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Vieux lucide, donc sans illusions, mais toujours pas encore sans espoir quoi qu'il écrive.

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Billet de blog 13 avril 2015

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Pont d'Ouilly. L'Orne saute de barrage en barrage et roule ses eaux de sienne brûlée entre prés et moulins abandonnés que les ronces mangent en les épousant en de lents et irrémédiables embrassements. Des bovins blancs charolais, sûrement pas en vacnces, descendent régulièrement se désaltérer, le pas incertain, sur leurs traces boueuses qui mènent à la rivière ou de temps à autre glissent des canoéïstes toujours dans le sens du courant. Le temps, où les nordmen remontaient les fleuves, est bien révolu. Facilité d'abord. On perçoit leurs échanges de lazzi, de défis, de provocations ironiques, histoire de vaincre leur peur de verser dans le glauque de cette eau limoneuse, coupée de très courts et légers rapides.

Des falaises que la rivière caresse en ses méandres sont couronnés de forêts, et abritent même des arbres qui se sont accrochés dans des enfractuosités. Une route suit péniblement la vallée puis s'en éloigne vers des hameaux habités de quelques fermes, de résidences secondaires, de gites à louer, d'européens de Grande-Bretagne, de Belgique ou des Pays-Bas venus ici finir leur vie.

La "Suisse Normande" ! Quel parisien vantard a osé inventer cette expression ? Encore une trouvaille d'un "communiquant" pour "vendre" la région aux touristes de la fin du XIXe siècle. A cette époque que l'on a déclarée "belle" par rapport à la "première boucherie mondiale" avec ses effets dévastateurs sur la rente et les cours de l'or, bien plus graves que cette génération perdue où des millions de jeunes hommes donnèrent leur sang à la glèbe, comme on l'écrivait à l'époque.

 Et puis, la Suisse, on y allait en voyage de noces admirer les "neiges éternelles" que la folie du progrès est en train de faire fondre comme un vulgaire carré de chocolat dans une menotte de bébé barbouillé.

Tout est calme, repos, lenteur des jours, loin du bruit et de la fureur des villes. Point de sirènes d'ambulances ou de police en folie. Pas d'embouteillage. Pas de feux de croisement. On peut même se promener à pied ou à vélo avec une automobile de temps à autre qui va chercher les enfants à l'école ou revient des courses, à moins qu'elle ne conduise au "travail" à Flers, à Thury-Harcourt, à Falaise, voire à Caen.

Et pourtant, je ne peux m'empêcher d'écouter les informations comme si je pouvais encore agir sur l'Histoire des hommes. Incapable de rompre d'avec la médiocrité quotidienne des turpitudes humaines. Une soif insatiable de s'abreuver d'évènements sur lesquels je n'ai nul effet. La peur de ne plus être dans le coup.

Et j'ai ma dose de nouvelles, jusqu'à l'écœurement.

Radio-France qui va vers son mois de grève. La radio de la France qui respectait presque son cahier des charges, "distraire, instruire et informer". L'Etat depuis des décennies, sous couvert de non censure, s'en est désintéressée au point de lui retirer les dotations indispensables. Et il faut que ce soit un gouvernement que des "faux naïfs" hypocrites osent encore qualifier de "socialiste" qui laisse pourrir une situation dramatique pour les auditeurs encore nombreux de France Inter, France Culture, France Musique.

Une radio sans guère de publicité, presque libre, avec des personnels compétents, qui a fourni leurs meilleurs animateurs aux chaînes concurrentes, qui a le respect de ses auditeurs ou presque, qui leur donne la parole sur des sujets parfois ardus, qui rend plus intelligent qu'elle n'abêtit.

Au royaume d'Ubullande, ne pas abêtir c'est rater sa Valls à deux temps.

Entendu mon vieux camarade Filoche, une fois plus, s'étrangler d'indignation devant la loi Macron avec d'excellents arguments et qui, à la question, "Mais qu'est-ce que vous faîtes encore au PS ?", a préparé sa réponse depuis des mois, "Mais parce que les militants du PS sont dans leur majorité contre cette politique-là et qu'il faut bien le faire savoir !"

Ah ? Il y a encore des militants au PS qui ne sont pas des "obligés" ? C'est un scoop plutôt sympathique. Je le crois volontiers et je les plains. J'aimerais en connaître le nombre exact.

On ne dira jamais assez combien les appareils, quels qu'ils soient fabriquent de l'amertume et élèvent des couleuvres pour les petites mains, les soutiers des partis qui n'existent que par eux.

Mais les élus qu'ils propulsent se fichent pas mal de cette valetaille corvéable à merci. Couchez les militants ! Obéissez, nom de dieu ! Que savez-vous de la complexité des choses de ce monde ? Si l'on agit ainsi c'est pour votre bien ! Céder au patronat toujours insatisfait ? Pour vous ! Enrichir les riches ? Pour vous ! Apauvrir les pauvres ? Pour votre bonheur ! Imposer encore et toujours ? Pour vous satisfaire ! Vous surveiller et vous foutre la pétoche ? Mais pour votre liberté ! Big Brother ? Non ! Seulement Big Mamma !

D'ailleurs, le peuple en redemande. La preuve, il voterait de plus en plus pour la petite entreprise Le Pen & Filles qui se donne en spectacle et alimente les "niouses".

Ah ! Comme je suis heureux d'avoir entendu le père fondateur en rajouter sur son "détail de la Seconde Guerre Mondiale". Oh ! Le brave homme ! Un si bon tortionnaire et toujours fier de l'avoir été. Non mais ! C'est quoi un FN qui deviendrait un parti comme un autre, bien ancré dans "le système" ? Quedalle ! Ils rejoindrait le "tous pourris" !

Alors quand les folliculaires ont commencé à parler d'une France tripartite, le vieux sang du borgne n'a fait qu'un tour. Et il a remis son entreprise dans ses racines. Et fifille aura beau dire, aura beau faire, tant qu'il sera vivant, le FHaine demeurera ce qu'il a toujours été, une entreprise familiale en marge des autres partis, ramassant le maximum de blé pour la famille Le Pen et qui prendra le pouvoir par la grâce de l'incapacité des autres partis républicains à ne plus coucher avec TINA la brune.

L'entourage de Marine et de sa nièce, la plupart des élus nouveaux, sont bien en pogne, à quelques exceptions près, encadrés par des gugusses qui se vautrent dans le racisme, l'islamophobie, la haine de la République, le mépris à l'égard des petites gens qu'ils vont entraîner vers toujours plus de misère. Eux s'en tireront toujours.

Ils sont à la République ce que les salafistes sont à l'islam et l'hypocrite Marine le sait très bien. Il n'y a qu'à se repasser ses ébats viennois et voir avec qui elle valse.

M. Poutine ne s'y est pas trompé. La carte FN mérite d'être jouée pour répondre aux attaques de l'OTAN et de la France, qui crache sur la Russie comme si c'était une république bananière.

Délice de l'errance printanière par monts et par vaux. Visite rapide du très beau château de Carrouges, un joyau du patrimoine national que l'on rentabilise avec des banquets, des noces, des colloques. Pourquoi pas ? Mais du coup, des tentes blanches à raouts dénaturent les jardins. Rien à foutre des touristes photographes de passage. Ils paieront le même prix à l'entrée. Et s'ils ne sont pas contents, qu'ils passent leur chemin. Rentabilité d'abord !

Rentabilité et sécurité sont les deux mammelles de la Hollandie.

Réjouissons-nous ! L'Inde vient enfin de nous acheter des Rafale. Le Président et son Ministre de la Guerre se sont décarcassés comme doit le faire tout ancien élève d'HEC. Il paraît que cela va créer des emplois en France. Champagne !

Les millions d'indiens qui vivent sur les trottoirs et les tas d'ordure de leur si beau pays apprécieront.

D'abord, la plupart ne sont que des intouchables, ce qui constitue une coutume voulue par les dieux, ensuite, cela rend intouchable notre si belle société Dassault. Et puis, il faut bien armer l'Inde contre le Pakistan.

Et réciproquement ?

Le congrès du Parti Sapajou se prépare avec ardeur. La peur mauvaise conseillère fait l'unanimité, ressoude les mangeurs de couleuvres, enterre les espérances de changement, et donnera encore bien des trémolos à Gégé Filoche.

Nos libertés passent par le croc à phynances du père Valls. La police et les services secrets vont crouler sous les données et collectionner les suspects, soit l'ensemble de la population française pour commencer, plus les étrangers de passage, avec recoupement avec les services de renseignements alliés qui nous surveillent déjà. Je te vois, je t'entends, je te lis, je te tiens et pas seulement par la barbichette.

Orwell est toujours d'actualité. Plus que jamais.

Quant aux States d'où tout part et où tout revient, les prochains "guignols de l'info" seront une Clinton ou un Bush, histoire de ne rien changer à ce qui fonctionne si mal, sauf... pour les nantis, les vrais, les milliardaires dorés sur tranche, les collectionneurs d'oeuvres d'art, histoire d'échapper à l'impôt, les possesseurs de comptes dans les paradis fiscaux et de salles, de coffres dans ces ports francs de Genève ou du Luxembourg, garanties accordées à tous les grands voyous de la Terre, à tous les mafieux, à tous ceux qui exigent que les peuples soient honnêtes et travailleurs et paient leurs dettes.

Le Terrorisme ? Mais il a un visage.

Jüncker et tous les directeurs de banques, tous les boursicoteurs, tous les marchands de canons et tous les politiciens qu'ils se sont achetés.

Cela fait du monde, je sais !

Mais il est tellement plus simple de crier haro sur ces bandes de fous de dieu qui ne sont jamais que les créatures engendrées par ceux qui détiennent le pouvoir politique et économique de la planète ! Tous inexcusables ! Tous à rectifier au Kärscher à défaut de pique et de guillotine.

En attendant, profitons de ce printemps exceptionnel ! Il se terminera sûrement par quelques orages. Pourvu qu'ils ne soient pas d'acier.

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