Ainsi, les salariés qui ont molesté deux cadres d'Air France auront le droit d'aller en correctionnelle. Applaudissements de tous ceux qui sont pour la paix, la sérénité et la négation de la lutte des classes, que ces néo-Guizot, mini-aventuriers du XXIe siècle, considèrent comme un concept dépassé. Entendre Macron ou le patron d'Air France, c'est un voyage dans le temps. Passé. Voilà des gens qui vont de l'avant la tête tournée vers l'arrière. Meilleur moyen pour que la France se casse la figure.
Licencier plus de 2000 emplois ne constituerait pas une violence digne de la correctionnelle. Ainsi va le monde, et Le Monde.
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/10/14/conflits-sociaux-quels-precedents-judiciaires_4789296_4355770.html
Force est de constater qu'il y a confirmation de l'inégalité des citoyens devant la loi. J'en veux pour preuve, l'absence quasi totale des évadés fiscaux dans nos prisons. Priver l'Etat de dizaines de milliards d'euro, ça se règle entre les services de Bercy, les avocats fiscalistes, entre gentlemen cambrioleurs. ("Tentative d'évasion" fiscale de M. & Mme Pinçon.)
Que des ouvriers, des misérables osent s'attaquer à la propriété privée, hurlent leur désespoir devant la misère qui les attend, se rebellent pour ne pas vivre à genoux et, l'Etat, quel que soit le parti politique en place, poursuit, enferme, vilipende, voue aux gémonies ces pelés, ces galeux avec l'aide de sa meute de "chiens de garde" bien tenue par les propriétaires des médias tous milliardaires.
http://blogs.mediapart.fr/blog/victorayoli/141015/les-medias-au-service-des-milliardaires
Par contre, les professions à forte puissance de nuisance, elles, peuvent s'exprimer avec violence en quasi impunité. La FNSEA a-t-elle remboursé les dégâts causés par ses troupes contre les préfectures enfoncées, le mobilier urbain démoli ? Non !
Le Parlement de Bretagne incendié par des marins pêcheurs en colère ? Combien de condamnations ?
Par contre, les militants de la Confédération Paysanne en lutte contre la ferme des mille vaches, en Picardie, qui se fiche pas mal des ordres donnés par l'Etat, ont eu droit de passer devant la justice. Non mais !
Que les forains bloquent une ville, comme Rouen, en brûlant des pneux, en faisant perdre des heures de travail aux salariés comme aux étudiants parce qu'on veut déplacer la foire St Romain des quais réaménagés rive gauche et qu'ils avaient saccagés l'an passé, vers un espace plus près des voies d'accès, et on se contente de leur dire que ce n'est pas bien.
Il aurait peut-être fallu aussi que la municipalité pense ce réaménagement des quais en fonction de l'existence multiséculaire de cette foire, la deuxième de France. Un point partout la balle au centre.
Idem à Paris, où le Campion fait la loi comme n'importe quel boss mafieux et s'est installé, jadis, impunément dans les Jardins des Tuileries mettant la ville devant le fait accompli. (Canard Enchaîné de la semaine dernière)
Quant au Parquet qui semble traîner dans l'affaire Tapie qui n'en finit pas de finir et où les contribuables ont été floués de quelques millions d'euro, il devient frétillant comme un goujon lorsque les faibles s'unissent pour exiger justice et considération.
Personnellement, je comprends la colère, l'écoeurement, le désespoir qui peuvent conduire à cette violence physique toute relative dans la mesure où les responsables syndicaux se sont interposés pour empêcher le pire.
Mais on aimerait que la violence des riches soit, elle aussi, condamnée avec la plus extrême rigueur. Voeux pieux !
Allez ! Un petit bombardement sur l'Etat islamique avant que d'aller enchanter les bretons !
La violence "d'en-haut" serait-elle recommandée ?
Comment se fait-il qu'un certain Sarkosy Nicolas est toujours libre de ses mouvements alors qu'il semble impliqué dans de multiples affaires où les millions d'euro s'évaporent ? Il paraîtrait même qu'il aurait le droit de se présenter pour être le chef de l'Etat...
Quand on prend conscience d'une telle ignominie, tout citoyen un peu conscient de l'immoralité régnante a des démangeaisons dans les poings et il devient normal que les baffes partent vite.
Remarquez ! S'il faut s'indigner devant la violence venue d'en bas, alors on va pouvoir faire des économies et supprimer vite fait les cérémonies du 14 juillet. Anniversaire de la Fête de la Fédération rendue possible un an avant par la prise de la Bastille où il y eut quelques morts. Oh ! Doux Jésus quelle horreur ! Plus la suppression de cet hymne national, sanguinolant et guerrier qui fait trembler les classes possédantes, ces aristo, devenus depuis ces riches "qu'un sang impur abreuve nos sillons".
Qu'on nous donne des responsables économiques et politiques dignes de respect et les gens redeviendront respectueux !