Résumons la situation de cette fin 2019

Un peu partout sur la planète, les peuples sont écœurés par les excès du néo-libéralisme qui règne en maître absolu. Jamais les inégalités de revenus et de fortune n’ont été aussi considérables qu’aujourd’hui.

1% de la population a réussi à capter plus de 50% des richesses produites.

En France, 1% des plus riches, les ultra-riches gagnent autant que les 99% de la population française, soit le plus beau hold-up de toute l’Histoire de France.

C’est ce club très fermé qui a mis sur orbite M. Macron, que les observateurs honnêtes sont bien obligés d’appeler « la bande à Manu », qui n’a que peu à voir avec la bande à Bonnot de jadis, qui n’était qu’une poignée d’anarchistes très petits bras par rapport à ce que nous vivons.

Il est bien entendu, que la conséquence de cette collusion entre le monde de la très haute finance, du patronat et de la politique a des conséquences directes sur la vie des citoyens. Depuis des années, l’on assiste un peu partout dans le monde à la destruction systémique de l’économie keynésienne qui avait permis aux démocraties libérales unies contre le nazisme de reconstruire les pays détruits, qu’ils soient européens ou nippon.
Les conquêtes sociales obtenues au lendemain de la guerre sous la gouverne du CNR, allaient à l’encontre des lois du Marché, tels que définies par Hayek and Co, soit l’école de Chicago, que l’on a vu sévir, en Amérique latine où elle favorisé la mise en place de dictatures sanglantes, le Chili servant de laboratoire à l’idéologie ultra-libérale avec la mise en place de la dictature de Pinochet et les conséquences de cette horreur que vivent les chiliens en cette fin 2019.

On a retrouvé ces « Chicago’s boys » dans les restes de l’URSS qui venait d’imploser, et qui ont donc mis en place, les oligarques régnant, en dépeçant les conglomérats pour les attribuer aux apparatchiks et autres responsables communistes très vite convertis aux joies du Saint Marché, des magouilles internationales, de l’enrichissement personnel et aux plaisir d’être milliardaires. Toute cette engeance collectionne les yachts, achètent villas et chalets, et se retrouvent accostés dans les mêmes ports de plaisance où ils partagent caviar, bourbon, produits de luxe LWMH, et call-girls internationales.

Le système capitaliste a réussi à s’emparer des retraites des salariés en mettant en place les fonds de pension, ces machines énormes, qui règnent en maîtres sur les dettes des états, spéculent à tout va avec les économies des petites gens et prennent des risques qui eurent pour conséquence, la ruine des épargnants aux USA, en 2002.

L’on sait que les banques reposent sur l’endettement des états et des ménages. L’on sait que le système capitaliste va de crise en crise et que bientôt, la prochaine verra le jour avec toujours le même éternel principe, qui consiste à privatiser les bénéfices et à socialiser les pertes.

Assureurs, banques, MEDEF ne pouvaient supporter plus longtemps le régime solidaire des retraites françaises. D’où le mantra de ces ultra-néo-capitalistes, mise en place des retraites à points.
Ce n’est pas le résultat d’un raisonnement équilibré et logique, c’est une question de foi.
Des économistes, des syndicats proposent d’autres solutions pour que les retraites soient mieux réparties, plus justes, permettent une vie décente, une vieillesse apaisée. Pas question !
Le dogme de l’ultra-libéralisme, c’est la retraite à points ! Un point, c’est tout !
Qui ne se soumet pas à ce culte du veau d’Or est un impie, un terroriste, un abruti, et sera traité comme tel.

 

Et c’est ainsi, que jour après jour, aidé par une presse détenue majoritairement par des milliardaires et par l’Etat, l’on assiste au recours de la violence d’Etat contre les citoyens qui osent demander respect, équité, justice et maintien de leurs avantages acquis.
Ce qui, il y a quelques années, aurait été considéré comme une horreur absolue, passe comme « normal » : des manifestants éborgnés, tués, mains arrachées, plus un étudiant qui s’immole pour alerter de la pauvreté de la jeunesse, comme jadis Jan Palach. Il est vrai que lui dénonçait le régime pro-soviétique de Prague. Idem pour ces bonzes contre les dictatures thaïlandaise, cambodgienne ou vietnamienne.

Disons-le ! L’exécutif se fiche pas mal de l’intérêt de la majorité des français. Rien à cirer de ces gueux qu’il faut diviser, vilipender, ridiculiser, conspuer.
Les syndicats n’ont d’intérêt que s’ils sont réformistes, soient compréhensifs avec ceux qui exploitent les salariés. Ceux qui défendent les intérêts du plus grand nombre ? Des révolutionnaires en peau de lapin que la presse aux ordres se plait à caricaturer. Ils se trompent d’époque. Ne savent-ils pas qu’il « n’y a plus d’Histoire «  ? L’ultra-libéralisme aurait définitivement remporté la guerre des classes. Donc, circulez, il n’y a rien à négocier, ou si peu !

Gilets jaunes, gilets rouges, gilets noirs ? Qu’ils aillent se déshabiller vite fait dans des nuages de lacrymo et dans la fureur des grenades de dés-encerclement.

Comment ? Tout cela fragiliserait la démocratie, la République ?

Mais bande de ringards, vous ne savez pas que les Marcheurs de Manu, vont vers les fondements du capitalisme des débuts de la Révolution Industrielle. A bas le code du travail ! A bas les acquis sociaux ! Vive la dérèglementation ! Liberté absolue d’exploiter qui on veut, qui on peut et matraque pour les récalcitrants !

LREM n’est jamais que « les godillots du Président des ultra-riches », qu’on se le dise et qu’on ne l’oublie pas au cours des prochaines municipales.
A moins bien sûr que certains aient envie de rejoindre la bande en espérant appartenir un jour à ce 1% fatidique, celui qui méprise les 99% autres et conduit la planète dare dare à l’extinction prématurée de l’espèce humaine après disparition de déjà quelques milliers d’êtres vivants animaux ou végétaux.

Par ailleurs, l'Afghanistan où la guerre dure depuis 18 ans maintenant, et où l'armée la plus puissante du monde, ne réussit pas à y installer la paix, prouve que notre guerre au Sahel n'est pas la solution aux conflits qui entraînent cette partie du monde dans le chaos, résultat de notre colonisation de moins en moins cachée tellement nous dépendons de l'uranium, et de l'émergence de l'EI africain qui veut s'imposer suite à notre merveilleuse intervention en Libye. Merci Sarkosy !

Notre partenariat avec les kurdes n'a jamais signifié que nous leur devions quelque reconnaissance. Nos interprètes afghans en savent quelque chose puisque nous avons bien du mal à leur offrir asile et emploi en France, sachant que s'ils restent là-bas, les talibans qui discutent avec les US qui les ont faits, les assassineront en toute bonne conscience au nom d'Allah le Miséricordieux.

Décidément, plus le temps passe, et moins nous avons à être fiers d'être français. A croire que je ne me reconnais plus dans les dirigeants de mon pays, et c'est bien cela le plus grave. Apparemment, ils s'en balancent. L'intérêt des plus riches, vous dis-je ! Seulement eux et "après nous le Déluge !" La finance n'a ni patrie, ni cœur, ni humanisme. Juste accumulation frénétique du capital sur le dos de la valetaille. Point barre !

Essayons de ne pas vivre dans le déni.
Et bonnes fêtes ! Surtout à ceux qui luttent pour une société plus juste que nous ne remercierons jamais assez !

 

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