Fragilités du monde contemporain.

Plus le temps passe et plus nos sociétés se fragilisent. La plupart du temps, elles vivent dans le déni, soit le refus de prendre en considération le réel.

Ainsi, pas besoin d’être un expert en climatologie pour constater qu’il y a bouleversement du climat à l’échelle de la planète, et que cet état de fait est la conjonction des fluctuations éternelles de la vie de la planète, auxquelles s’ajoutent les conséquences de la croissance démographique mondiale et la manière dont elle vit.
Les pays riches pillent les soutes du satellite, pour satisfaire un confort, un consumérisme infini. Sa croyance que des objets nouveaux, parfois inutiles, parfois merveilleux, relève de la folie ordinaire inscrite dans les cerveaux depuis le «Croissez et multipliez» biblique.

Or, plus nous nous soumettons ou utilisons les techniques nouvelles de communications, de calcul, de transmission du savoir et de la bêtise, plus nous avons besoin d’énergie électrique.
Il semblerait qu’un «black-out» pour parler franglais comme il se doit chez les «américanoxidentos», une coupure d’électricité qui durerait plus de trois jours, suffirait à ce que la France s’effondre. Alors que dire de l’Europe ?
Situation aussi impossible, nous diront nos «experts» que l’élévation des océans, ou qu’un incendie dans une cathédrale.

Et pourtant, un gros incident sur une ou deux centrales nucléaires, pas nécessairement sous forme d’attentats, une baisse des eaux servant à leur refroidissement, conséquence de sécheresses de plus en plus fréquentes et longues, et paf ! Ça disjoncte dur d’autant que la consommation de courant tend à devenir aussi dense en été qu’en hiver avec le recours à la climatisation des habitations, des lieux de travail et de commerce.

Lorsqu’on sait que lorsqu’on envoie un SMS, le signal a besoin de 3 ou 4 satellites pour le transmettre, il s’en suit que la banlieue de la terre est de plus en plus encombrée par des milliers de satellites et des milliards d’objets en errance qui peuvent à tout moment endommager les outils dont nous avons besoin.

A cela s’ajoute, la présence de satellites-tueurs ou pirates, au point que le Président de la République, M. Macron, vient d’inaugurer un ministère de la défense et de l’espace, histoire que nous restions dans le coup face aux satellites agressifs des USA, de la Russie et de la Chine, en attendant quelque satellite «terroriste» récupéré par des hackers fanatiques.

Si il est en effet époustouflant pour un vieillard de pouvoir communiquer avec les siens où qu’il soit ou presque, et même en roulant en voiture ou dans le train, si il est absolument confortable d’être guidé par un système satellitaire pour aller d’un point à un autre, je n’ose imaginer la stupeur qui s’emparerait des citoyens si jamais le réseau «bugait» pour quelque raison que ce soit. Lire le dernier opus d’Enki Bilal, qui justement, évoque cette possibilité.

La dématérialisation des rapports des citoyens avec les différents services publiques, impôts, préfecture, assurances, éducation nationale se traduit encore souvent par des erreurs, des confusions, une perte de temps pour l’usager, des pertes de postes pour les fonctionnaires, et divise la société, la citoyenneté entre ceux qui ont les moyens intellectuels et économiques de se doter des outils ad hoc. Ne parlons même pas des habitants des régions rurales encore en zone blanche, soit dépourvues de réseau. Ils sont marginalisés et aux yeux des administrations quasiment «fautifs», un comble. Vu de Paris par nos technocrates aux commandes, ce monde-là n’existe pas.

La fragilité du système hyper-sophistiqué s’épanouit dans l’extrême rapidité des échanges d’informations pas toujours recoupées, donc parfois fausses, et même volontairement fausses, si cela peut arranger un pouvoir politique, un candidat, un parti.
Les rumeurs inhérentes à toutes les sociétés humaines se trouvent amplifiées, et peuvent conduire à la mise en place de politiques totalement néfastes à ceux qui tombent dans le panneau. C’est en partie ce qui explique la nomination de Mr Trump, le Brexit et les succès du M5S et de la Liga ou du RN ex FN.

On a vu, le rôle des réseaux dits sociaux dans les printemps arabes ou dans le mouvement des gilets jaunes. Qu’en reste-t-il ?

Certains se persuadent que des changements politiques favorables au plus grand nombre passeront par ces réseaux et aboutiront à des changements de société. Pas complètement impossible, mais sûrement pas déterminant.
En réalité, la surveillance des échanges n’échappe nullement aux services de renseignement. Ceux-ci sont à la fois inondés d’informations, mais savent aussi les trier et aider les gouvernements à ce que rien ne change.
Reste aux communicants appointés de circonvenir les lecteurs des réseaux et de les convaincre. Ce qui nous conduit à une anesthésie ou à un abêtissement général, qui font le triomphe des démocraties bourgeoises qui fonctionnent selon le principe de la servitude volontaire.
La liberté de choix se résume entre une politique de droite et une de gauche, sachant que l’une et/ou l’autre sont muselées par le pouvoir économique des banques, des multinationales et des traités internationaux qui empêchent toute velléité de sortir du cadre ultra-libéral ambiant.

Certes, l’on assiste à une prise de conscience, de plus en plus développée que l’actuel système est suicidaire pour les passagers du satellite Terre.
Du coup, le système va nous convaincre qu’il va réussir à faire face aux pollutions qu’il a générées. Le secteur du recyclage des matières premières a le vent en poupe selon le principe : «Polluez, nous dépolluerons !»

Ainsi, de fausses solutions apparaissent. Exemple, la voiture électrique ! Les piles nécessaires à la fabrication des batteries nécessitent des terres rares, des minerais épuisables, et la fabrication d’énergie électrique que ce soit par panneaux solaires, atome ou éolienne constitue des sources de pollution que les générations futures subiront. L’élimination des déchets radioactifs n’est toujours pas résolue parce qu’irrésolvable. Chut ! Silence les agneaux.

Cassandre n’a jamais eu bonne réputation. On n’aime pas les gens qui voient la réalité de demain en noir, tellement nous avons été habitués pendant des siècles à vivre un futur qui devenait meilleur que le présent. Or, depuis quelques trente à quarante décennies, nous assistons au contraire. Demain sera pire qu’aujourd’hui.
Cela se traduit dans la rareté des réserves des matières premières, dans l’accélération du changement climatique, dans l’incapacité du système libéral à fournir du travail pour tout individu en âge de travailler, dans la raréfaction de l’eau de moins en moins potable, dans l’élévation des océans, dans la disparition des espèces animales et végétales.
Conséquences de ces dysfonctionnements ? Des migrations de populations qui fuient à la fois la faim, la guerre, la misère en espérant obtenir une vie meilleure dans les pays qui les pillent.
D’où une peur qui se répand chez les habitants des pays riches de se trouver en concurrence avec ces immigrés dans la courses aux emplois. Racisme, haine, angoisse, croyance en des sauveurs couillus, pétochards démagogues se retranchant derrière des barbelés et des murs de la honte, comme paysans rejoignant les châteaux-forts de jadis devant l’arrivée de l’Ennemi, envahisseurs, voisins, parti adverse...
Voir ce qu’il se passe en Italie, mais aussi en France, et dans les pays du Nord de l’Europe, cette illusion merveilleuse qui ne croît pas en elle-même parce que les empires de la planète la craignent et feront tout pour qu’elle demeure un marché commun ouvert à tous les appétits des grands prédateurs qu’ils sont eux et leurs multinationales.

Pour couronner le tout, il faudrait aussi évoquer le merveilleux commerce des armes. Le secteur militaro-industriel se porte à merveille. Tous contribuent à fournir les pays solvables et même insolvables en armes plus ou moins sophistiquées, en alimentant les conflits, en les provocant et en les entretenant.
La course aux armements est repartie, les faucons volent autour de la Maison Blanche. Dominer. Imposer. Et il y existe une majorité de citoyens US, démocrates comme républicains pour approuver cette politique impériale avec la complicité des états membres de l’OTAN, cette incongruité qui aurait dû disparaître avec l’implosion de l’URSS.

Eh oui ! «Les civilisations meurent aussi.»
D’autres les remplacent.

Une autre civilisation est en gestation. Nous ne nous en rendons pas compte. Elle reposera sur une frugalité acceptée, sur une fraternité renouvelée, sur un respect de la Nature, sur une transformation totale de nos habitudes de manger, de nous vêtir, d’habiter, de nous déplacer, de nous distraire...
Ce sera cela, ou Mad Max sur tous les continents. Merci !
Au cinéma, ok. Dans le réel, pas pour moi.
Et vous ?

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