L’arroseur arrosé ou le Macron démacronisé.

Ainsi, le président accompagné de Mme Merkel et de M. Michel de l’UE, demande vertement à son homologue de Biélorussie, ci-devant dictateur auto-proclamé, tricheur, de bien vouloir respecter son peuple, de ne plus lui répondre à coups d’emprisonnements, de grenades lacrymogènes ou de désencerclement, et de tortures, cassages de gueule et autres entassements de manifestants.

J’avoue que je demeure sidéré par tant de morgue, de ridicule, de désir de comm’ et de soumission à ses marionnettistes qui l’ont placé là il est avec la complicité de certains électeurs, bien pris en main par les médias.

Avant d’exiger de ce M. Loukachenko, ce respect de la volonté populaire, propre à toute démocratie digne de ce nom, encore faudrait-il s’appliquer à soi-même, ce que l’on exige des autres.

Et c’est bien là, ce qui phagocyte l’Occident, soit le monde capitaliste américanisé, donc l’Empire US et ses alliés-sujets : ce monde-là, celui où je vis depuis bien longtemps, n’a plus les moyens de donner des leçons à qui que ce soit.

Morale et défense des intérêts économiques de la minorité des 10% les plus riches sont incompatibles. D’où ces alliances avec des dictatures de tous poils, princes du pétrole, présidents corrompus d’Afrique, républiques bananières de l’Amérique du Sud que l’on martyrise dès que le peuple ose élire des chefs d’Etat qui désirent remettre en question les fers dans lesquels les ont plongé le système dominant.

Même entre « alliés », le torchon brûle pour du gaz à exploiter en Méditerranée, entre la Turquie, membre de l’OTAN et la Grèce autre membre de l’OTAN et pays que l’UE à laquelle elle appartient qui l’a épuisée, martyrisée, méprisée, mise à l’encan.

Nos prétendus démocrates se comportent comme des mafiosi et, au fond d’eux-mêmes doivent plus ou moins envier M. Poutine qui met ses pas dans ceux des tsars de jadis.
Il est en passe de devenir le plus ancien chef d’Etat de l’Eurasie, l’interlocuteur incontournable de tous les conflits du Moyen-Orient et de l’Europe, le fournisseur de notre gaz et éventuellement de bien des matières premières indispensables à nos économies. Du coup, il devient la mémoire de l’histoire récente de notre continent, et se permet, lui aussi, de jouer les « sages » face à ses homologues éphémères.

On lui reproche, non sans raison, sa manière de jouer avec les nouveaux magnats russes qui se sont emparés de l’économie de ce vaste pays.
Mais, on n’oublie pas que l’implosion de l’URSS a été suivie par un vol de « conseillers économiques » made in Chicago, qui se sont abattus sur les rouages de l’Empire éclaté et ont mis en place le système actuel, encourageant la privatisation de tout ce qui pouvait l’être, favorisant ainsi l’éclosion de ces milliardaires new-look, qui amarrent leurs yachts à côté de ceux des milliardaires américanisés de longue date, partageant caviar, vodka, whisky et femmes en des soirées inoubliables…

Que l’on porte notre regard de citoyen élevé aux valeurs des Lumières sur les différents pays de la planète et l’on ne peut que constater l’éternelle corruption des « élites » politico-économiques, le népotisme le plus éhonté, les collusions entre « politi-chiens » et requins de la finance, exploitation des plus faibles au profit des 10% les plus riches, et même le triomphe absolu de ce 1% fascinant auquel on doit, la pollution des océans, de l’air que nous respirons, de l’épuisement des ressources du sol et du sous-sol de notre satellite qui accélèrent la disparition de notre espèce.

Par le truchement de l’Internet, de plus en plus de « terriens » prennent conscience de cette situation suicidaire d’un système fou que j’appelle le « capitalocène » et, un peu partout, on descend dans les rues des villes pour se débarrasser de ces corrompus, de ces exploiteurs, de ces assassins, de ces tortionnaires, de ces dictateurs plus ou moins avoués, dont certains pratiquent l’hypocrisie ordinaire et l’illusion démocratique dans les vieux pays européens.
Voire cette démocratie dévoyée à l’américaine où deux grands partis, anti-populaires, se partagent le pouvoir alternativement sans que rien de décisif ne change vraiment. Union sacrée de l’élite riche contre les masses pauvres ou en voie d’appauvrissement, avec la complicité d’un électorat convaincu par des milliards dépensés en spots de tous genres. Un siège politique dans ce système US possède un prix, un coût. Un candidat se vend comme une savonnette. C’est un produit. La méthode a fait des petits et essaimé. Nous sommes bien placés pour le constater chez nous.

On verra donc, à la rentrée prochaine, comment M. Macron respectera la volonté populaire pour peu que le peuple masqué vienne exprimer son dégoût d’un système économique en lambeaux, victime d’une crise prévue, annoncée, que la Covid-19 n’a fait qu’amplifier.

Bien sûr, on nous expliquera que tout est de la faute du Sars-Cov-2… Tristes farceurs !

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