Blues du blogueur

Après un certain silence de blog, recevez ce texte engagé, histoire de croire en nous.

 

 

Ho ! Lala… Que de mots envolés
Hooo ! Que de mots enfuis
Loin des maux de ces humains maudits

Ho ! Lala… Comme tout se répète et lasse
Hooo ! Coco Rona t’as raté ton entrée
Comme tu rateras ta sortie

On aurait pu croire, naïfs
Que tu aurais fait comprendre aux terriens
Qu’ils étaient tous habitants du même satellite

Ho ! Lala… Il n’en est quasiment rien
Chacun pour soi et retrait derrière les murs de leurs frontières
Et les parias gueulards d’hier
Que l’on assommait, mutilait, poursuivait, enfermait, condamnait
Soudain déclarés « héros », applaudis, mais aux salaires toujours chiches

Ho ! Lala… La pingrerie des riches n’a d’égale que la générosité des pauvres
La planche à billets fonctionne à plein régime
Les dettes explosent et nul n’ose avouer qu’elles ne seront jamais remboursées

Ou alors… sans rire, de désespérants experts
Parlent de générations futures condamnées à hériter de la « folie » d’aujourd’hui

Ho ! Lala… que demain soit comme hier et vite, indécrotables brenneux
Incapables d’imaginer un autre monde que celui qui les ravit
Croissance infinie, dans un monde fini

Hoooo ! Lala… L’american way of life ne nous intéresse plus
On a goûté au bon air sans avions, sans bagnoles, les usines à l’arrêt ou au ralenti
On a aimé travailler plus ou moins différemment, malgré la peur,
Et grâce à ceux qui s’occupaient de nos besoins vitaux
Ralentir,
Le temps est au pied sur le frein
A la conduite pépère,
A la balade joyeuse

Ho ! Lala… Le saint Fric ne vaudra jamais une bonne santé
C’est le moment de mettre au purin la mal-bouffe,
La FN esse euh ! A détruit les petites exploitations,
Travaille avec le Crédit Agricole à l’endettement permanent
Empoisonne la production en tuant les paysans cons vaincus d’un système suicidaire
Et les cancers s’épanouissent, à la campagne et à la ville

Ho ! Lala… Et ça dure, et ça dure…
Les bagnoles à sauver, l’aviation à sauver, et le numérique à promouvoir
Nous, on veut un monde de fraternité et eux, un monde de virtualité
Plus de contacts, plus de rassemblements, plus de joie, plus de corps à corps,
Des écrans et des robots, des gamelles et des bidons remplis par les GAFA

Ho ! Lala… Vite ! tous agenouillés devant Mammon, le Veau d’Or
Qui ne vaut rien devant un ch’tit virus nouveau comme le Beaujolais de l’année
Cette vinasse à gogos qui n’enchantent plus que les charlots

Ho ! Lala… Tromp la mort aux States descend dans les sondages et dans l’arène
A dynamiser les plus abrutis de la population amerlocaine

«  La loi et l’ordre ! » telle fut sa réponse devant le martyre de George Floyd
Un « cop », pendant 9 minutes, tranquillou, protégé par ses potes, a pris le temps
En toute bonne conscience de tuer un noir en pesant de tout son poids de haine

Que c'est long 9 minutes

Et comme la vie est courte

Et le monde s’est réveillé
Il ne faut jamais désespérer

Ho ! Lala… Terriens pas tous anesthésiés ?
Mais toutes les polices du monde unies
Toutes,
Rangs serrés, et culs pincés, pour continuer à bouffer du coloré
Étrangler les méchants que l’économie capitaliste garotte
Les chiens policiers du capitalocène doivent conserver leurs crocs et mordre, et mordre
Les étranges étrangers venus cuire le pain blanc des blancs

Dont certains sont condamnés au pain noir

Ho ! Lala… Et ça continue de fabriquer des armes, de vendre de l’escopette,
De la bombarde à glu, du satellite de surveillance, de la mitraillette, du char d’assaut à obus atomique
Du zavion sniffeur et furtif, et ça s’étonne
Que ça s’étripe un peu partout

Et on crie victoire,
Allez loup y a !
Pour avoir dévissé un barbu en chef qui sera remplacé fissa pour continuer à martyriser
Les populations
A commencer par les femmes qui sont pourtant les piliers de
L’Afrique
Qui risque de s’écrouler sous les coups des mâles et le pillage des pays riches, riches,
Et si pauvres en imagination, et en compassion et en fraternité, et en respect,
Et en compréhension de la réalité qu’ils créent

Ho ! Lala… Croit-on pouvoir vivre encore longtemps dans le déni
Ho ! Lala… A quoi bon écrire et écrire, répéter, rabâcher, ré-expliquer, rappeler, souligner, illustrer
Ho ! Lala… Plutôt cultiver son jardin,
Jouir du soleil couchant, spectacle odieusement
Toujours gratis,
Regarder pousser l’herbe,
Et s’étonner qu’il y ait encore des fleurs des champs
Et parfois des abeilles, de moins en moins,
Et des insectes, de plus en plus rares
Et de jolies femmes et de beaux hommes
Qui restent à des distances sanitaires obligatoires
Masqués comme de futurs « hommes invisibles »
Chacun craignant l’autre

Vivre dans la peur constante, est-ce vivre ?
Apprivoiser la mort en sachant que l’on n'a qu’une vie
Ne point la craindre comme nous l’enseigna Epicure
Que les marchands de vie au-delà de la vie
Ont tous condamné.

Ho ! Lala… Il est urgent de descendre dans les rues de la terre
Et de prendre nos destins en mains
Et de licencier, de mettre sur la touche, de remplacer
Ceux qui ne voient que leurs profits
En accélérant la disparition inéluctable de l’espèce humaine

Ho ! Lala… Heureux les simples d’esprit qui croient encore en la fraternité des hommes
Pour ne pas anticiper le jour de leur départ

Ne jamais désespérer.
Pour quoi ?
Pour vivre !
Vivre !

 

 

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