Fin de l’Histoire ?

Et Le Drian, et même les rigolos de l’UE, pas contents. Pleurnichouilleurs. Pas cool du tout cette façon de s’asseoir sur un contrat juteux. Déçus. Amers.      Mais quelle bande de naïfs !     Mais qu’est-ce qu’ils croient donc ? Mais quelle vision ont-ils de la réalité ? Mais quel déni permanent ! Décidément, nous sommes dirigés. Pardon ! Coachés par des nains sans queue ni tête

      Les sous-marins coulés avant même d'être construits.
    
    Et Le Drian, et même les rigolos de l’UE, pas contents. Pleurnicheurs. Pas cool du tout cette façon de s’asseoir sur un contrat juteux. Déçus. Amers. 
    Mais quelle bande de naïfs !
    Mais qu’est-ce qu’ils croient donc ? Mais quelle vision ont-ils de la réalité ? Mais quel déni permanent ! Décidément, nous sommes dirigés. Pardon ! Coachés par des nains sans queue ni tête ayant perdu leur Blanche-Neige.

     Depuis le début du XXe siècle où les USA sont devenus la première puissance économique mondiale, puis ensuite la première puissance militaire mondiale, sa politique étrangère est simple : « Nous sommes les premiers et nous le resterons ! » Merde ! C’est quand même pas difficile à se mettre dans le ciboulot, ça !

    « A partir de là, nous autres ricains,  sommes les représentants exclusifs du Bien. Tous ceux qui sont contre nous, appartiennent au Mal. »
     

D’où la Guerre Froide avec les cocos staliniens incompatibles avec le Bien made in USA, d’où les guerres incessantes et variées et parfois perdues contre le Vietnam, la Somalie, l’Irak, et le Moyen-Orient, et apothéose avec l’Afghanistan, tous pays appartenant au Mal puisque incompatibles avec les valeurs du Bien made in USA.

    Les USA n’ont pas envahi impunément l’Europe sous occupation nazie, de concert avec l’URSS.

Les deux empires, là où ils se sont arrêtés, ont imposé leurs conceptions de la vie économico-politique. D’où ce monde coupé en deux qui a fait le charme de ma jeunesse. Essais nucléaires, puis conquête de l’espace et paix relative par la terreur d’un conflit généralisé à coups de champignons atomiques. Plat d'autant plus indigeste qu'il perdure et il peut même arriver que ça pète sans qu'on le veuille vraiment. Il y a eu des alertes à plusieurs reprises et nous sommes passés à deux doigts d'un joli feu d'artifice quasi définitif.
    Mais les pays dépendants des deux empires ont toujours été considérés par Washington ET Moscou , comme des pays « satellites ». Supplétifs. Les rodomontades gaulliennes ont amusé, énervé, agacé, mais le vieux, avec sa défense tous azimuts, n’était pas dangereux. Il s’est fait plaisir. Un moustique tout juste bon à donner son nom à un tire-bouchon. Pour Washington, bien sûr ! Nous, nous n'étions pas peu fiers de croire que la France éternelle existait encore. Lecanuet, MRP, donc pro-yankee,  réussit même à balloter Mongénéral sous les applaudissements de la CIA.

    L’implosion de l’URSS a fait envisager la fin de l’Histoire et c’est ce qui est arrivé jusqu’à ce que la Chine prenne son essor. Quoique.
    On boit du Coca non seulement à Moscou mais aussi à Norilsk ou à Vladivostock. C’est dire ! Les poutinistes et autres jeunes portent jean et baskets. La boumboum-zizique est la même partout. Dope et vodka contre dope et whisky ou bourbon ! Je me demande même si les chinois…J’ai vu à Beijing le rêve chinois affiché en grand : maisons autour d’un golf. Oui, oui ! 

    Alors, l’UE ? Les lobbies sont là pour la prendre en mains. Ses membres ? Tous colonisés par les valeurs du Bien made in USA. Et surtout, bien divisés, opposés, drivés aussi bien par Washington que par Moscou. En sous main. En lousdé.  Avec des associations, des clubs, des amitiés franco-américaines, des association germano-russes, et la garantie des pays baltes, vaccinés à jamais par l’occupation soviétique qui, en toute indépendance, ne croient qu’en la suprématie US et adorent être occupés par les troupes de l’OTAN surtout quand elles sont US. 
    Alors l’indépendance militaire de l’UE, une rigolade, un conte pour endormir les enfants. 

Et les milliardaires de tous les pays sont unis dans leur même boulimie d'accumulation de capitaux. Cela, c'est capital ! Mais qui ose le dénoncer, l'écrire, le revendiquer n'est qu'un ringard, un dinosaure, une vieille barbe bonne à Ehpader la galerie, c'est tout.

    Reste le problème de la Chine. Ancienne civilisation multimillénaire. Ancien Empire du Milieu. Même qu’on se souvient que « milieu » a plusieurs sens. Pas du tout incompatibles. 
    Et le capitalisme financiarisé, mondialisé, devant un tel marché, n’a pas pu résister. Il y avait du fric à gagner. 
    Un gouvernement du Mal mais pas si mal que ça dans la mesure où la contestation ouvrière est interdite puisque la « classe ouvrière » est au pouvoir ! Magie du communisme chinois. On est prié d'applaudir et de se retenir de rire. Donc, faisons de ce pays aux nuits câlines, l’usine de la planète. 
    Sauf que, il ne faut pas prendre les chinois pour plus cons que les autres. « Venez construire, usiner, vous enrichir chez nous ! Mais, transfert de technologie obligatoire ! » 
    Et puis, ne jamais oublier que la Chine, possède un contentieux historique bien inscrit dans la mémoire collective de sa population : les humiliations subies au XIXe siècle par ces Empires occidentaux venus avec la Bible et des canonnières. L’incendie de la bibliothèque du palais d’été par les troupes françaises, aussi désastreux que celui de la bibliothèque d’Alexandrie leur est resté en travers de la gorge. On ne se remet pas d’une baguette enfoncée dans le gosier.
    La Chine a une revanche à prendre et elle est en train de l’imposer au satellite en s’infiltrant partout pour s’accaparer les matières premières dont elle a besoin, et aussi les denrées alimentaires dans la mesure où l’accroissement de ses villes empiète bien entendu sur des domaines agricoles, as usual. Elle n’est donc plus en mesure d’auto satisfaire sa consommation. D’où achat de terres agricoles en Afrique et même en Europe. Si, si ! Voire des crus. Qui l’eût cru ? Où est le temps où les dames patronnesses récoltaient des dons pour « les petits chinois » ? 

    Ah ! Ah ! Qui va croire que notre si beau quai d’Orsay ne savait pas que l’intérêt des USA, donc de l’Empire auquel nous appartenons, était désormais tourné vers la zone Pacifique ? 
    Et voilà-t-y pas que l’Australie avait passé commande de la techno-française ? Un tel contrat constituait une injure pour l’Empire du Bien. « America first ! ». Et comme les australiens sont dépendants, eux aussi, de Washington, allez zou ! Rien à cirer des mangeurs de grenouilles, nous pouvons vous fabriquer et vous vendre du sous-marin nucléaire où tout sera dans la langue de l’Empire et non en globish franchouillard ! 

    « Ah ! Bah ! C’est pas juste ! Ça se fait pas des arnaques comme ça, entre potes ! » qu’il ronchonne Le Drian. 
    « Entre potes ? Ey ! Frenchy, pour qui tu te prends ? America first, n’a jamais voulu dire Europe first et encore moins France first ! Move boy, there is nothing to see ! »

    Ce qui se traduira par : « Nous sommes au regret de constater que nos amis français n’ont pas su interpréter les signes que nous leur avons envoyés depuis quelques mois. »

    Entendu que les kangourous qui bossaient à Cherbourg sont eux aussi tombés des nues, si basses, si grises, et parfois pourtant si lumineuses lorsqu’elle passent au-dessus des toits de Cherbourg, qui se vante non sans raison d’être une des régions de France où le chômage est le plus bas.
    
    Fin de l’Histoire ?

A suivre, oui !

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