A l'heure où une édition de luxe de "l'Eloge de la Folie" d'Erasme, que mes moyens ne me permettent pas d'acheter, vient de sortir en libraire, je me contente de lire ce texte essentiel de la littérature mondiale en version pour tablette à 0.99 €.
http://www.editionsdianedeselliers.com/livre-L_%C3%89loge_de_la_Folie_d_%C3%89rasme__illustr%C3%A9_par_les_peintres_de_la_Renaissance_du_Nord-56-1-1-0-1.html
Une merveille d'humour, d'observation de l'humanité, enveloppée dans les connaissances des Anciens. J'ai même droit pour le même prix à quelques illustrations d'Hans Holbein.
Or, si je regarde notre humanité, la Folie y règne toujours en maîtresse dominatrice.
Nous préférons nos passions à notre raison. Que ce soit dans nos relations amoureuses, que dans nos délires cupides d'amasser plus, de toujours nous enrichir, d'accumuler des biens.
Nous nous déchargeons de nos responsabilités sur des élus qui ne sont jamais que des hommes semblables à nous-mêmes, mais que nous aimerions qu'ils soient à la fois, nos maîtres et nos serviteurs.
Nous exigeons qu'ils soient plus vertueux que nous ne le sommes. Et ils le doivent puisqu'ils bénéficient de notre confiance.
Point de démocratie représentative sans un minimum de vertu !
Depuis Homère, avec une constance de boeuf à l'embouche, les hommes continuent de se faire la guerre, alors qu'ils savent bien que toute guerre se termine toujours par des traités, des discussions, des compromis.
Depuis Erasme, l'humanité a acquis des connaissances technologiques extraordinaires. Qu'en fait-elle ? "Une puce chasse l'autre." La surconsommation des plus riches n'a d'égale que l'extrême misère des plus pauvres qui sont majoritaires sur notre petit satellite qui tourne autour de son petit soleil, bien seul au sein de sa galaxie qui compte des milliards de milliards de systèmes semblables au sien.
Alors que tout bouge, que tout change, que tout est en création perpétuelle, d'étranges humains qui ont inventé des dieux et leurs prophètes, s'entêtent, l'arme au poing à convaincre les autres de leur folie et parlent de dieu comme s'ils venaient de l'avoir au téléphone.
L'humanité ne cesse de croître et avec elle ses besoins en matières premières croissent encore plus vite, or, nous sommes prisonniers de la planète, cette Nef des Fous qui nous emporte vers notre disparition puisque tous les gens, un peu raisonnables, savent bien que "la croissance infinie dans un monde fini est le comble de la Folie".
Ecoutez les discours de nos spécialistes, de nos hommes et femmes politiques, de nos dirigeants économiques patrons et syndicalistes réunis : "relançons la croissance !"
Ils n'ont à l'esprit que ce dogme fou.
Et puis, la Folie vit et croît en se nourrissant d'elle-même.
Les intérêts des uns seraient communs à ceux des autres. Point de lutte des classes. Bien plus, "les profits d'aujourd'hui sont les emplois de demain". C'est ce que l'on nous a chanté dans les années 80.
Nous avons vu le résultat. Jamais la classe des plus riches n'a été aussi gavée et jamais il n'y a eu autant de destructions d'emplois.
Mais rions ! Dansons ! La capucine, la carmagnole, la valse, la Folie nous a pris à jamais par la main et comme dans le film de Bergman, c'est la Mort qui conduit la ronde qui clôt "le Septième Sceau". Car la Folie est l'élément constitutif de la Création, de la Vie qui comme chacun le sait procède de la Mort.
Mêmes les étoiles d'où nous venons vivent et meurent...
Après cela, les conférences de presse de nos zélus peuvent se dérouler en toute Folie communicante.
L'homme libre ou qui essaie de l'être n'a plus qu'une solution, se bien chausser, se couvrir, prendre de quoi s'abreuver et se nourrir et aller marcher dans ce qu'il reste de Nature entre routes, voies ferrées, autoroutes, champs fermés et villes.