Qu’on m’explique le sens inique de l’Histoire !

Il y en a qui prétendent que l’Histoire aurait un sens. Sens unique vers une constante amélioration de notre quotidien. Progrès. Plus ou moins constant, plus ou moins rapide. Mais progrès.      Avec parfois des reculs. Des soubresauts. Mais ça repart. Éternel recommencement. Mais jamais complètement pareil et toujours surprenant. Soit ! Examinons un peu le réel.

     Dans le domaine technologique, c’est indubitablement vrai. 
    Tellement réel qu’on trouve des technologies à effet négatif pour l’humain. Ne parle-t-on pas « d’homme augmenté » qui constituerait le militaire de demain. Un pioupiou à moitié robotisé. Voyant la nuit, au-delà des murs, avec des détecteurs d’un peu tout, et des jambes et des bras infatigables, plus des armes extraordinaires capables de tuer le bon méchant et épargner le mauvais bon. 
    Bon ! Faut pas prendre les militaires gradés pour plus cons que les civils, ils émettent des doutes. Ils se tâtent. Sauf que, comme d’habitude, il y a des lobbies qui poussent au crime pire que le picrate des poilus de 14, des possibilités de dominer les adversaires, les concurrents. 
    Nous vivons dans le monde merveilleux du « PLUS PLUS  infini ». Alors nul doute que ces merveilles de technologies qui permettront à des handicapés de mieux vivre leur handicap seront utilisées à des fins létales, et constitueront éventuellement des rentrées de devises.
    L’Homme Augmenté verra le jour. Et, aussi la femme. Parité oblige.

    Ne jamais oublier que la dynamite de M. Nobel est utilisée à la fois pour désoucher et exploiter des mines, mais aussi pour faire sauter des ponts, des chars à bancs et des chars d’assaut, et éventuellement quelques tyrans, ou nettoyer des tranchées, des mechtas, des caves, des maisonnettes avec femmes et enfants, histoire d’avoir la paix. 
    Toute avancée technologique possède ses deux faces. Tout dépend de quelle manière l’humain l’utilise.
    Qui aurait cru qu’un avion civil pouvait constituer une arme de destruction de gratte-ciel ? 

    Le cinéma nous distribue chaque jour des méthodes de défense ou d’attaque à partir d’objets courants. Une pointe Bic dans l’œil, ça dissuade vite un agresseur. Une bouteille d’huile d’arachide sur le sol et ça glisse. La laisse du toutou peut servir à se pendre ou à étrangler l’autre. On se souvient du pic à glace de Basic Instinct. Etc. 
    Bien, à côté des James Bond, ça perd en imagination. C’est de l’arme de pauvre contre de l’arme de pays riche. Mais le résultat peut s’avérer redoutable. Les talibans à motocyclettes sont venus à bout des Hummer de l’Empire. Ce qui compterait donc, ce n’est pas tant la sophistication des armes que la détermination de ceux qui les utilisent. 
    Quand un homme ou une femme est prêt à sacrifier sa vie, à se faire sauter le caisson, les adolescents attardés qui jouent avec les sticks dirigeant leurs drones peuvent aller se taper un hamburger qu’ils auront du mal à digérer. Comme toujours au royaume de la mal-bouffe.
    Dans un cas, on peut imaginer que ces bombes-humaines sont en effet convaincues à cent pour cent qu’il y a une vie après la vie et que le Paradis existe vraiment. Dans l’autre cas, certes, on goupillonne à seaux d’eau bénite, on essaie de convaincre qu’il y a un Paradis qui les attend et qu’ils y entreront avec une breloque remise par un gradé ou un politicien dégradant, mais, en dépit des crèches des régiments de la Légion Etrangère, euh … Il y a de l’hésitation chez le marine, le GI, ou le pioupiou. Même qu’il y en a qui de demandent si c’est bien vraie cette histoire de vie paradisiaque au-delà de la vie et pourquoi, ceux qui donnent les ordres ne montrent pas l’exemple. C’est bizarre non ? Qui a vu un curé, un aumônier, un imam, un rabbin, se précipiter à la tête des colonnes d’assaut ? 
    Quel sens ça possède cette histoire-là ?
    Qu’on m’explique ! 

    Comment se fait-il, qu’avec tous les « spécialistes » qui existent un peu partout sur la planète, l’on semble ne pas tenir compte des leçons du passé ? 
    
    On possède des historiens, des anthropologues, des économistes (toujours distingués selon le dictionnaire de Flaubert revu et corrigé), des sociologues, des philosophes quand ils ne sont pas « nouveaux philousophes », des conseillers à foison, des physiciens, des analystes en tous genres, des archéologues, des naturalistes biologistes agronomes, des chimistes, des atomistes, des ratons baveurs, des statisticiens, des géographes cartographes, des académiciens, des prix Nobel, des jean-foutre, et il semblerait que nous sommes coincés entre une éventuelles guerre dans le Pacifique ( il y a de quoi rire ! ) guerre dans le Pacifique, et une énième pandémie qui sortira de virus décongelés par la fonte du permafrost et qui existaient AVANT que les humains soient là  ! 
   

   Pourquoi ne pas parler d'une « guerre humanitaire », un autre oxymores bien « moderne » mais qui pousse le sens de l’Histoire vers le non-sens ? Passons vite ! 
    
    Le satellite sur lequel nous vivons n’en peut plus de la multiplication de l’espèce humaine qui vide ses soutes, les richesses du sous-sol, à la vitesse grand V, qui pollue les océans, qui supprime des espèces animales et végétales, qui empeste l’air de ses villes, qui voit les océans monter au rythme de la fonte des glaces, qui épuise les eaux potables et même le sable. 
    Non mais, alors que Dune sort sur les écrans, (excellent film d’ailleurs !) alors que le Sahel est une zone d’entraînement militaire plongée dans un conflit économico-religieux, on nous apprend que le BTP va manquer de sable. 
    Ne sommes-nous pas en train de vivre une époque à se tordre de rire pour ne point trop pleurer de rage ? 
    
    Face aux fous, soit on les prend au sérieux et on les soigne en les enfermant, soit on les prend pour ce qu’ils sont et on rigole. Enfin, je parle de ces fous dont les rois s’entouraient et qui les aidaient à eux-mêmes ne pas sombrer dans la folie inhérente au pouvoir politique en leur laissant le soin de leur dire des vérités que nul courtisan n’aurait osé prononcer. 
    Les fous des rois ont disparu ou sévissent à la radio ou à la télévision sans influence aucune sur ceux qui nous gouvernent.
    Du coup, nous sommes dirigés par des vrais fous, tristes sires imbus d’eux-mêmes, mégalomanes, parfois psychopathes, qui ont bien du mal à nous faire rire.

    A quoi sert toute l’intelligence de ces humains éminents spécialistes en leur domaine ? 
    
    Je crains fort de ne trouver qu’une seule et unique explication : le système capitaliste financiarisé reposant sur la croissance infinie dans un monde fini, et l’accumulation de capitaux sont devenus la seule et unique religion qui s’impose aux plus de sept milliards d’homuncules qui grouillent sur cette petite planète perdue dans l’univers et qui nous a fait entrer dans « le capitalocène » qui se terminera avec la mort du dernier multimilliardaire, abandonné par ses serviteurs, empoisonnés par l’air pollué de la dernière guerre nucléaire généralisée.

    Mais pas question de remettre en question ce dogme universel. Plutôt crever que de perdre les privilèges qu’apportent l’argent-roi. La santé des actionnaires passera toujours avant celle de la santé publique. 
    Quant aux générations futures… qu’elles se démerdent des tonnes de déchets nucléaires qu’on leur laisse en héritage, de tous nos détritus dont on ne sait que faire, des mines et ressources du sous-sol en voie d’épuisement, de l’abrutissement des masses par le sport-spectacle, les réseaux asociaux, la boumboum-zizique, la fête permanente et les drogues variées contre lesquelles on fait croire que l’on lutte tout en sachant que les bénéfices réalisés sont réinvestis et blanchis dans l’économie-monde dans les paradis fiscaux où tout ce beau petit monde des ultra-riches se retrouvent.

    Qu’on m’explique comment tout cela est possible ? 
    Quoique.
    J’ai ma petite idée que j’ai d’ailleurs suggérée dans ce texte, bouteille à la mer et qui fera rire les hyènes qui sont aux commandes, et leurs chiens de garde appartenant à la plupart des médias qui officient à leurs côtés.

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