ne permet pas la promotion des meilleurs éléments engendre des conséquences désastreuses ; des discours politiquement corrects mais creux, au détriment de la recherche de la vérité des faits, engendrent des conséquences désastreuses ; empêcher les gens de dire la vérité et les médias de rapporter la réalité engendre des conséquences désastreuses ; et toutes ces conséquences, nous les subissons une par une. Mais voilà, Wuhan, première ville à être touchée, en a un désagréable avant-goût. » 26, 27 janvier 2020 « Wuhan ville close » paru chez Stock.

Il n’y a pas qu’en Chine que nous subissons la tyrannie de l’État, et la peur qui en découle.

Notre démocratie ne fonctionne plus que par la violence et l’incurie de ceux qui détiennent le pouvoir. Voir comment a été managée l’épidémie depuis qu’elle est entrée en France.

Comment, des enseignants et leurs responsables hiérarchiques, peuvent-ils en arriver à trouver l’appui de la police et de la justice pour aller au petit matin, avec toutes les formes extérieures de la lutte anti-terroriste terroriser des familles et leurs enfants ?

Qu’est-ce que ce régime de la peur ? Si ce n’est ce système dûment mis en place pour que chacun devienne aussi fou que ceux qui détiennent le pouvoir ? Un pouvoir, qui laisse les médias en continu, les réseaux sociaux, déverser de la haine, en continu, est un pouvoir en perdition.

Qu’est-ce qui est le plus dangereux, le Sars-Cov-2 ou le virus de la dictature de la finance ? Car en fait, que nous regardions le comportement aberrant de Trump, vivant dans le déni, ne pensant qu’à lui, ou la panique qui s’est emparée des gouvernants européens devant une épidémie à l’origine mal établie, c’est bien la peur de la diminution des revenus des actionnaires que l’on subit et que l’on fait subir.

Ce n’est pas pour rien que l’on utilise un vocabulaire de guerre en matière de santé.
Quoi de plus opportun pour la bourgeoisie et le capitalisme international que cette épidémie mondiale ? Arrivée juste au bon moment pour :
- camoufler la crise cyclique du capitalisme annoncée depuis quelques mois,
- mettre un arrêt aux manifestations des Gilets Jaunes qui réclamaient plus de justice sociale et commençaient à se politiser un peu partout,
- faire la course à l’échalote avec l’extrême droite, en supprimant les libertés fondamentales, renforçant les pouvoirs de la police au point de faire passer une loi interdisant de montrer les violences policières, soit la négation de la liberté d’informer.
Comme en période de guerre, soudain l’argent sous forme d’endettement de dingue, coule à flots. Comme en période de guerre qui n’obéit pas ou mal risque d’être considéré comme un traître à la Cause, à la patrie… et blablabla et blablabla.

Quels types de régimes politiques gouvernent par la peur ? Les tyrannies.
Pour qui sont-elles bénéfiques ? Pour une oligarchie, une élite, un petit groupe de nantis bien en cour. Les marionnettistes qui tirent les ficelles.

C’est la négation « du pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple », soit la définition de la démocratie par Lincoln.

Quant à la lutte contre le terrorisme international, il passe obligatoirement par un arrêt de l’islamophobie ambiante, par une fermeté quant à nos principes laïcs, un respect réciproque étant l’unique solution à un vivre ensemble à l’échelle planétaire, nationale, régionale, voire du quartier.

Les ventes d’armes à n’importe qui, la lâcheté face aux émirats arabes et à l’Arabie Saoudite, le mépris à l’égard des afghans comme à celui des palestiniens, nous reviennent en pleine face.

La violence de notre civilisation occidentale, impérialiste, soumise aux valeurs états-uniennes quel que soit le locataire de la Maison Blanche, n’a d’égale que celle des terriens qui veulent s’en détacher par une violence de pauvres à coups d’attentats aveugles, d’assassinats au couteau.
A croire que les bombardements de pays entiers, les exécutions par drones possèdent plus d’élégance et seraient moins barbares parce que plus sophistiqués. Honte à nous !

 

Cette violence, nous la vivons au quotidien avec les jeux vidéos qui sont proposés aux adolescents. Nous l'avons banalisée au travers des films et des séries. Tuer, en dépit de la suppression de mort, est tout à fait possible, ordinaire, voir encouragé à l'égard d'un méchant, d'un menaçant, d'une personne de couleur, d'un "fuyard" de contrôle policier.

Nos écrans de télévision ne rendent compte des manifestations, majoritairement pacifiques qu'à partir du moment où il y a violence d'une minorité des manifestants entraînant des violences policières voulues par tous. 

Ces jets de pierres, ces fumigènes, ces barricades, ces poubelles et voitures en feu, et surtout ces magasins pillés, ça fait de tellement belles images pour instiller la peur chez les provinciaux ou les rurbains. Le burn-out des cadres, l'épuisement des ouvriers et des ouvrières, le désespoir des praticiens de la santé, les hantises et les peurs des enseignants, la détresse des petits entrepreneurs ou des commerçants, bof ! un peu, mais point trop n'en faut, surtout qu'ils camouflent les bénéfices éhontés des plus grandes firmes.

La Covid a bon dos ! Une vraie gomme à effacer les turpitudes du système en place. L'exploitation des salariés ? La Covid. La politique de privatisation des services publics ? La Covid. La victoire des démocrates US ? La Covid. Craignez tous, gens de peu et que le pouvoir méprise, la Covid dont, pour un peu on vous tiendrait pour responsables.

Car le pouvoir de l'argent ne vous aime pas, parce qu'il a peur de vous et qu'il est en train de vous dresser. Surtout, continuez à aller travailler, entassez-vous dans les transports en commun, c'est le temps que l'on vous paie. Mais lorsqu'arrive votre temps de liberté, celui de vos rencontres entre amis, celui de la joie, de la détente, celui des rencontres et des amours, à la niche ! Pas question de jouir de l'air du temps, de se réjouir, d'être heureux.

Moi, je vous le dis, n'ayez pas peur ! Le taux de surmortalité n'est guère effrayant.

Pour vous donner une idée de ce qu'est une épidémie épouvantable : durant la peste noire au XIVe siècle, la ville de Sienne en Italie est passée en quelques semaines de 40 000 habitants à 12 000. Faites vos calculs ramenés à ce que nous vivons. Et rassurez-vous ! C'est un homme de 77 ans qui vous parle. Si j'attrape le virus, il y a de fortes chances pour que l'on accélère ma mort au profit de plus jeunes et je l'accepterais bien volontiers. Mais au moins, qu'on me laisse libre de profiter de mes dernières années de vie.

Ayons le courage de surmonter nos peurs ! Ayons la force d’exiger une autre manière de vivre !
Recouvrons vite les valeurs de la République : Liberté, Égalité, Fraternité !
Elles sont en grand danger, non seulement chez nous, ici, en France avec nos « marcheurs à reculons », mais aussi un peu partout en Europe.

 

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