Compatibilité de l'Islam avec la Démocratie ?

 


 

Pourtant peu porté sur l'arrivisme compulsif de notre "premier flic de France" que j'ai tendance à appeler "Valls avec Nico", en référence à "Valse avec Bachir", je suis convaincu que la question qui a effarouché les chochottes du gouvernement, doit être posée.

 

Jusqu'à présent, sauf erreur de ma part, je ne connais guère de républiques ou de royaumes à majorité musulmane qui fonctionnent démocratiquement selon la conception occidentale de la démocratie.

Par contre, il existe bien des démocraties, à commencer par les démocraties occidentales, ou ce qu'il en reste, qui ont des citoyens musulmans, parfaitement respectueux de la démocratie.

Pour cela, comme les israélites, comme les chrétiens, ils ont accompli leur propre révolution en acceptant la rupture entre ce qui relève du domaine privé, leur liberté de conscience, et ce qui relève du domaine public, leur respect aux lois de la République.


C'est la lutte multiséculaire entre le pouvoir des hommes attribué par des hommes, pour les hommes et le pouvoir du dieu, inventé par les hommes et contre eux, dans la mesure où ils doivent se soumettre non pas tant à la volonté de dieu qu'à la volonté de ceux qui en vivent.

 

Où il y a incompatibilité entre islam et démocratie, c'est lorsque des religieux de quelque obédience que ce soit, veulent imposer à tous les citoyens, les principes de la charia, lorsque le pouvoir confessionnel quel qu'il soit, se confond avec le pouvoir politique en éliminant ainsi une partie de la population qui ne serait nullement d'accord avec les principes religieux qui fluctuent au gré des caprices des oulémas ou des mollahs, toujours au nom de Dieu.

Nous avons connu cela en Europe, au moment des guerres de religions, où le Prince converti au protestantisme entraînait ses sujets à se soumettre à son choix. Depuis, il y eu remise en question de la primauté des textes dits sacrés au profit de la liberté de pensée. Y compris de ne pas croire ou de croire autrement.

Il y a donc, nécessité de former, d'instruire, de réformer l'islam, si multiple, pour l'inscrire dans la modernité.

C'est ce que refusent les fondamentalistes depuis toujours et dans toutes les religions.

Avec cette hypocrisie propre aux "fous de dieu" de tous poils, ils sont arcboutés sur des hadiths, des préceptes, des rites, des coutumes d'un autre âge tout en utilisant les derniers moyens technologiques à leur disposition. Soumission absolue des femmes pire qu'aux premiers âges de l'Histoire de l'islam, oui. Sonorisation des minarets, alors que fondamentalement l'appel à la prière devrait se faire directement du muezzin à la population, oui aussi. Interdictions, sanctions moyen-âgeuses avec section de la main du voleur, mais avec recours à la chirurgie. Le décollement se faisant toujours au cimeterre, la kalachnikov momentanément posée contre le mur.

Les nouveaux arrivants, ont de tout temps, à surmonter le choc de ce qu'ils ont vécu avec ce qu'ils ont à vivre. Il faut une ou deux générations pour que le mélange se fasse. Encore faut-il les aider, et surtout ne pas tergiverser avec leurs prétentions à importer leurs coutumes.

L'excision des filles, comme la circoncision constituent des mutilations rituelles incompatibles avec le respect de la personne humaine. Pourquoi ne pas couper une oreille pendant qu'on y est ?

Dans le même temps, dans les pays colonisés ou anciennement colonisés (hum!), n'a-t-on point vu et n'existe-t-il pas toujours des quartiers européens ? Combien, parmi ces expatriés s'assimilent à la population autochtone ? Combien adoptent leurs us et coutumes, vestimentaires, gastronomiques, relationnelles ?

Un minimum de respect conduit nos compatriotes à ne pas ostensiblement manger en période de ramadan. La consommation d'alcool relève de l'intime quand on peut réussir à en introduire dans le pays via les valises diplomatiques ou les marchands.

Quant au dévouement et à la soumission aux princes de ces pays-là, elle demeure dans les strictes règles dues par les gens de passage, sans qu'il y ait adhésion.

Restent ceux qui épousent un ressortissant du pays, qui rompent avec leur pays d'origine, qui demandent la naturalisation, dont les enfants seront d'ici. C'est là que commence vraiment l'assimilation.

 

Tout israélite se doit d'obéir aux préceptes de la Thora, tout chrétien obéit à la Bible et aux évangiles, tout musulman respecte le Coran.

Mais, comme dans chacun de ces livres, il y a tout et son contraire, à chacun de choisir ce qui lui convient le mieux pour vivre dans le pays où il se trouve.

Et la réponse à la question ne peut être que positive à cette condition-là. Encore faut-il que les intéressés soient convaincus de la supériorité de nos régimes démocratiques sur les régimes politiques existant depuis des siècles dans leurs pays d'origine.

Et c'est là que la question devient difficile puisque les ressortissants de ces démocraties se posent eux-mêmes de sérieuses questions sur la réalité et les bienfaits de leur régime.

Voir les referenda négatifs niés par leurs dirigeants, l'affaire Morales-Snowden, la condamnation de Manning pour avoir osé dénoncer les comportements ignobles de l'armée de l'Empire, voir Guantanamo, cette zone de non-droit, voir la violation de nos courriers, de nos échanges, de notre intimité, voir les ignobles restrictions aux libertés fondamentales sous prétexte de lutte contre un terrorisme que ces démocraties oligarchiques génèrent, voir la légalisation de la torture comme moyen normal de renseignement des suspects.

 

Balayons devant notre porte et merci à M. Valls de nous apporter le balai !

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